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Renault s'accroche à ses objectifs financiers mais peine à convaincre

Les objectifs de rentabilité du plan Contrat 2009 ont été maintenus en dépit d'une conjoncture plus difficile, mais les doutes subsistent
PAR JÉRÔME MARMET | JDF HEBDO | 26.07.2008 | Mise à jour : 19H47

Fort de ses résultats semestriels meilleurs que prévu, Renault a réitéré l'objectif de 6 % de marge opérationnelle l'an prochain. Seul un effort accru sur les économies de coûts peut lui permettre d'y arriver.

Lorsqu'en février 2006 le P-DG de Renault, Carlos Ghosn, avait présenté en grande pompe le plan de relance baptisé Contrat 2009, la plupart des observateurs - nous y compris - avaient applaudi. Les objectifs étaient pour le moins ambitieux : vendre 800.000 véhicules supplémentaires sur la période 2005-2009 et dégager une rentabilité d'exploitation de 6 % à l'horizon 2009. Ce qu'aucun constructeur généraliste européen n'a jamais réussi à réaliser.
Jusqu'à l'an dernier, Renault était parfaitement en ligne avec sa feuille de route, mais c'était sans compter avec une conjoncture plus défavorable en 2008. Pris en étau entre la faiblesse des marchés automobiles d'Europe de l'Ouest (qui devraient reculer de 4 % cette année) et le renchérissement du coût des matières premières, le constructeur a dû revoir à la baisse ses prétentions commerciales. En 2009, ce ne sont plus 3,33 millions de véhicules qu'il pense écouler dans le monde, mais tout juste 3 millions. Et cette année, la progression des ventes mondiales ne dépassera pas 10 %, comme prévu au départ, mais elle oscillera entre 5 et 10 %, avec une forte probabilité d'être dans le bas de la fourchette.
Un effort supplémentaire sur la réduction des coûts
Dans ce contexte dégradé, les comptes du premier semestre ont réservé une bonne surprise, avec une marge opérationnelle en hausse de 0,6 point à 4,1 %, au-dessus des attentes. D'où la confirmation du jalon de 4,5 % sur l'exercice et de 6 % l'an prochain. Reste à savoir comment Renault va s'y prendre pour tenir ses objectifs de marges.
Cela passera tout d'abord par le lancement de nouveaux modèles. Or, après le démarrage poussif de la nouvelle Twingo et les volumes inférieurs aux attentes de la nouvelle Laguna, il va falloir trouver au plus vite un nouveau moteur des ventes pour moins dépendre du déploiement de la famille Logan. Les arrivées de la nouvelle génération de Mégane (modèle au coeur de la gamme) en fin d'année et du nouveau Scénic au printemps 2009 seront déterminantes. Par le passé, ces deux voitures ont représenté jusqu'à 60 % des bénéfices opérationnels de la marque au losange.
Mais, à défaut d'une croissance vigoureuse des ventes en Europe de l'Ouest - en retrait de 0,5 % sur les six premiers mois -, le constructeur n'a pas d'autre choix que de redoubler d'effort pour réduire ses coûts. Outre des dépenses de R&D et d'investissements ramenées à 10 % du chiffre d'affaires en 2009, contre 11,4 % en 2007, un nouveau plan d'action est mis en oeuvre, allant de la diminution de 10 % des frais de structure (via des départs volontaires portant sur 5.000 salariés en Europe de l'Ouest) à l'ajustement de la production de l'usine de Sandouville, où Laguna sera assemblée par une seule équipe au lieu de deux. Au final, ces mesures auront un impact de 350 millions d'euros en 2009 et de 500 millions d'euros en 2010.
Cela suffira-t-il ? Rien n'est moins sûr, surtout si la dégradation de la conjoncture se poursuit. Auquel cas, et Carlos Ghosn en convient, l'objectif d'une marge opérationnelle de 6 % en 2009 ne sera pas tenu. Une éventualité qui a été à l'origine du recul de 3,72 % de l'action, jeudi 24 juillet, alors que l'alerte tant redoutée sur les résultats 2008 n'a pas eu lieu !
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