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EDF occupe des positions fortes dans les quatre principaux pays européens, la France bien sûr, l'Italie, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Le groupe souhaitait prendre position en Belgique et en Espagne. Sans y être encore parvenu.
Les attraits d'EDF sur le long terme restent intacts et prometteurs
Les modestes perspectives à court terme et les incertitudes sur les acquisitions ont pesé en début d'année sur le titre de l'électricien hexagonal
PAR CHRISTOPHE SOUBIRAN |
JDF HEBDO | 16.08.2008 | Mise à jour : 15H44
Un titre en berne, des échecs répétés dans ses tentatives de croissance externe, un exercice de transition, l'électricien national traverse une période de doutes. Mais il possède les atouts pour renverser la situation et le sentiment des marchés.
Les velléités de croissance externe d'EDF se sont toutes conclues au cours des dernières semaines par des échecs. Un camouflet pour un groupe qui entend jouer un rôle moteur dans le mouvement de concentration du secteur de l'énergie en Europe. Dernier exemple en date, l'acquisition avortée de British Energy. Le dossier se présentait plutôt bien. Après des mois de négociations qui avaient alimenté toutes sortes de rumeurs, le gouvernement britannique avait donné son accord à EDF pour lui céder sa participation (35,2 %) dans le capital de l'opérateur de centrales nucléaires. Mais, à la surprise générale, les grands actionnaires privés ont rejeté l'offre d'EDF (estimée pourtant à plus de 15 milliards d'euros), la jugeant trop basse. Le français a donc jeté l'éponge, tout du moins momentanément. Les discussions continueraient, mais une surenchère semble peu probable.
Aucune proposition formelle n'a en revanche été formulée sur Iberdrola. L'intérêt répété pour l'énergéticien ibérique est resté au stade exploratoire. De l'intention aux actes, il y a un pas qu'EDF n'a pas voulu franchir tant ce projet de rapprochement suscitait une opposition véhémente de l'autre côté des Pyrénées. Or EDF a fait du caractère amical un des trois critères (au côté de la création de valeur et de la cohérence stratégique) auxquels toute offre éventuelle doit répondre.
Autre déconvenue amère pour le groupe français : il s'était porté candidat au rachat de la participation (57,25 %) de Suez dans Distrigaz, le pendant belge de Gaz de France. Or son offre, jugée moins-disante, n'a pas été retenue, le choix du repreneur se portant sur le pétrolier transalpin ENI. Enfin, le groupe français souhaitait acquérir les parts de Gaz de France dans SPE (25,5 %), le deuxième électricien outre-quiévrain. Un protocole d'accord avec le groupe gazier avait même été signé. Mais Centrica, l'autre actionnaire de référence de SPE, a finalement fait valoir son droit de préemption.
Au total, au cours des derniers mois, EDF n'a pas beaucoup avancé dans sa quête d'acquisitions. Fort d'un bilan sain (avec des dettes nettes représentant 56,5 % des fonds propres à fin 2007), il est vraisemblable qu'il n'a pas dit son dernier mot. Mais les cibles de qualité sont rares.
Quoi qu'il en soit, le groupe, qui dispose déjà de positions enviables dans les principaux pays européens (voir carte ci-dessus), a les moyens de se développer seul. Il a lancé un programme d'investissement de plus de 35 milliards d'euros (dont 20 milliards en France) sur la période 2008-2010. Il compte également étendre sa présence dans le domaine des énergies renouvelables en multipliant par trois sa capacité installée dans l'éolien d'ici à 2012.
De nombreux projets dans le nucléaire
Mais son grand chantier au regard de son expertise unique dans le domaine est de devenir un acteur majeur du renouveau du nucléaire dans le monde. Quatre pays cibles ont été identifiés : le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Chine et l'Afrique du Sud.
En Grande-Bretagne, si l'opération avec British Energy, qui possède des terrains constructibles pour accueillir d'autres installations, ne se concrétise pas, différents scénarios peuvent être envisagés, comme la participation dans des coentreprises au cas par cas pour la construction de nouveaux réacteurs. Outre-Atlantique, le partenariat signé en juillet 2007 avec l'américain Constellation Energy vise à construire et à exploiter conjointement quatre réacteurs. Le premier doit être mis en service en 2015. En Chine (l'accord a été finalisé cette semaine), EDF va exploiter deux centrales de type EPR via une coentreprise avec l'électricien chinois CGNPC dont il détiendra 30 %.
D'ici à 2020, EDF entend ainsi participer à la construction et à l'exploitation de plus de 10 réacteurs de troisième génération dans le monde. Et au regard des besoins énergétiques en Europe de l'Est, en Asie, etc. il pourrait ne pas s'arrêter en si bon chemin.
Aucune proposition formelle n'a en revanche été formulée sur Iberdrola. L'intérêt répété pour l'énergéticien ibérique est resté au stade exploratoire. De l'intention aux actes, il y a un pas qu'EDF n'a pas voulu franchir tant ce projet de rapprochement suscitait une opposition véhémente de l'autre côté des Pyrénées. Or EDF a fait du caractère amical un des trois critères (au côté de la création de valeur et de la cohérence stratégique) auxquels toute offre éventuelle doit répondre.
Autre déconvenue amère pour le groupe français : il s'était porté candidat au rachat de la participation (57,25 %) de Suez dans Distrigaz, le pendant belge de Gaz de France. Or son offre, jugée moins-disante, n'a pas été retenue, le choix du repreneur se portant sur le pétrolier transalpin ENI. Enfin, le groupe français souhaitait acquérir les parts de Gaz de France dans SPE (25,5 %), le deuxième électricien outre-quiévrain. Un protocole d'accord avec le groupe gazier avait même été signé. Mais Centrica, l'autre actionnaire de référence de SPE, a finalement fait valoir son droit de préemption.
Au total, au cours des derniers mois, EDF n'a pas beaucoup avancé dans sa quête d'acquisitions. Fort d'un bilan sain (avec des dettes nettes représentant 56,5 % des fonds propres à fin 2007), il est vraisemblable qu'il n'a pas dit son dernier mot. Mais les cibles de qualité sont rares.
Quoi qu'il en soit, le groupe, qui dispose déjà de positions enviables dans les principaux pays européens (voir carte ci-dessus), a les moyens de se développer seul. Il a lancé un programme d'investissement de plus de 35 milliards d'euros (dont 20 milliards en France) sur la période 2008-2010. Il compte également étendre sa présence dans le domaine des énergies renouvelables en multipliant par trois sa capacité installée dans l'éolien d'ici à 2012.
De nombreux projets dans le nucléaire
Mais son grand chantier au regard de son expertise unique dans le domaine est de devenir un acteur majeur du renouveau du nucléaire dans le monde. Quatre pays cibles ont été identifiés : le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Chine et l'Afrique du Sud.
En Grande-Bretagne, si l'opération avec British Energy, qui possède des terrains constructibles pour accueillir d'autres installations, ne se concrétise pas, différents scénarios peuvent être envisagés, comme la participation dans des coentreprises au cas par cas pour la construction de nouveaux réacteurs. Outre-Atlantique, le partenariat signé en juillet 2007 avec l'américain Constellation Energy vise à construire et à exploiter conjointement quatre réacteurs. Le premier doit être mis en service en 2015. En Chine (l'accord a été finalisé cette semaine), EDF va exploiter deux centrales de type EPR via une coentreprise avec l'électricien chinois CGNPC dont il détiendra 30 %.
D'ici à 2020, EDF entend ainsi participer à la construction et à l'exploitation de plus de 10 réacteurs de troisième génération dans le monde. Et au regard des besoins énergétiques en Europe de l'Est, en Asie, etc. il pourrait ne pas s'arrêter en si bon chemin.
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