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Microsoft voit son avenir dans l'Internet et les logiciels en ligne

Le leader mondial des éditeurs de logiciels tente le pari d'Internet et cherche à concurrencer Google pour son moteur de recherche
ANNE-LAURE REBOUL | JDF HEBDO | 29.11.2008 | Mise à jour : 19H58
Le vain acharnement à racheter Yahoo! au printemps dernier l'a récemment démontré. Après avoir dominé l'ère du PC, Microsoft voit son avenir dans l'Internet. « Nous investissons de manière proactive dans les domaines qui nous permettront d'élargir notre leadership sur le Web », indique Jean-Philippe Courtois, président de Microsoft International. Mais, dans ce domaine, les géants comme Google, Yahoo! ou encore IBM ont pris une certaine avance, que certains observateurs jugent déjà inéluctable. Malgré le premier budget de R&D du monde, l'entreprise de Redmond arrivera-t-elle à les détrôner ?
Une stratégie ambitieuse
Afin de rattraper son retard dans l'Internet, Microsoft pourrait rouvrir le dossier Yahoo!. L'adossement au moteur de recherche lui permettrait de devenir le premier challenger de Google. La direction est claire à ce sujet : « Plus que jamais nous souhaitons concurrencer Google pour son moteur de recherche ! », nous a encore confirmé récemment Jean-Philippe Courtois. Il y a donc fort à parier que, même si le P-DG du groupe, Steve Ballmer, certifie ne pas envisager plus qu'un partenariat avec le moteur de recherche, ce dernier profite de la faible valorisation de Yahoo! et du départ de Jerry Yang pour revenir à la charge. D'autant que l'actionnaire principal de Yahoo!, Carl Icahn, fervent partisan du mariage, devrait encore oeuvrer en faveur de Microsoft.
Mais le développement de l'éditeur dans l'Internet pourrait aussi bien se faire sans Yahoo!. Le groupe s'est en effet récemment déployé sur le marché de la publicité en ligne, via des acquisitions. L'éditeur a ainsi acheté il y a un an la société aQuantive, une plate-forme technologique qui gère de la publicité en ligne, et, plus récemment, ScreenTonic (publicité sur mobile) et Musiwave (musique).
Difficile course à l'audience
La société de Redmond devra toutefois prouver sa capacité à s'imposer dans ce nouveau média. Sur le premier trimestre 2008/2009, le pôle services et publicité en ligne est en effet resté déficitaire (- 480 millions de dollars), après une perte d'exploitation de 1,2 milliard de dollars l'an passé. Le noeud du problème réside dans la faible part d'audience fédérée par son moteur de recherche Live Search. Microsoft est en effet encore très loin derrière Google, avec 2,70 % des utilisateurs, contre 82 % pour le géant du Web. Or la prime au leader est forte sur Internet, celui qui rencontre l'audience la plus large remportant une part écrasante de la manne publicitaire.
Afin d'accroître le trafic sur Live Search, la société a mis sur pied une stratégie offensive d'innovation. Un centre technologique, déployé en Europe d'ici trois ans, aura pour mission de le rendre plus pertinent. D'autre part, des remises sont désormais accordées aux internautes lorsqu'ils achètent sur certains sites commerçants.
Outre le marché de la publicité sur Internet, Microsoft s'est également déployé dans le monde des services et des logiciels en ligne, connu sous le nom de software + services. Dans ce nouveau modèle, les logiciels (traitement de texte, tableur, etc.) sont hébergés dans des serveurs extérieurs et deviennent accessibles depuis le Web. Les utilisateurs n'achètent plus le logiciel, mais paient un « loyer » pour son droit d'utilisation, sur le modèle de l'abonnement téléphonique.
Le software + services, un nouveau paradigme
Faceàun contextede crise économique et d'assèchement du crédit, ce nouveau paradigme pourrait s'imposer très vite dans les entreprises, notamment les TPE et les start-up, qui n'auront plus de licence coûteuse à acheter. Elles pourront ainsi préserver leur trésorerie.
« Microsoft a hésité longtemps à changer le modèle qui a fait sa fortune, car les marges attendues du software + services seront moins élevées », analyse un observateur. Cette évolution en cours constitue une rupture du modèle économique de Microsoft, puisque 80 % de ses revenus proviennent de la vente des logiciels. Or le groupe n'est pas certain de les remplacer par les ventes en ligne.
Mais pour ne pas se laisser distancer par ses concurrents, notamment Google et Salesforce.com, et répondre à la demande croissante du marché, Microsoft a été contraint d'adapter son offre. Après avoir lancé une version de sa suite Office sur le Web, le groupe vient ainsi de donner un nouveau coup d'accélérateur, avec la plate-forme de développement hébergé Windows Azure. Le chemin vers le statut envié de géant du Web sera toutefois assurément bien long.
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