Une récession est somme toute salutaire
L’évolution économique est ainsi faite que des cycles de croissance et de récession se succèdent.
La récession est certes douloureuse pour une foule de gens et d’entreprises, qui pour la plupart n’ont rien fait pour la provoquer, mais à long terme elle s’avérera bénéfique pour le plus grand nombre. L’évolution économique est ainsi faite que des cycles de croissance et de récession se succèdent ; chacun de ces cycles crée les fondements pour le suivant, ainsi va le navire passant de la crête au creux de la vague. Nous nous réjouissons tous des périodes d’expansion car elles sont génératrices de richesses et d’emplois, mais c’est durant ces moments bénis que se créent des inefficacités et des excès qu’il faudra bien corriger tôt ou tard pour repartir sur des bases assainies. Nous avons par contre beaucoup de peine à admettre que les périodes de récession, durant lesquelles les pendules doivent être remises à l’heure, sont en fait des maux nécessaires.
La crise économique dans laquelle le monde s’enfonce actuellement promet d’être plus profonde, générale et plus durable que toutes les corrections intervenues depuis la dernière guerre mondiale. C’est que la période de croissance dont nous sommes sortis durait depuis le début des années quatre-vingt dix, la plus longue de l’histoire des temps modernes. En une quinzaine d’années les déséquilibres et les excès se sont accumulés et ont pris une ampleur inégalée. Des corrections auraient pu intervenir plus tôt (suite au 11 septembre 2001 ou à l’éclatement de la bulle internet par exemple) et donc être moins douloureuses ; elles ont été astucieusement évitées, notamment grâce à la FED. Le monde en était arrivé à croire que la consommation aux USA et les bienfaits de la globalisation étaient sources de croissance éternelle ; les moins de 40 ans n’ont d’ailleurs, pour la plupart, jamais vécu de récession. Dans leur euphorie, les financiers, américains d’abord et europééens à leur suite, ont crû pouvoir bâtir à crédit des châteaux de cartes vertigineux qui ne s’effondreraient jamais ; guidé par leur seule cupidité. Les consommateurs américains ont continué à dépenser sans épargner, parce qu’ils se croyaient riches de leurs profits sur papier dans l’immobilier et à la bourse ; ce faisant ils ont permis aux constructeurs de Détroit d’écouler des automobiles d’un autre âge sans se soucier d’évoluer, ils sont aussi poussé les exportateurs européens et surtout asiatiques à développer leurs outils de productions.
Il va maintenant falloir un certain temps pour que les forces vives, libérées par les secteurs financiers et automobiles se recyclent dans des emplois où ils peuvent créer de la vraie valeur ; d’autant plus qu’ils sont rejoints par une foule d’autres candidats issus d’entreprises, qui voient leur marché se rétrécir faute de clients et de crédit, ou qui réalisent qu’elles non plus n’étaient pas au top de la productivité. Il va falloir que les USA réapprennent à épargner et que leurs fournisseurs asiatiques se mettent à consommer. Il va aussi falloir que les banquiers nettoient leurs bilans et qu’ils réapprennent leur métier de base. Ce sont tous des ajustements lourds, surtout quand la peur d’entreprendre a pris le dessus sur la cupidité aveugle, mais c’est à ce prix que le monde repartira de l’avant sur des bases assainies. Espérons que les interventions étatiques sauront accompagner et encadrer efficacement ce processus douloureux, mais ça c’est une autre discussion.














