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L'environnement, un secteur porteur en Bourse
DOSSIER RÉALISÉ PAR CATHERINE REKIK
| JDF HEBDO | 21.06.2008 | Mise à jour : 15H56
| JDF HEBDO | 21.06.2008 | Mise à jour : 15H56
Explosion démographique, besoin croissant en eau potable, normes réglementaires de plus en plus contraignantes, émissions de gaz à effet de serre, etc. Nous savons aujourd'hui qu'il est, plus que jamais, nécessaire de prendre soin de notre environnement. Les enjeux colossaux du secteur ont jusqu'à présent attiré les investisseurs, mais les principales valeurs cotées n'ont pas échappé à la curée boursière. A l'image de Veolia Environnement, dont la sanction boursière semble excessive au regard des tendances de fond du secteur.
« L'environnement est un des enjeux majeurs du XXIe siècle, au même titre que l'indépendance énergétique et le défi climatique. » Tels sont les propos tenus par Gérard Mestrallet en préambule de la présentation de Suez Environnement, qui fera ses débuts en Bourse le 22 juillet prochain.
Près de la moitié des 6,5 milliards d'individus qui peuplent aujourd'hui la planète vivent dans des zones urbaines. Ce qui a eu pour effet d'accélérer toutes les problématiques liées à la production d'eau potable, au traitement des eaux usées ou des déchets. C'est une des conséquences de l'industrialisation rapide de certains pays émergents qui a provoqué, par ailleurs, une explosion des cours des matières premières, dont le pétrole, relançant l'idée qu'il est aussi urgent d'agir sur le développement des énergies renouvelables (solaire, éolien, etc.).
Des marchés qui offrent une bonne visibilité
L'eau et les déchets sont les principaux marchés sur lesquels opèrent les deux leaders mondiaux du secteur, Veolia et Suez Environnement. Deux métiers qui offrent des perspectives de croissance colossales sur le long terme, la demande en eau potable progressant à un rythme deux fois supérieur à celui de la population mondiale, les déchets étant de leur côté plus exposés aux cycles économiques. « Dans l'eau, on estime qu'il faudra investir au niveau international plus de 1.000 milliards de dollars, indique Cédric Lacaze, gérant à la Financière de Champlain. Les besoins sont importants dans les pays émergents, mais aussi aux Etats-Unis, où les infrastructures sont obsolètes, et dans certaines grandes villes, comme Londres, où l'état actuel du réseau génère d'énormes gaspillages. » Dans certaines villes américaines, l'eau serait polluée à cause des canalisations vieillissantes. Les Etats-Unis sont donc un marché prometteur, avec une population qui devrait passer de 300 à 350 millions d'habitants dans les vingt prochaines années.
Outre les besoins en infrastructures, il faut aussi se préoccuper de plus en plus du « stress hydrique » qui touche de nombreuses régions du monde : l'Australie, qui subit une longue période de sécheresse, l'Espagne, avec le cas de la ville de Barcelone, contrainte de faire venir de l'eau par paquebot pour alimenter ses réserves, ou le Moyen-Orient. Pour répondre à ce défi, Veolia, qui est leader sur ce marché, et Suez Environnement ont développé de nouvelles technologies de dessalement d'eau de mer.
Un article publié dans Le Monde du 16 mai révélait qu'actuellement plus de 50 millions de mètres cubes d'eau dessalée sont produits chaque jour dans le monde. Cette production devrait plus que doubler à l'horizon 2016, mais le hic est que les deux techniques utilisées, la distillation thermique ou l'osmose inverse, sont fortement consommatrices d'énergie, même si la seconde l'est moitié moins. Ce marché devrait néanmoins connaître des taux de croissance élevés, notamment dans la région du Moyen-Orient, où le financement est assuré par la rente pétrolière.
Enfin, en plus du formidable potentiel que réservent les pays de l'Est, l'eau reste également un thème porteur en Europe et en France, le marché historique des deux leaders, auxquels vient s'ajouter un troisième acteur local, Saur, que Séché Environnement vient de reprendre en main. Ce qui explique sans doute que l'Hexagone soit à la pointe dans ce domaine. Le taux de déperdition n'y est que de 10 % en moyenne, contre près de 40 % dans certaines villes italiennes, par exemple.
Les dirigeants de Suez Environnement soulignent les tendances très favorables du marché européen de l'eau, portées par les besoins croissants de stations d'épuration et par la gestion des eaux fluviales, ces dernières constituant un facteur de pollution dont il faut se préoccuper.
Parallèlement aux contrats de délégation de service public, les deux leaders mondiaux ont développé des contrats multiservices destinés aux industriels. « Il y a une convergence de plus en plus grande entre les différents métiers », constate Jérôme Contamine, directeur général de Veolia Environnement, qui cite en exemple le contrat conclu avec Peugeot sur le site de Sochaux dans l'eau, les déchets et les services énergétiques.
Vers une accélération des activités de recyclage
Autre marché dynamique, celui des déchets, qui progresse de 4 à 5 % par an environ. « Les activités de traitement des déchets ont considérablement évolué, passant de la collecte à des métiers de tri et de valorisation », explique Jérôme Contamine. En Europe, ce sont des marchés dynamiques sur lesquels, à côté des deux grands, évoluent encore une multitude d'acteurs de petite taille, dont certains cotés en Bourse, comme Séché Environnement, Pizzorno ou encore Aurea, dans le recyclage. Ce sont bien sûr les normes réglementaires de plus en plus strictes qui tirent la croissance. « Chaque changement réglementaire entraîne le développement de nouveaux métiers », affirmait Christophe Cros, directeur délégué propreté Europe, lors de la présentation aux investisseurs de Suez Environnement, « et chaque nouvelle réglementation élève les barrières d'entrée sur ces nouveaux métiers ». Les clients, là encore, ne sont plus seulement les collectivités locales, mais plutôt les industriels soucieux d'éviter tout risque d'accident environnemental.
Par ailleurs, également porté par une réglementation plus favorable, le recyclage est un des métiers d'avenir de ce secteur. Grâce à des acquisitions comme l'allemand Zulo, les activités de recyclage de Veolia représentent 14 % de l'ensemble du pôle déchets, contre 8 % il y a deux ans. Même stratégie chez Suez Environnement qui a progressivement acquis des savoir-faire et étendu son maillage géographique. Si le taux de recyclage dépasse les 50 % en Allemagne, il y a encore des progrès à faire en France ou en Grande-Bretagne.
La flambée des prix des matières premières devrait cependant avoir un impact très positif sur la filière. Face à l'envolée des cours du pétrole et de certains métaux, les prix du plastique ou des métaux recyclés sont désormais très attrayants pour les utilisateurs. Il en va de même pour le recyclage des huiles usagées. Enfin, les activités de valorisation énergétique (production d'énergie à partir de déchets, de boues, de biomasse, etc.) devraient connaître un fort développement dans les années à venir.
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