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Iliad, un phénomène rare dans le secteur des télécoms
Le fournisseur d'accès à Internet dégage une croissance à deux chiffres et possède un profil privilégié en ce moment
PAR FABIENNE BOULOC |
JDF HEBDO | 15.11.2008 | Mise à jour : 11H40
ANALYSE - Numéro deux de l'accès à Internet en France, Iliad a une activité très dynamique et aimerait désormais se développer dans la téléphonie mobile. Un nouveau défi judicieux, mais difficile à mettre en oeuvre.
En moins de dix ans, Iliad a bâti un modèle unique. Le détenteur de la marque Free a imposé ses codes dans l'accès à Internet et poussé ses concurrents, France Télécom inclus, à s'aligner. Iliad a réussi à allier une offre triple play (téléphonie, télévision, Internet) à bas prix à une rentabilité élevée. Petit trublion des télécoms à l'origine, il a grandi rapidement et détient 25,4 % des parts du marché de l'accès à Internet en France. L'opérateur s'est développé par croissance interne, à coups d'innovations.
Réussir l'intégration d'Alice
Fin août, avec l'acquisition de Liberty Surf Group, filiale de Telecom Italia et propriétaire de la marque Alice, Iliad a réalisé sa première opération majeure de croissance externe. Il a saisi une des dernières belles opportunités de consolidation dans le secteur, mais il devra vite redresser sa nouvelle filiale. Alice est loin de répondre aux critères d'Iliad : seuls 45,8 % de ses clients sont dégroupés (c'est-à-dire utilisent le réseau de France Télécom par le biais d'un autre opérateur), contre 83,4 % pour Iliad au 30 juin. Le revenu moyen par abonné (Arpu) est de 27 euros par mois, contre 36,3 euros pour sa nouvelle maison mère. Iliad espère ramener l'excédent brut d'exploitation d'Alice à l'équilibre au premier semestre 2009.
Cette opération renforce Iliad, alors que Neuf Cegetel, un de ses principaux concurrents, a fusionné avec SFR, qui lance une vaste offensive marketing. C'est aussi le moyen d'élargir plus rapidement la base d'abonnés : Iliad compte désormais plus de 4 millions de clients à l'ADSL (technologie d'Internet à haut débit). Un atout à faire valoir pour d'autres projets. En effet, Iliad n'entend pas en rester là. La croissance du marché global de l'accès à Internet ralentira mécaniquement. Dans le même temps, l'activité d'Iliad, assise sur une base d'abonnés importante, générera de plus en plus de liquidités.
Viser la téléphonie mobile
L'objectif est donc d'investir. L'opérateur veut déployer un réseau de fibre optique, une technologie qui permettra de ne plus reverser 9 euros par abonné à France Télécom pour une ligne en dégroupage total. Mais Iliad voit plus loin. « Nous souhaitons devenir le quatrième opérateur de téléphonie mobile en France, c'est une très belle opportunité de croissance pour la société », souligne Thomas Reynaud, directeur financier du groupe. Cette expansion est logique : les grands du secteur (France Télécom, Vivendi) sont présents à la fois dans le mobile et dans Internet.
Là encore, les dirigeants d'Iliad voient une opportunité de créer une offre qui cassera les prix. Le groupe souhaite donc obtenir la quatrième licence de téléphonie mobile en France. Or le gouvernement n'a toujours pas décidé de son attribution. Cette affaire, politique, est un feuilleton interminable. Les déclarations, en faveur ou contre ce dossier, se succèdent. Et Iliad a demandé un étalement du prix de la licence (619 millions d'euros), ce qui lui a nui.
L'opérateur aura-t-il les moyens par ailleurs de financer ses desseins ? Certains opérateurs de marché en doutent. Toute rumeur d'abandon du projet de quatrième licence entraîne un rebond du titre ! Le groupe s'est endetté pour l'acquisition d'Alice et n'a plus beaucoup de marge de manoeuvre. De plus, dans les années à venir, Iliad devra accélérer ses investissements dans la fibre optique : 1 milliard d'euros a été programmé sur la période 2007-2012. Or les dépenses réalisées jusqu'alors sont encore faibles (32 millions d'euros au premier semestre 2008) car le cadre réglementaire n'était pas bien défini.
Les dirigeants estiment néanmoins avoir les moyens de se développer en parallèle dans la téléphonie mobile. Selon eux, le déploiement d'un réseau télécoms qui couvrirait 90 à 95 % de la population française coûterait 1 milliard d'euros. Un montant contesté. Ils estiment que cette dépense est réalisable en utilisant les cash-flows générés par le groupe. Il suffirait de 175 millions d'euros par an pendant six années par exemple. « C'est un projet industriel qui s'inscrit dans la durée », justifie Thomas Reynaud. Selon nous, cette somme peut permettre un déploiement du réseau, mais de manière très lente, insuffisante pour faire d'Iliad un concurrent crédible des trois opérateurs en place.
Une association avec un autre acteur pourrait alors accélérer le processus mais ce ne sont que des rumeurs. « Dans le mobile, nous avons trop de propositions de partenariat », avait lancé avec malice Xavier Niel, actionnaire principal et vice-président du conseil d'administration, lors de la publication des résultats annuels au mois de mars. Une déclaration qui ouvre la voie à toute les spéculations.
Réussir l'intégration d'Alice
Fin août, avec l'acquisition de Liberty Surf Group, filiale de Telecom Italia et propriétaire de la marque Alice, Iliad a réalisé sa première opération majeure de croissance externe. Il a saisi une des dernières belles opportunités de consolidation dans le secteur, mais il devra vite redresser sa nouvelle filiale. Alice est loin de répondre aux critères d'Iliad : seuls 45,8 % de ses clients sont dégroupés (c'est-à-dire utilisent le réseau de France Télécom par le biais d'un autre opérateur), contre 83,4 % pour Iliad au 30 juin. Le revenu moyen par abonné (Arpu) est de 27 euros par mois, contre 36,3 euros pour sa nouvelle maison mère. Iliad espère ramener l'excédent brut d'exploitation d'Alice à l'équilibre au premier semestre 2009.
Cette opération renforce Iliad, alors que Neuf Cegetel, un de ses principaux concurrents, a fusionné avec SFR, qui lance une vaste offensive marketing. C'est aussi le moyen d'élargir plus rapidement la base d'abonnés : Iliad compte désormais plus de 4 millions de clients à l'ADSL (technologie d'Internet à haut débit). Un atout à faire valoir pour d'autres projets. En effet, Iliad n'entend pas en rester là. La croissance du marché global de l'accès à Internet ralentira mécaniquement. Dans le même temps, l'activité d'Iliad, assise sur une base d'abonnés importante, générera de plus en plus de liquidités.
Viser la téléphonie mobile
L'objectif est donc d'investir. L'opérateur veut déployer un réseau de fibre optique, une technologie qui permettra de ne plus reverser 9 euros par abonné à France Télécom pour une ligne en dégroupage total. Mais Iliad voit plus loin. « Nous souhaitons devenir le quatrième opérateur de téléphonie mobile en France, c'est une très belle opportunité de croissance pour la société », souligne Thomas Reynaud, directeur financier du groupe. Cette expansion est logique : les grands du secteur (France Télécom, Vivendi) sont présents à la fois dans le mobile et dans Internet.
Là encore, les dirigeants d'Iliad voient une opportunité de créer une offre qui cassera les prix. Le groupe souhaite donc obtenir la quatrième licence de téléphonie mobile en France. Or le gouvernement n'a toujours pas décidé de son attribution. Cette affaire, politique, est un feuilleton interminable. Les déclarations, en faveur ou contre ce dossier, se succèdent. Et Iliad a demandé un étalement du prix de la licence (619 millions d'euros), ce qui lui a nui.
L'opérateur aura-t-il les moyens par ailleurs de financer ses desseins ? Certains opérateurs de marché en doutent. Toute rumeur d'abandon du projet de quatrième licence entraîne un rebond du titre ! Le groupe s'est endetté pour l'acquisition d'Alice et n'a plus beaucoup de marge de manoeuvre. De plus, dans les années à venir, Iliad devra accélérer ses investissements dans la fibre optique : 1 milliard d'euros a été programmé sur la période 2007-2012. Or les dépenses réalisées jusqu'alors sont encore faibles (32 millions d'euros au premier semestre 2008) car le cadre réglementaire n'était pas bien défini.
Les dirigeants estiment néanmoins avoir les moyens de se développer en parallèle dans la téléphonie mobile. Selon eux, le déploiement d'un réseau télécoms qui couvrirait 90 à 95 % de la population française coûterait 1 milliard d'euros. Un montant contesté. Ils estiment que cette dépense est réalisable en utilisant les cash-flows générés par le groupe. Il suffirait de 175 millions d'euros par an pendant six années par exemple. « C'est un projet industriel qui s'inscrit dans la durée », justifie Thomas Reynaud. Selon nous, cette somme peut permettre un déploiement du réseau, mais de manière très lente, insuffisante pour faire d'Iliad un concurrent crédible des trois opérateurs en place.
Une association avec un autre acteur pourrait alors accélérer le processus mais ce ne sont que des rumeurs. « Dans le mobile, nous avons trop de propositions de partenariat », avait lancé avec malice Xavier Niel, actionnaire principal et vice-président du conseil d'administration, lors de la publication des résultats annuels au mois de mars. Une déclaration qui ouvre la voie à toute les spéculations.
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