.

.
.

Les ambitions de Bourbon justifient une meilleure valorisation boursière

Le plan de développement du groupe à l'horizon 2012 s'annonce fortement créateur de valeur, en dépit du dollar faible
PAR CHRISTOPHE SOUBIRAN | JDF HEBDO | 14.06.2008 | Mise à jour : 10H09

Devenu un spécialiste des services maritimes pour les compagnies pétrolières, Bourbon ne veut pas s'endormir sur ses lauriers. Mais ses ambitions sont pour l'heure contrariées par la faiblesse du dollar.

Sa mutation improbable de petit conglomérat réunionnais en spécialiste des services maritimes à peine achevée, de surcroît avec un an d'avance sur le calendrier initial, Bourbon est reparti de l'avant. En deux temps. Le groupe a annoncé au mois de février 2006 un nouveau programme de développement à l'horizon 2010, qu'il a prolongé en début d'année jusqu'en 2012, tout en se dotant d'un nouveau métier, les services sous-marins pour la maintenance des plates-formes pétrolières.
Son premier plan, qui a couru sur les cinq dernières années, lui a permis de posséder une flotte moderne de navires couvrant toute une palette de services afférents à la mise en place et à l'exploitation d'une plateforme pétrolière en offshore profond. Bourbon s'attaque désormais au marché plus ancien de l'offshore par faible profondeur d'eau, en pariant sur le renouvellement des navires devenus obsolètes. Sa stratégie est toujours la même : gagner des parts de marché en proposant aux compagnies pétrolières, toujours plus exigeantes en matière de performance et de sécurité, des navires innovants et à forte productivité. La politique contractuelle mise en oeuvre reste elle aussi invariable. Elle consiste à signer des contrats à moyen ou long terme pour chaque navire livré afin de sécuriser ses revenus.
Ce nouveau programme de croissance nécessitera de mobiliser 2 milliards d'euros. Une enveloppe qui sera pratiquement autofinancée grâce aux liquidités dégagées par l'exploitation.
A son échéance, la flotte de Bourbon se composera de 440 navires, et sa moyenne d'âge sera inférieure à cinq ans. Vingt et un robots compléteront cet ensemble. Toutes les commandes ont d'ores et déjà été passées à des chantiers navals, notamment chinois et indiens. La construction en série des navires - une livraison est prévue tous les douze jours jusqu'en 2012 - doit permettre d'économiser de 15 à 30 % sur leurs prix d'acquisition. Pour l'heure, aucun retard n'est constaté, ni même aucun dépassement de coûts.
Un bateau livré tous les douze jours
Grâce à sa mise en oeuvre, la direction table sur une croissance moyenne du chiffre d'affaires de 17 % par an sur la période, et sur une rentabilité des capitaux engagés de 18 % en 2012. Autant d'objectifs qui nous paraissent crédibles dans la mesure où la conjoncture se présente toujours sous d'excellents augures. L'exploitation de gisements pétrolifères situés en eaux profondes constitue une priorité pour les compagnies pétrolières, tandis que des champs plus anciens redevenus rentables sont de nouveau exploités (en Asie ou en Afrique), créant un surcroît d'activité. Enfin, les récentes découvertes au large du Brésil vont offrir de nouvelles opportunités.
Conséquence de cette situation, les nouveaux navires sont rapidement affectés à des contrats, et ce à des conditions tarifaires favorables, tandis que les tarifs des contrats qui arrivent à échéance sont renégociés à la hausse. Tout se déroule donc sans anicroches, s'il n'y avait... le dollar.
.
.
L'analyse financière
Les ambitions de Bourbon justifient une meilleure valorisation boursière (14.06.08 - JDF HEBDO)
Le transport de vrac est devenu un axe stratégique majeur (14.06.08 - JDF HEBDO)
La monnaie américaine nuit à la visibilité sur les résultats (14.06.08 - JDF HEBDO)
.

Liens sponsorisés
.