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Quatre défis majeurs attendent le groupe Danone en 2009
La publication du chiffre d'affaires du troisième trimestre pourrait décevoir. Mieux vaut se montrer désormais plus prudent sur le titre
CATHERINE REKIK |
JDF HEBDO | 11.10.2008 | Mise à jour : 19H46
Avec la vente de LU et l'acquisition de Numico, le profil du leader français de l'agroalimentaire a bien changé. Devenu à 100 % un groupe spécialisé dans l'alimentation ayant des bénéfices pour la santé, Danone a-t-il pour autant achevé sa mue ? Pour continuer à concilier croissance dynamique et progression des marges, les dirigeants vont devoir relever un certain nombre de défis.
1. Enrayer la baisse sur le marché français
Depuis plusieurs mois, tous les groupes agroalimentaires se plaignent de l'atonie du marché français. Pour Danone, qui y réalise encore un cinquième de ses ventes, c'est particulièrement vrai dans les produits laitiers frais, segment sur lequel les volumes ont chuté de 15 % au cours du deuxième trimestre. Les consommateurs ont arbitré en faveur des distributeurs, l'argument sur les bénéfices santé semblant avoir peu d'impact en période de crise, même si les grandes marques comme Activia ou Actimel semblent avoir été moins touchées.
Pour tenter de relancer les ventes, Danone a mis en place des mesures promotionnelles et a surtout lancé un nouveau produit, Ecopack, un pack de six yaourts aromatisés vendu autour de 1 euro. Le géant français a ainsi décidé d'aller chasser sur les terres des distributeurs.
La publication, le 22 octobre, du chiffre d'affaires du troisième trimestre est donc attendue avec impatience. L'absence de signal évoquant une reprise de la consommation durant cette période n'évoquerait rien de bon pour les prochains mois.
2. Décider de l'avenir du pôle eaux
Si le marché des produits laitiers frais montre des signes de faiblesse passagère, il semblerait que celui des eaux embouteillées connaisse des difficultés d'ordre structurel dans les pays occidentaux.
Les ventes en Europe déclinent, limitant ainsi l'intérêt stratégique de cette activité pour le groupe. Le troisième trimestre, qui a pâti d'une météo défavorable, devrait confirmer cette tendance lourde. Les campagnes publicitaires en faveur de l'eau du robinet ont eu un large écho auprès des consommateurs soucieux de leur pouvoir d'achat.
Selon un article paru récemment dans Le Figaro, les ventes en volumes d'Evian ont baissé de 5,4 % depuis le début de l'année, Volvic et Taillefine accusant des replis de 14 à 30 %. Danone va donc devoir remettre en avant les vertus de ses eaux minérales pour reconquérir les consommateurs. Evian parvient à gagner des parts de marché dans la baisse.
Dans les pays émergents, où l'eau potable manque, les eaux embouteillées continuent d'enregistrer de bonnes performances. Reste à savoir si cette activité a encore un avenir au sein du groupe.
Danone semble avoir aujourd'hui deux priorités, les produits laitiers frais et les aliments pour bébé. La nutrition médicale reste, pour l'heure, une activité de niche.
La cession de la branche eaux, valorisée environ 6 milliards d'euros, à un acteur comme Pepsi ou Coca-Cola ne serait qu'une étape supplémentaire dans le recentrage du groupe sur des métiers à forte croissance.
3. Régler le conflit avec Wahaha
Depuis presque deux ans, Danone est engagé dans un bras de fer avec son ancien partenaire dans le joint-venture chinois Wahaha. Des procédures sont en cours, aucune n'ayant pour l'heure abouti en faveur du français. Tout espoir de régler ce conflit à l'amiablesemble perdu, mais Danone entend bien être dédommagé pour sa participation de 51 % dans la coentreprise. Le problème est que le groupe français l'estime à 1,6 milliard d'euros, soit cinq fois plus que ce que son ancien partenaire chinois est disposé à payer. Les activités de Wahaha ont été déconsolidées, mais l'affaire laisse un goût amer, cette alliance ayant longtemps été citée comme exemple de la stratégie de développement du groupe dans les pays émergents.
4. Se désendetter
L'acquisition en 2007 de Numico pour un montant supérieur à 12 milliards d'euros a pesé sur la structure financière de l'entreprise. L'endettement net devrait être supérieur à 10 milliards à fin 2008, ce qui représente un peu plus de 1 fois les fonds propres. Or, dans le contexte actuel, les sociétés endettées n'ont pas la cote auprès des investisseurs.
Depuis plusieurs mois, tous les groupes agroalimentaires se plaignent de l'atonie du marché français. Pour Danone, qui y réalise encore un cinquième de ses ventes, c'est particulièrement vrai dans les produits laitiers frais, segment sur lequel les volumes ont chuté de 15 % au cours du deuxième trimestre. Les consommateurs ont arbitré en faveur des distributeurs, l'argument sur les bénéfices santé semblant avoir peu d'impact en période de crise, même si les grandes marques comme Activia ou Actimel semblent avoir été moins touchées.
Pour tenter de relancer les ventes, Danone a mis en place des mesures promotionnelles et a surtout lancé un nouveau produit, Ecopack, un pack de six yaourts aromatisés vendu autour de 1 euro. Le géant français a ainsi décidé d'aller chasser sur les terres des distributeurs.
La publication, le 22 octobre, du chiffre d'affaires du troisième trimestre est donc attendue avec impatience. L'absence de signal évoquant une reprise de la consommation durant cette période n'évoquerait rien de bon pour les prochains mois.
2. Décider de l'avenir du pôle eaux
Si le marché des produits laitiers frais montre des signes de faiblesse passagère, il semblerait que celui des eaux embouteillées connaisse des difficultés d'ordre structurel dans les pays occidentaux.
Les ventes en Europe déclinent, limitant ainsi l'intérêt stratégique de cette activité pour le groupe. Le troisième trimestre, qui a pâti d'une météo défavorable, devrait confirmer cette tendance lourde. Les campagnes publicitaires en faveur de l'eau du robinet ont eu un large écho auprès des consommateurs soucieux de leur pouvoir d'achat.
Selon un article paru récemment dans Le Figaro, les ventes en volumes d'Evian ont baissé de 5,4 % depuis le début de l'année, Volvic et Taillefine accusant des replis de 14 à 30 %. Danone va donc devoir remettre en avant les vertus de ses eaux minérales pour reconquérir les consommateurs. Evian parvient à gagner des parts de marché dans la baisse.
Dans les pays émergents, où l'eau potable manque, les eaux embouteillées continuent d'enregistrer de bonnes performances. Reste à savoir si cette activité a encore un avenir au sein du groupe.
Danone semble avoir aujourd'hui deux priorités, les produits laitiers frais et les aliments pour bébé. La nutrition médicale reste, pour l'heure, une activité de niche.
La cession de la branche eaux, valorisée environ 6 milliards d'euros, à un acteur comme Pepsi ou Coca-Cola ne serait qu'une étape supplémentaire dans le recentrage du groupe sur des métiers à forte croissance.
3. Régler le conflit avec Wahaha
Depuis presque deux ans, Danone est engagé dans un bras de fer avec son ancien partenaire dans le joint-venture chinois Wahaha. Des procédures sont en cours, aucune n'ayant pour l'heure abouti en faveur du français. Tout espoir de régler ce conflit à l'amiablesemble perdu, mais Danone entend bien être dédommagé pour sa participation de 51 % dans la coentreprise. Le problème est que le groupe français l'estime à 1,6 milliard d'euros, soit cinq fois plus que ce que son ancien partenaire chinois est disposé à payer. Les activités de Wahaha ont été déconsolidées, mais l'affaire laisse un goût amer, cette alliance ayant longtemps été citée comme exemple de la stratégie de développement du groupe dans les pays émergents.
4. Se désendetter
L'acquisition en 2007 de Numico pour un montant supérieur à 12 milliards d'euros a pesé sur la structure financière de l'entreprise. L'endettement net devrait être supérieur à 10 milliards à fin 2008, ce qui représente un peu plus de 1 fois les fonds propres. Or, dans le contexte actuel, les sociétés endettées n'ont pas la cote auprès des investisseurs.
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