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Victime de la conjoncture, Rodriguez Group est au bord du naufrage

Face à une conjoncture dégradée, le fabricant cannois de yachts de luxe lutte pour sa survie et rencontre des problèmes de financement
JDF HEBDO | 03.01.2009 | Mise à jour : 20H00

Rodriguez Group connaît la pire crise de son histoire. Le krach boursier et les premiers effets de la crise économique pénalisent les ventes de ses bateaux et sa situation financière reste très tendue.

Par Jérôme Marmet
Après dix ans d'une croissance ininterrompue, le marché de la navigation de plaisance est victime de l'attentisme des acheteurs. L'impact du krach boursier et les premiers effets de la récession économique se sont traduits par des ventes en chute de 30 à 50 % suivant les fabricants de bateaux. Même le haut de gamme - segment traditionnellement moins sensible aux soubresauts de la conjoncture - est touché. Rodriguez, le fabricant français de yachts de luxe, dont l'offre va de 23 à 56 mètres, a ainsi vu son carnet de commandes s'effondrer de 70 % au cours des trois derniers mois.
Un stock d'occasions qui s'écoule au compte-gouttes...
Tout d'abord, le groupe continue d'être pénalisé par son activité de bateaux d'occasion. Par le passé, il s'est engagé à racheter les anciens bateaux à leurs propriétaires en échange de la vente de nouvelles unités. Une politique très risquée au fil du temps, car le plaisancier se retrouve aujourd'hui avec un important parc nautique qui plombe ses comptes depuis déjà deux exercices. Les embarcations de « deuxième main » n'ont plus la cote et sont victimes de la course aux grandes unités clinquantes que se livrent les grandes fortunes de la planète.
Si le taux de reprise des anciens bateaux est désormais inférieur à 10 % du chiffre d'affaires réalisé avec les nouvelles embarcations, l'écoulement du stock ne se fait qu'au compte-gouttes. Rodriguez se retrouve en conséquence confronté à un problème insoluble : vendre à perte ses bateaux d'occasion pour s'en débarrasser ou passer d'importantes provisions pour dépréciation de stocks. Celles-ci se sont élevées à 36,7 millions d'euros sur le dernier exercice, ramenant la valorisation du stock autour de 70 millions d'euros.
... et des bateaux neufs qui ne trouvent plus preneur
Au cours des derniers mois, les encours de production sur les bateaux neufs se sont également accrus du fait des annulations ou reports de commandes. En conséquence, Rodriguez a été contraint de réduire sa production et de stopper plusieurs chantiers alors que traditionnellement le groupe produit ces yachts en début d'exercice pour assurer la livraison des commandes dès l'été suivant.
Pour autant, Rodriguez a prévu de livrer en 2009 le premier exemplaire du dernier-né de sa gamme Léopard, un yacht de 56 mètres équipé d'une plate-forme pour hélicoptère, facturé 25 millions d'euros. Reste que le carnet de commandes s'inscrit en baisse de 29 % sur un an et que la visibilité pour les prochains mois est très réduite.
Enfin, comme si cela ne suffisait pas, les investisseurs s'interrogent sur un possible impact de l'affaire Madoff, dont la fraude à grande échelle a touché de nombreuses grandes fortunes.
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