Patrick Pélata : « Nous sommes déjà mobilisés sur l'année prochaine »
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Pélata : «Nous sommes déjà mobilisés sur l'année prochaine»
PROPOS RECUEILLIS PAR JÉRÔME MARMET |
JDF HEBDO | 23.05.2009 | Mise à jour : 19H08
INTERVIEW - Le numéro deux de Renault fait le point sur la stratégie du groupe.
Le pire est-il passé ? Les marchés automobiles peuvent-ils redémarrer sur la seconde partie de l'année ?
Deux phénomènes distincts caractérisent la situation. D'un côté, l'onde de choc de la crise économique continue de se propager et alimente la chute des marchés automobiles. De l'autre, les mesures de soutien du type primes à la casse se multiplient et concernent aujourd'hui 90 % des marchés automobiles en Europe de l'Ouest, ce qui a permis d'atténuer la baisse des ventes depuis peu. J'ai le sentiment que l'on arrive dans une zone de recul des marchés plus modérée. Cela dit, afin d'être prêts si la baisse persistait, nous travaillons sur un scénario pessimiste, qui suppose une baisse des marchés d'au moins 20 % en 2009, et une stagnation en 2010.
Renault doit-il accélérer encore ses réductions de coûts ?
Nous sommes en ligne avec le plan anticrise que nous avons présenté en février et dont l'objectif principal reste le retour à un free cash flow positif à la fin de cette année. Nous avons, par exemple, pris les mesures nécessaires pour réduire massivement le poids des stocks dans les usines et chez nos concessionnaires.
Au plus fort de la tempête, l'entreprise était gérée avec une visibilité de quelques semaines. La bonne nouvelle est que nous avons retrouvé une vision de douze à dix-huit mois (la règle dans l'automobile). Autrement dit, Renault se mobilise déjà sur 2010.
En attendant, le groupe pâtit des pertes de Nissan...
Nissan souffre à la fois de son exposition au marché nord-américain et de l'appréciation du yen, qui pénalise ses exportations. Sur le long terme, la contribution de Nissan reste très positive, et les pertes que nous consolidons (à hauteur de 44,4 %) n'entraîneront pas de sortie de cash. Le point clé est que toutes les synergies au sein de l'alliance avec Nissan n'ont pas encore été entièrement exploitées. La crise et la pression de la concurrence obligent à y remédier. Comme les deux groupes se connaissent bien, après dix années de travail en commun, donner le coup d'accélérateur supplémentaire sur les synergies est plus facile !
La gamme répond-elle aux attentes nouvelles des clients ?
J'en suis persuadé car le prix moyen des automobiles en Europe de l'Ouest recule depuis mi-2006 et la tendance va perdurer. C'est pourquoi, par exemple, nous commercialisons le nouveau Scénic à un prix équivalent à l'ancien modèle pour une prestation supplémentaire. Notre marque profite aussi de l'engouement pour les petites citadines et les modèles d'entrée de gamme. Les automobilistes veulent l'essentiel, plus le superflu. Au-delà du succès de la famille Logan et Sandero partout dans le monde, nous développons des technologies utiles pour toute la gamme Renault, afin de revenir à ce qui est vraiment nécessaire pour le client.
Enfin, dans un monde de plus en plus tourné vers l'écologie, Renault va innover avec la commercialisation de masse d'un véhicule 100 % électrique que nous lancerons à partir de 2011.
Dépendante hier du couple Mégane-Scénic, la marque au losange ne dépend-elle pas trop dorénavant du succès de la famille Logan ?
Non, dans la mesure où la rentabilité du groupe est assise sur trois piliers : la famille des véhicules utilitaires, Mégane et toutes ses versions, y compris Scénic, et enfin Logan, Sandero et leurs dérivés. A l'avenir, il faudra éliminer les programmes qui perdent de l'argent, mais aussi continuer de proposer des véhicules de niches. Enfin, la dépendance de Renault à quelques marchés européens s'est réduite, avec le déploiement de la marque à l'international (de 11 % des ventes en 1999 à 40 % en 2008).
Renault a t-il encore un avenir dans le haut de gamme ?
Oui, car l'automobiliste doit pouvoir trouver tout au long de sa vie chez Renault un large choix de véhicules, d'autant que, dans le haut de gamme, les attentes sont en train de changer.
Nous n'abandonnerons pas ce segment. Au contraire, nous lancerons, au-dessus de la Laguna, une grande berline et nous travaillons au remplacement de l'Espace. Renault détient 10 % du marché des voitures à 25.000 euros. Même si c'est plus difficile, le groupe doit pouvoir vendre des voitures à un prix de 35.000 euros. Il l'a déjà fait par le passé !
» Renault fait le dos rond en attendant la reprise
Deux phénomènes distincts caractérisent la situation. D'un côté, l'onde de choc de la crise économique continue de se propager et alimente la chute des marchés automobiles. De l'autre, les mesures de soutien du type primes à la casse se multiplient et concernent aujourd'hui 90 % des marchés automobiles en Europe de l'Ouest, ce qui a permis d'atténuer la baisse des ventes depuis peu. J'ai le sentiment que l'on arrive dans une zone de recul des marchés plus modérée. Cela dit, afin d'être prêts si la baisse persistait, nous travaillons sur un scénario pessimiste, qui suppose une baisse des marchés d'au moins 20 % en 2009, et une stagnation en 2010.
Renault doit-il accélérer encore ses réductions de coûts ?
Nous sommes en ligne avec le plan anticrise que nous avons présenté en février et dont l'objectif principal reste le retour à un free cash flow positif à la fin de cette année. Nous avons, par exemple, pris les mesures nécessaires pour réduire massivement le poids des stocks dans les usines et chez nos concessionnaires.
Au plus fort de la tempête, l'entreprise était gérée avec une visibilité de quelques semaines. La bonne nouvelle est que nous avons retrouvé une vision de douze à dix-huit mois (la règle dans l'automobile). Autrement dit, Renault se mobilise déjà sur 2010.
En attendant, le groupe pâtit des pertes de Nissan...
Nissan souffre à la fois de son exposition au marché nord-américain et de l'appréciation du yen, qui pénalise ses exportations. Sur le long terme, la contribution de Nissan reste très positive, et les pertes que nous consolidons (à hauteur de 44,4 %) n'entraîneront pas de sortie de cash. Le point clé est que toutes les synergies au sein de l'alliance avec Nissan n'ont pas encore été entièrement exploitées. La crise et la pression de la concurrence obligent à y remédier. Comme les deux groupes se connaissent bien, après dix années de travail en commun, donner le coup d'accélérateur supplémentaire sur les synergies est plus facile !
La gamme répond-elle aux attentes nouvelles des clients ?
J'en suis persuadé car le prix moyen des automobiles en Europe de l'Ouest recule depuis mi-2006 et la tendance va perdurer. C'est pourquoi, par exemple, nous commercialisons le nouveau Scénic à un prix équivalent à l'ancien modèle pour une prestation supplémentaire. Notre marque profite aussi de l'engouement pour les petites citadines et les modèles d'entrée de gamme. Les automobilistes veulent l'essentiel, plus le superflu. Au-delà du succès de la famille Logan et Sandero partout dans le monde, nous développons des technologies utiles pour toute la gamme Renault, afin de revenir à ce qui est vraiment nécessaire pour le client.
Enfin, dans un monde de plus en plus tourné vers l'écologie, Renault va innover avec la commercialisation de masse d'un véhicule 100 % électrique que nous lancerons à partir de 2011.
Dépendante hier du couple Mégane-Scénic, la marque au losange ne dépend-elle pas trop dorénavant du succès de la famille Logan ?
Non, dans la mesure où la rentabilité du groupe est assise sur trois piliers : la famille des véhicules utilitaires, Mégane et toutes ses versions, y compris Scénic, et enfin Logan, Sandero et leurs dérivés. A l'avenir, il faudra éliminer les programmes qui perdent de l'argent, mais aussi continuer de proposer des véhicules de niches. Enfin, la dépendance de Renault à quelques marchés européens s'est réduite, avec le déploiement de la marque à l'international (de 11 % des ventes en 1999 à 40 % en 2008).
Renault a t-il encore un avenir dans le haut de gamme ?
Oui, car l'automobiliste doit pouvoir trouver tout au long de sa vie chez Renault un large choix de véhicules, d'autant que, dans le haut de gamme, les attentes sont en train de changer.
Nous n'abandonnerons pas ce segment. Au contraire, nous lancerons, au-dessus de la Laguna, une grande berline et nous travaillons au remplacement de l'Espace. Renault détient 10 % du marché des voitures à 25.000 euros. Même si c'est plus difficile, le groupe doit pouvoir vendre des voitures à un prix de 35.000 euros. Il l'a déjà fait par le passé !
» Renault fait le dos rond en attendant la reprise
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