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Les ventes de voitures neuves n'ont fléchi que récemment.

Les ventes de voitures neuves n'ont fléchi que récemment.

Les Européens sont dans une situation difficile mais pas désespérée

Emmanuel Egloff | JDF HEBDO | 22.11.2008 | Mise à jour : 20H05
Renault, Peugeot, Opel... La plupart des constructeurs européens ont annoncé leur intention de réduire leur production pour tenir compte de la difficulté du marché. La situation ne semble toutefois pas aussi désespérée que pour les constructeurs américains.
Où en sont les grands constructeurs automobiles européens ?
Les avertissements sur résultats se sont multipliés ces derniers mois en Europe. Dernier en date : Carlos Ghosn, le président de Renault et de Nissan, ne s'attend plus à des profits pour le groupe japonais au second semestre. Et il ne vise plus qu'une marge opérationnelle de 2,5 % pour Renault, contre un objectif initial de 4,5 % en début d'année.
Pour autant, la société a toujours les moyens de faire des bénéfices cette année. Il est vrai que les ventes en Europe n'ont pas connu ces derniers mois l'effondrement américain. La correction ne se fait réellement sentir que depuis la rentrée. Elle est toutefois très sévère depuis cette date.
Si la situation perdure, les constructeurs auront de plus en plus de mal à préserver leurs profits. D'autant qu'ils vont mettre en oeuvre des réductions de capacités qui vont également coûter de l'argent. Peugeot va ainsi réunir un comité d'entreprise afin d'annoncer un plan de réduction d'effectifs de 2.700 personnes le 2 décembre prochain.
C'est pourquoi la plupart d'entre eux réclament, à l'instar de leurs homologues d'outreAtlantique, des interventions étatiques pour soutenir le secteur.
Une intervention des Etats est-elle envisageable ?
Début octobre, l'association des constructeurs européens (Acea) a réclamé des aides d'un montant de 40 milliards d'euros. Le commissaire européen à l'Industrie Günter Verheugen a toutefois précisé qu'il n'y aurait pas de subventions et que, d'ailleurs, les industriels ne les réclamaient pas. En effet, la demande de l'Acea portait plus sur des aides au développement de véhicules « verts » et sur des primes à la casse.
La Commission européenne a, de son coté, déclaré qu'elle serait très vigilante sur les éventuels soutiens que pourraient octroyer le gouvernement américain à ses constructeurs.
Le bilan des constructeurs européens est-il plus solide que celui des américains ?
Les fabricants de voitures américains sont fragilisés par les pertes cumulées des dernières années. Ce n'est pas le cas des européens. Conséquence : leur bilan est beaucoup plus sain et ils devraient sans trop de difficulté supporter une ou deux années de résultats négatifs.
Renault apparaît particulièrement solide puisque la marque au losange devrait finir l'année 2008 avec un ratio d'endettement (dette nette comparée aux fonds propres) d'environ 15 %. Peugeot se trouve dans une situation plus confortable encore : la société affiche une trésorerie nette positive.
Mais le vrai risque porte sur le gonflement des stocks ces derniers mois. Dans un premier temps, cette situation va avoir un effet positif sur le compte de résultat et sur le bilan des sociétés. En revanche, elle pèse sur le besoin en fonds de roulement, donc sur la liquidité de la société.
Les constructeurs en ont d'ailleurs conscience puisqu'ils ont mis la réduction des stocks au centre de leurs préoccupations.
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