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En quête de relais de croissance, Lagardère affine sa stratégie
PAR LAURE BURRUS |
JDF HEBDO | 18.10.2008 | Mise à jour : 11H39
Retour sur la mutation d'un conglomérat encore mal perçue en Bourse.
«Le capital ne manque pas. Ce qui manque, c'est la vision », affirmait Michaël Milken, ancien banquier d'affaires inventeur des junk bonds. Les analystes ont longtemps perçu de la sorte le groupe Lagardère. La société dont Arnaud Lagardère a repris les rênes en 2003, au lendemain de la disparition brutale de son père, poursuit sa longue mutation, et sa stratégie encore tâtonnante se profile au fil des acquisitions. Après avoir été longtemps un groupe de défense, Largardère se veut aujourd'hui un groupe de création de contenus à forte valeur ajoutée, dans le secteur des médias.
Lagardère Active regroupe les activités de presse magazine (Elle, Paris Match, Le Journal du dimanche...), de radio (Europe1, RFM...) et de télévision avec la chaîne de TNT Gulli. Toutefois, ces marchés matures n'offrent pas de perspectives spectaculaires. Selon l'institut de veille Yacast, les investissements publicitaires devraient reculer fortement en France dès janvier 2009.
A la recherche de relais de croissance dans les médias, Lagardère a donc fait le pari de l'Internet. Mais avec beaucoup de retard et de manière très brouillonne. Le numérique représente à peine 6,5 % du chiffre d'affaires de Lagardère Active (soit 1,5 % de l'activité du groupe), pour un objectif de 10 % en 2009-2010.
Face à la récession qui s'annonce, le groupe devrait mieux résister que ses concurrents. Car les recettes publicitaires représentent à peine 15 % des facturations totales du groupe.
Lagardère, c'est aussi de la distribution
La production de contenus est difficilement séparable de sa distribution. Lagardère Services assure la distribution des titres de presse, avec une participation de 49 % dans les NMPP, ainsi que des points de vente, comme les Relay H et SDA (duty free) dans les gares et les aéroports. Ces activités, qui réalisent 83 % de leurs facturations sur les marchés européen et américain, vont pâtir du tassement de la fréquentation des lieux de transit. Le métier de distributeur est peu rentable, avec une marge opérationnelle inférieure à la moyenne du groupe. Toutefois, dans ce secteur, le retour sur capitaux employés de Lagardère est élevé.
Par ailleurs, le groupe s'est développé dans des métiers moins dépendants de la conjoncture, c'est-à-dire l'édition (Lagardère Publi-shing, dont le pivot est Hachette), et le sport (voir encadré).
Un bilan sain
A fin 2008, la dette nette du groupe Lagardère devrait s'élever à 2,2 milliards d'euros, soit environs 45 % des fonds propres. De plus, le groupe n'a aucun emprunt à rembourser en 2009 et en 2010.
En outre, la société dispose d'une participation de 20 % dans Canal+ France. Cet actif pourrait être cédé à partir de 2009, d'autant que Vivendi, actionnaire majoritaire avec 65 %, souhaite racheter les minoritaires de cette société. De même, Lagardère dispose de 7,5 % du capital d'EADS, qui seront cédés à une échéance encore très incertaine. La richesse de ces actifs donne à Lagardère une solidité financière et une marge de manoeuvre lui permettant de poursuivre son développement.
Le groupe peut ressembler à un vaste conglomérat dépourvu de synergies, mais avec une bonne répartition des risques. L'image est trompeuse : les liquidités circulent bien entre les entités.
Lagardère Active regroupe les activités de presse magazine (Elle, Paris Match, Le Journal du dimanche...), de radio (Europe1, RFM...) et de télévision avec la chaîne de TNT Gulli. Toutefois, ces marchés matures n'offrent pas de perspectives spectaculaires. Selon l'institut de veille Yacast, les investissements publicitaires devraient reculer fortement en France dès janvier 2009.
A la recherche de relais de croissance dans les médias, Lagardère a donc fait le pari de l'Internet. Mais avec beaucoup de retard et de manière très brouillonne. Le numérique représente à peine 6,5 % du chiffre d'affaires de Lagardère Active (soit 1,5 % de l'activité du groupe), pour un objectif de 10 % en 2009-2010.
Face à la récession qui s'annonce, le groupe devrait mieux résister que ses concurrents. Car les recettes publicitaires représentent à peine 15 % des facturations totales du groupe.
Lagardère, c'est aussi de la distribution
La production de contenus est difficilement séparable de sa distribution. Lagardère Services assure la distribution des titres de presse, avec une participation de 49 % dans les NMPP, ainsi que des points de vente, comme les Relay H et SDA (duty free) dans les gares et les aéroports. Ces activités, qui réalisent 83 % de leurs facturations sur les marchés européen et américain, vont pâtir du tassement de la fréquentation des lieux de transit. Le métier de distributeur est peu rentable, avec une marge opérationnelle inférieure à la moyenne du groupe. Toutefois, dans ce secteur, le retour sur capitaux employés de Lagardère est élevé.
Par ailleurs, le groupe s'est développé dans des métiers moins dépendants de la conjoncture, c'est-à-dire l'édition (Lagardère Publi-shing, dont le pivot est Hachette), et le sport (voir encadré).
Un bilan sain
A fin 2008, la dette nette du groupe Lagardère devrait s'élever à 2,2 milliards d'euros, soit environs 45 % des fonds propres. De plus, le groupe n'a aucun emprunt à rembourser en 2009 et en 2010.
En outre, la société dispose d'une participation de 20 % dans Canal+ France. Cet actif pourrait être cédé à partir de 2009, d'autant que Vivendi, actionnaire majoritaire avec 65 %, souhaite racheter les minoritaires de cette société. De même, Lagardère dispose de 7,5 % du capital d'EADS, qui seront cédés à une échéance encore très incertaine. La richesse de ces actifs donne à Lagardère une solidité financière et une marge de manoeuvre lui permettant de poursuivre son développement.
Le groupe peut ressembler à un vaste conglomérat dépourvu de synergies, mais avec une bonne répartition des risques. L'image est trompeuse : les liquidités circulent bien entre les entités.
NOTRE CONSEIL
Achat autour de 26 euros,
Achat autour de 26 euros,
avec un objectif de 30 euros dans dix-huit mois (code : MMB, Comp.A, SRD). Le titre se paie 6 fois nos estimations pour 2009. Il procure un rendement de 5,6 %.
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