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Safran doit convaincre le marché de sa capacité de résistance
L'équipementier aéronautique doit réduire son exposition au dollar et puiser sa croissance dans des relais alternatifs
PAR CHRISTELLE DONGER |
JDF HEBDO | 20.09.2008 | Mise à jour : 11H50
En cédant son activité de téléphonie mobile à la fin du mois de juillet, Safran a tourné la page de trois années d'un mariage désastreux avec l'équipementier télécoms Sagem. Au-delà de l'élimination de son ultime foyer de pertes, le groupe s'est recentré sur ses métiers historiques et rentables. Mais cette étape est loin d'être suffisante pour redresser le titre, qui a perdu 20 % de sa valeur en un an. Gros plan sur les défis restant à relever.
Propulsé il y a un an à la tête de la présidence de Safran, Jean-Paul Hertemann peut se féliciter d'avoir remis son groupe en ordre de marche. En quelques mois, le discret patron a rondement mené la vente de l'ensemble des activités de télécommunications, qui entachaient depuis 2005 ses performances globales.
Une stratégie qui a fait d'une pierre deux coups : non seulement Safran s'est repositionné autour de trois métiers porteurs et rentables, les moteurs d'avions et d'hélicoptères, les équipements aéronautiques et les systèmes de sécurité et de défense. Mais les produits de la vente d'actifs lui ont aussi permis de se désendetter quasi totalement, renforçant d'autant sa capacité d'initiative financière.
Une réorganisation industrielle très observée
Une situation théoriquement idéale pour permettre au titre de retrouver sa crédibilité auprès de la communauté financière. Seulement voilà, le marché redoute la fragilité de Safran face à la conjoncture actuelle.
En cause ? D'abord, la forte exposition du groupe au dollar. Cette année, la faiblesse de la devise américaine devrait lui coûter pas moins de 700 millions d'euros. Le marché est dans l'expectative des premières retombées du plan ambitieux que les dirigeants ont récemment déployé pour améliorer la compétitivité de Safran.
Outre la mise en oeuvre d'une couverture de change jusqu'en 2010, le groupe s'est lancé dans une stratégie de réduction des coûts afin d'économiser l'équivalent de 2,5 % de son chiffre d'affaires en année pleine.
Parallèlement, il s'est engagé dans un programme d'internationalisation de son outil industriel avec, à la clé, l'ouverture pour cette année de onze sites (Mexique, Chine...). L'objectif est de réaliser d'ici à 2010 plus de la moitié de la production et des achats en zone dollar et dans les pays émergents, contre 40 % actuellement.
Dans l'attente des retombées de ces mesures, le marché s'interroge aussi sur l'ampleur de l'impact du ralentissement économique, qui pourrait venir accentuer le retournement du cycle aéronautique prévu à partir de l'an prochain.
Une hypothèse contre laquelle Safran se veut rassurant. L'équipementier fait valoir un solide carnet de commandes, représentant notamment plus de cinq années de production dans les moteurs d'avions et d'hélicoptères.
Par ailleurs, les dirigeants estiment qu'il faudrait entre 25 et 30 % de résiliation de commandes pour ramener à néant la croissance de l'activité du groupe.
Un scénario catastrophe encore loin des 3 % d'annulations enregistrées à fin juillet, mais dont la probabilité de réalisation est difficile à évaluer tant la situation économique est trouble.
Une acquisition d'envergure serait salutaire
Dans ces conditions, le seul salut actuel pour Safran serait de trouver des relais de croissance alternatifs. Or, le bilan reste mitigé en termes d'acquisitions.
Le succès du rachat de la petite société néerlandaise SDU-Identification BV, réalisé en juin dernier, a été rapidement occulté par l'échec de sa tentative d'OPA sur le spécialiste américain des documents d'identité sécurisés, Digimarc.
> Suite de l'analyse ci-dessous
Une stratégie qui a fait d'une pierre deux coups : non seulement Safran s'est repositionné autour de trois métiers porteurs et rentables, les moteurs d'avions et d'hélicoptères, les équipements aéronautiques et les systèmes de sécurité et de défense. Mais les produits de la vente d'actifs lui ont aussi permis de se désendetter quasi totalement, renforçant d'autant sa capacité d'initiative financière.
» Infographie - Il aura fallu trois années à Safran pour nettoyer son portefeuille d'actifs
Une réorganisation industrielle très observée
Une situation théoriquement idéale pour permettre au titre de retrouver sa crédibilité auprès de la communauté financière. Seulement voilà, le marché redoute la fragilité de Safran face à la conjoncture actuelle.
En cause ? D'abord, la forte exposition du groupe au dollar. Cette année, la faiblesse de la devise américaine devrait lui coûter pas moins de 700 millions d'euros. Le marché est dans l'expectative des premières retombées du plan ambitieux que les dirigeants ont récemment déployé pour améliorer la compétitivité de Safran.
Outre la mise en oeuvre d'une couverture de change jusqu'en 2010, le groupe s'est lancé dans une stratégie de réduction des coûts afin d'économiser l'équivalent de 2,5 % de son chiffre d'affaires en année pleine.
Parallèlement, il s'est engagé dans un programme d'internationalisation de son outil industriel avec, à la clé, l'ouverture pour cette année de onze sites (Mexique, Chine...). L'objectif est de réaliser d'ici à 2010 plus de la moitié de la production et des achats en zone dollar et dans les pays émergents, contre 40 % actuellement.
Dans l'attente des retombées de ces mesures, le marché s'interroge aussi sur l'ampleur de l'impact du ralentissement économique, qui pourrait venir accentuer le retournement du cycle aéronautique prévu à partir de l'an prochain.
Une hypothèse contre laquelle Safran se veut rassurant. L'équipementier fait valoir un solide carnet de commandes, représentant notamment plus de cinq années de production dans les moteurs d'avions et d'hélicoptères.
Par ailleurs, les dirigeants estiment qu'il faudrait entre 25 et 30 % de résiliation de commandes pour ramener à néant la croissance de l'activité du groupe.
Un scénario catastrophe encore loin des 3 % d'annulations enregistrées à fin juillet, mais dont la probabilité de réalisation est difficile à évaluer tant la situation économique est trouble.
Une acquisition d'envergure serait salutaire
Dans ces conditions, le seul salut actuel pour Safran serait de trouver des relais de croissance alternatifs. Or, le bilan reste mitigé en termes d'acquisitions.
Le succès du rachat de la petite société néerlandaise SDU-Identification BV, réalisé en juin dernier, a été rapidement occulté par l'échec de sa tentative d'OPA sur le spécialiste américain des documents d'identité sécurisés, Digimarc.
> Suite de l'analyse ci-dessous
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