.
La nouvelle équipe dirigeante héritera d'une situation compliquée
JDF HEBDO | 02.08.2008 | Mise à jour : 19H49
Alcatel-Lucent a fait la moitié du chemin. La démission de l'exécutif du groupe, responsable de l'échec de la fusion et de la chute du cours de l'action, était devenue inévitable. Cependant, la tâche qui attend les nouveaux dirigeants, nommés d'ici à la fin de l'année, ne sera pas facile. En effet, le départ de Serge Tchuruk et de Patricia Russo n'améliore en rien la situation de l'équipementier. Et les marges de manoeuvre de la nouvelle direction demeurent limitées.
Outre un environnement de marché devenu particulièrement difficile depuis quelques années (voir ci-dessous), Alcatel-Lucent pâtit de difficultés inhérentes à son portefeuille de produits. L'équipementier franco-américain est présent partout, dans les infrastructures tant fixes que mobiles. Mais les activités dans lesquelles le groupe possède des positions réellement dominantes représentent seulement 30 % du chiffre d'affaires global, selon les calculs des analystes de Cheuvreux. Et la majorité de ces activités est aujourd'hui en déclin.
C'est le cas, bien sûr, dans le mobile, de l'activité CDMA (2G), héritée de Lucent, et dont les dépréciations plombent depuis deux ans les comptes, mais aussi, dans le fixe, de la technologie d'accès Internet DSL. « Le déploiement de cette technologie dans les pays émergents ne compense plus la décroissance dans les économies matures », explique Julien Salanave, de l'Idate. Les marges restent confortables, mais le marché ne cesse de diminuer. L'équipementier a certes investi dans les nouvelles technologies de fibre optique et demeure très bien positionné sur ce marché prometteur, relais du DSL, mais les opérateurs tardent à investir. Dans les infrastructures mobiles, Alcatel-Lucent pâtit de ses positions de challenger (hors CDMA), notamment dans les standards 3G, en plein boom. D'où des perspectives de croissance et de rentabilité pour 2008 guère encourageantes : une baisse de chiffre d'affaires de 2 à 5 % et une marge opérationnelle comprise entre 2 et 5 %. Les projections pour les années à venir n'enthousiasment pas plus.
Afin d'accélérer le retour à une meilleure profitabilité, nombre d'analystes financiers plaident pour des cessions d'actifs. Encore faut-il trouver des acheteurs. A l'exception de Cisco, la situation des concurrents n'est guère enviable. En outre, Alcatel-Lucent ne souhaite pas vendre. Malgré les pertes dans les infrastructures mobiles, où l'équipementier peine à s'imposer, celui-ci souhaite garder ses positions pour mieux assurer la transition vers le standard 4G et bénéficier de la convergence dans les réseaux entre fixe et mobile. « Alcatel-Lucent aurait même intérêt à réaliser une ou deux acquisitions, notamment dans l'activité de routeurs IP (Internet) », suggère Julien Salanave.
« Une vaste revue stratégique des activités n'est pas la panacée, renchérit Benoît Flamant, directeur d'IT Asset Management. La plupart des réponses sont déjà là. A la nouvelle direction de mobiliser les troupes et de dégager des objectifs et une stratégie clairs. » Le groupe fonde beaucoup d'espoir sur la déréglementation en cours du secteur des télécommunications en Chine, où il est présent via Alcatel Shanghai Bell. La montée en puissance de l'activité de services, très rentable (8 % de marge), représente également une planche de salut non négligeable. Alcatel-Lucent met les bouchées doubles sur cette activité. Evalué à 30 milliards d'euros en 2007, le marché progressera de 6 % par an jusqu'en 2010, selon le groupe.
Outre un environnement de marché devenu particulièrement difficile depuis quelques années (voir ci-dessous), Alcatel-Lucent pâtit de difficultés inhérentes à son portefeuille de produits. L'équipementier franco-américain est présent partout, dans les infrastructures tant fixes que mobiles. Mais les activités dans lesquelles le groupe possède des positions réellement dominantes représentent seulement 30 % du chiffre d'affaires global, selon les calculs des analystes de Cheuvreux. Et la majorité de ces activités est aujourd'hui en déclin.
C'est le cas, bien sûr, dans le mobile, de l'activité CDMA (2G), héritée de Lucent, et dont les dépréciations plombent depuis deux ans les comptes, mais aussi, dans le fixe, de la technologie d'accès Internet DSL. « Le déploiement de cette technologie dans les pays émergents ne compense plus la décroissance dans les économies matures », explique Julien Salanave, de l'Idate. Les marges restent confortables, mais le marché ne cesse de diminuer. L'équipementier a certes investi dans les nouvelles technologies de fibre optique et demeure très bien positionné sur ce marché prometteur, relais du DSL, mais les opérateurs tardent à investir. Dans les infrastructures mobiles, Alcatel-Lucent pâtit de ses positions de challenger (hors CDMA), notamment dans les standards 3G, en plein boom. D'où des perspectives de croissance et de rentabilité pour 2008 guère encourageantes : une baisse de chiffre d'affaires de 2 à 5 % et une marge opérationnelle comprise entre 2 et 5 %. Les projections pour les années à venir n'enthousiasment pas plus.
Afin d'accélérer le retour à une meilleure profitabilité, nombre d'analystes financiers plaident pour des cessions d'actifs. Encore faut-il trouver des acheteurs. A l'exception de Cisco, la situation des concurrents n'est guère enviable. En outre, Alcatel-Lucent ne souhaite pas vendre. Malgré les pertes dans les infrastructures mobiles, où l'équipementier peine à s'imposer, celui-ci souhaite garder ses positions pour mieux assurer la transition vers le standard 4G et bénéficier de la convergence dans les réseaux entre fixe et mobile. « Alcatel-Lucent aurait même intérêt à réaliser une ou deux acquisitions, notamment dans l'activité de routeurs IP (Internet) », suggère Julien Salanave.
« Une vaste revue stratégique des activités n'est pas la panacée, renchérit Benoît Flamant, directeur d'IT Asset Management. La plupart des réponses sont déjà là. A la nouvelle direction de mobiliser les troupes et de dégager des objectifs et une stratégie clairs. » Le groupe fonde beaucoup d'espoir sur la déréglementation en cours du secteur des télécommunications en Chine, où il est présent via Alcatel Shanghai Bell. La montée en puissance de l'activité de services, très rentable (8 % de marge), représente également une planche de salut non négligeable. Alcatel-Lucent met les bouchées doubles sur cette activité. Evalué à 30 milliards d'euros en 2007, le marché progressera de 6 % par an jusqu'en 2010, selon le groupe.
.












