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Restez liquide, pensez à diversifier vos actifs
Le monde change. Il faut à remettre à plat sa stratégie d'investissement
PAR ROLAND LASKINE |
JDF HEBDO | 28.06.2008 | Mise à jour : 19H46
Il faudra dans les mois à venir apprendre à naviguer avec une inflation toujours plus forte, s'accommoder d'une croissance faible et composer avec des taux d'intérêt en hausse. Cette configuration incite à la prudence et à la diversification des placements. Privilégiez les liquidités, osez regarder du côté de la gestion alternative et revenez aux fondamentaux sur les actions.
Au cours des mois à venir, il va falloir s'accommoder d'une croissance faible et hésitante dans les pays développés, notamment aux Etats-Unis et en Europe, et faire avec une inflation de plus en plus présente, attisée par la hausse du prix des matières premières et des denrées alimentaires. Inutile de dire que cette configuration n'est guère favorable aux actions et encore moins aux obligations.
D'un côté, la hausse des prix à la consommation est synonyme de détérioration du pouvoir d'achat des ménages. Or, la consommation constitue le principal moteur de la croissance dans nos économies. De l'autre, la hausse des prix à la production ne peut que peser sur les marges des entreprises, donc sur leurs capacités bénéficiaires.
En prime, il faudra aussi affronter la hausse des taux d'intérêt. Celle-ci est peu propice à l'épanouissement de l'activité économique dans son ensemble et a pour effet d'accroître la suspicion à l'égard des actions, dont les rendements sont toujours insuffisants comparés aux rémunérations offertes sur le marché monétaire et obligataire. Il suffit pour s'en convaincre de garder à l'esprit que le taux du livret A pourrait être prochainement porté à 3,75 %, voire à 4 %, un niveau face auquel peu d'actions sont aujourd'hui capables de s'aligner.
Entre 4,20 et 4,50 % sur les Sicav monétaires
La santé de nos entreprises n'est nullement en cause, mais il faut bien reconnaître que peu de valeurs, grandes ou petites, sont, dans de telles conditions, capables de séduire les marchés. La faiblesse des niveaux de valorisation de nos entreprises et la solidité de leur bilan ne constituent pas un argument suffisant, car la visibilité sur les perspectives bénéficiaires s'est nettement détériorée. La crise financière continue par ailleurs de peser sur les valeurs bancaires et d'assurance, qui représentent près du tiers de la capitalisation boursière des grands indices européens.
Dans ce contexte, pour passer un été à peu près tranquille, il ne faut pas hésiter à réduire la part des actions au profit des liquidités, qui peuvent représenter en juillet et août jusqu'à 30 % des portefeuilles, un niveau supérieur aux 20 % que nous préconisons dans une optique plus fondamentale. La hausse récente du loyer de l'argent, à 4 % pour le jour le jour, et à 4,90 % pour les placements à trois mois, permet d'obtenir des rendements très satisfaisants de 4,2 à 4,5 % sur les nombreuses Sicav monétaires. Il serait dommage de s'en priver. Mieux vaut dans ce cas dégager des liquidités sur les placements obligataires, qui risquent d'être durablement affectés par la crise, et ne pas avoir peur de couper les positions sur les lignes d'actions les plus vulnérables. Les positions prises sur les OATi méritent en revanche d'être conservées.
Pensez aussi aux placements alternatifs
Dans une optique plus agressive, plutôt que de subir la chute des marchés, vous pouvez aussi chercher à en profiter en optant pour les fonds alternatifs, qui jouent à la baisse comme à la hausse, en n'hésitant pas à mettre en place des stratégies d'achat et de vente simultanées sur des titres connaissant des évolutions de cours divergentes. D'autres fonds alternatifs sont spécialisés dans des opérations d'arbitrage entre différents actifs, parmi lesquels figurent les matières premières. Ces dernières peuvent également être jouées en direct au travers de certificats représentatifs de l'évolution du prix des matières premières énergétiques (pétrole, gaz, électricité), des minerais et même des denrées alimentaires. Les matières premières constituent en période d'inflation une vraie classe d'actifs alternative, mais les cours de tous ces produits ayant déjà beaucoup monté leur potentiel de hausse est désormais limité.
Quelques rares valeurs profitent de la situation
La stratégie d'allocation d'actifs sur les actions doit tenir compte de la double contrainte que constituent l'inflation, qui renchérit les coûts de production, et un inévitable ralentissement de l'ac-tivité, notamment dans le domaine des biens de consommation, les plus vulnérables à l'érosion du pouvoir d'achat des ménages.
Mieux vaut, dans ces conditions, éviter de surpondérer les groupes industriels dans l'incapacité de répercuter les hausses de prix auprès de leurs clients. C'est le cas des constructeurs automobiles, des producteurs de matériaux de cons-truction, notamment exposés au ralentissement du secteur immobilier, du transport aérien et de la chimie. Le secteur bancaire paraît aussi durablement affecté. Tant que toute la lumière ne sera pas faite sur l'étendue des risques de dépréciation et donc de recapitalisation des fonds propres, il vaudra mieux rester à l'écart du secteur. L'assurance souffre, mais elle paraît mieux armée pour résister.
Nous avons la conviction que face aux changements structurels auxquels nous sommes confrontés il faut remettre à plat sa stratégie d'investissement en s'orientant vers des sociétés ayant assis leur modèle de développement sur des activités à forte visibilité et peu sensibles à la conjoncture. Dans cet état d'esprit, les biens d'équipement, les télécommunications, les concessions autoroutières, les services publics et, bien entendu, l'énergie paraissent protégés contre les risques de ralentissement et d'inflation. Le luxe devrait aussi révéler de bonnes capacités de résistance. Les sociétés foncières, dont les revenus sont indexés sur l'inflation, devraient commencer à résister, à condition que l'économie ne tombe pas en récession. Les valeurs pétrolières n'ont à ce jour que faiblement profité de la hausse du prix du baril, alors que tout semble indiquer que celui-ci est destiné à rester élevé, sans doute, pour de très longues années encore.
D'un côté, la hausse des prix à la consommation est synonyme de détérioration du pouvoir d'achat des ménages. Or, la consommation constitue le principal moteur de la croissance dans nos économies. De l'autre, la hausse des prix à la production ne peut que peser sur les marges des entreprises, donc sur leurs capacités bénéficiaires.
En prime, il faudra aussi affronter la hausse des taux d'intérêt. Celle-ci est peu propice à l'épanouissement de l'activité économique dans son ensemble et a pour effet d'accroître la suspicion à l'égard des actions, dont les rendements sont toujours insuffisants comparés aux rémunérations offertes sur le marché monétaire et obligataire. Il suffit pour s'en convaincre de garder à l'esprit que le taux du livret A pourrait être prochainement porté à 3,75 %, voire à 4 %, un niveau face auquel peu d'actions sont aujourd'hui capables de s'aligner.
Entre 4,20 et 4,50 % sur les Sicav monétaires
La santé de nos entreprises n'est nullement en cause, mais il faut bien reconnaître que peu de valeurs, grandes ou petites, sont, dans de telles conditions, capables de séduire les marchés. La faiblesse des niveaux de valorisation de nos entreprises et la solidité de leur bilan ne constituent pas un argument suffisant, car la visibilité sur les perspectives bénéficiaires s'est nettement détériorée. La crise financière continue par ailleurs de peser sur les valeurs bancaires et d'assurance, qui représentent près du tiers de la capitalisation boursière des grands indices européens.
Dans ce contexte, pour passer un été à peu près tranquille, il ne faut pas hésiter à réduire la part des actions au profit des liquidités, qui peuvent représenter en juillet et août jusqu'à 30 % des portefeuilles, un niveau supérieur aux 20 % que nous préconisons dans une optique plus fondamentale. La hausse récente du loyer de l'argent, à 4 % pour le jour le jour, et à 4,90 % pour les placements à trois mois, permet d'obtenir des rendements très satisfaisants de 4,2 à 4,5 % sur les nombreuses Sicav monétaires. Il serait dommage de s'en priver. Mieux vaut dans ce cas dégager des liquidités sur les placements obligataires, qui risquent d'être durablement affectés par la crise, et ne pas avoir peur de couper les positions sur les lignes d'actions les plus vulnérables. Les positions prises sur les OATi méritent en revanche d'être conservées.
Pensez aussi aux placements alternatifs
Dans une optique plus agressive, plutôt que de subir la chute des marchés, vous pouvez aussi chercher à en profiter en optant pour les fonds alternatifs, qui jouent à la baisse comme à la hausse, en n'hésitant pas à mettre en place des stratégies d'achat et de vente simultanées sur des titres connaissant des évolutions de cours divergentes. D'autres fonds alternatifs sont spécialisés dans des opérations d'arbitrage entre différents actifs, parmi lesquels figurent les matières premières. Ces dernières peuvent également être jouées en direct au travers de certificats représentatifs de l'évolution du prix des matières premières énergétiques (pétrole, gaz, électricité), des minerais et même des denrées alimentaires. Les matières premières constituent en période d'inflation une vraie classe d'actifs alternative, mais les cours de tous ces produits ayant déjà beaucoup monté leur potentiel de hausse est désormais limité.
Quelques rares valeurs profitent de la situation
La stratégie d'allocation d'actifs sur les actions doit tenir compte de la double contrainte que constituent l'inflation, qui renchérit les coûts de production, et un inévitable ralentissement de l'ac-tivité, notamment dans le domaine des biens de consommation, les plus vulnérables à l'érosion du pouvoir d'achat des ménages.
Mieux vaut, dans ces conditions, éviter de surpondérer les groupes industriels dans l'incapacité de répercuter les hausses de prix auprès de leurs clients. C'est le cas des constructeurs automobiles, des producteurs de matériaux de cons-truction, notamment exposés au ralentissement du secteur immobilier, du transport aérien et de la chimie. Le secteur bancaire paraît aussi durablement affecté. Tant que toute la lumière ne sera pas faite sur l'étendue des risques de dépréciation et donc de recapitalisation des fonds propres, il vaudra mieux rester à l'écart du secteur. L'assurance souffre, mais elle paraît mieux armée pour résister.
Nous avons la conviction que face aux changements structurels auxquels nous sommes confrontés il faut remettre à plat sa stratégie d'investissement en s'orientant vers des sociétés ayant assis leur modèle de développement sur des activités à forte visibilité et peu sensibles à la conjoncture. Dans cet état d'esprit, les biens d'équipement, les télécommunications, les concessions autoroutières, les services publics et, bien entendu, l'énergie paraissent protégés contre les risques de ralentissement et d'inflation. Le luxe devrait aussi révéler de bonnes capacités de résistance. Les sociétés foncières, dont les revenus sont indexés sur l'inflation, devraient commencer à résister, à condition que l'économie ne tombe pas en récession. Les valeurs pétrolières n'ont à ce jour que faiblement profité de la hausse du prix du baril, alors que tout semble indiquer que celui-ci est destiné à rester élevé, sans doute, pour de très longues années encore.
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