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Les subprimes ont plombé la croissance mondiale
PAR CLÉMENCE FUGAIN |
JDF HEBDO | 30.08.2008 | Mise à jour : 08H44
L'onde de choc provoquée par la crise des subprimes, ces crédits immobiliers accordés aux ménages américains modestes et peu solvables, ne cesse d'avoir des répercussions. Depuis plus d'un an, l'économie mondiale a été mise à mal par les turbulences financières, par la flambée des cours des matières premières et du pétrole ainsi que par le resserrement des conditions de crédit. Résultat : aucun pays n'échappera au ralentissement de la croissance en 2008 et en 2009.
Il s'agit de la plus grave crise depuis la Grande Dépression des années 1930. Personne ne sait aujourd'hui combien de temps elle durera. En quelques mois, la tempête des subprimes s'est transformée en débâcle financière de grande ampleur. Ce qui apparaissait encore début 2007 comme une crise du crédit immobilier affectant les ménages américains aux revenus modestes, relativement circonscrite, a révélé les faiblesses de nos systèmes financiers. Ces créances immobilières ont été titrisées et leurs risques sous-évalués. Jusqu'au dernier moment, les agences de notation ont noté très positivement des créances qui se sont avérées douteuses. Elles n'ont commencé à dégrader ces produits structurés qu'au printemps 2007, alors que des tensions s'étaient fait ressentir dès la fin 2006. Les défaillances en série des ménages américains ont alors entraîné la faillite de dizaines de prêteurs subprimes.
La crise financière partie des Etats-Unis a asséché l'offre de crédit et laminé les bénéfices de la finance mondiale.
Résultat, alors qu'on les croyait apaisés, les taux du marché interbancaire ont flambé en début d'année, portant un nouveau coup dur à la fluidité des capitaux entre les banques. Ménages et entreprises peinent de plus en plus à emprunter en raison des resserrements drastiques des conditions de crédit.
Mais, au-delà de la sphère financière, la crise s'est propagée à l'ensemble de l'économie mondiale. Au cours de ces douze derniers mois, le FMI et l'OCDE n'ont cessé de revoir à la baisse leur prévision de croissance.
La crise contamine l'économie réelle
Dans un premier temps, les économistes estimaient que seuls les Etats-Unis paieraient un lourd tribut en termes de croissance. Mais l'évolution des indicateurs économiques depuis la fin du premier trimestre montre que toutes les grandes zones économiques internationales seront touchées. Dans son dernier rapport, le FMI prévoit désormais une croissance mondiale de 3,9 % pour cette année, contre 4,1 % précédemment. Le Fonds a maintenu sa prévision de croissance pour les Etats-Unis à 1,3 % cette année. Mais il a revu celle de 2009 de 0,8 % à 0,7 %. Pour la zone euro, la prévision est révisée à la baisse pour les deux années. Elle passe de 1,7 % à 1,4 % pour 2008 et de 1,2 % à 0,9 % pour 2009.
Pendant longtemps, tous les espoirs ont reposé sur les pays émergents et sur leur capacité à soutenir la croissance mondiale. Mais au cours de ces derniers mois la théorie du découplage, selon laquelle le reste du monde pourrait être épargné par le ralentissement de la croissance américaine grâce à l'arrivée de nouvelles locomotives, la Chine et l'Inde en tête, a été mise à mal.
Dans la zone euro, des signaux de décélération sont perceptibles depuis plusieurs mois. Les craintes d'une récession se précisent dans la zone euro. Après une croissance inespérée de 1,7 % au premier trimestre, le PIB a dégringolé. L'économie des Quinze s'est contractée, au deuxième trimestre, pour la première fois de son histoire. Le PIB s'est replié de 0,2 % d'un trimestre sur l'autre. Sur un an, la croissance atteint désormais le faible niveau de 1,5 %.
Flambée des prix des matières premières, renchérissement du coût du crédit, ralentissement du commerce mondial... Les Européens ne sont définitivement pas à la fête. L'inflation ne cesse de crever les plafonds, stimulée par l'augmentation des prix de l'énergie et des matières premières. Elle a atteint 4 % au mois de juillet, soit le double de l'objectif de la BCE.
Le spectre de la récession plane sur la zone euro
Plusieurs poids lourds européens sont touchés. Le repli a été particulièrement marqué en Allemagne (- 0,5 %), en Italie (- 0,3%) et en France (- 0,3 %). En Allemagne, la croissance a connu sa plus mauvaise performance depuis plus de cinq ans, même si le ralentissement est moins marqué que prévu. L'Espagne, quatrième puissance de la zone, a réussi à dégager une faible croissance de 0,1 %, alors que les économistes anticipaient une stagnation. Cela reste toutefois son plus mauvais trimestre depuis la récession de 1993.
Les projections pour le troisième trimestre ne sont guère plus encourageantes. Les indicateurs économiques se sont fortement dégradés ces dernières semaines, avec notamment une chute des ventes au détail et de la confiance dans le secteur des services. Ces derniers, qui représentent les deux tiers de l'économie de la zone, ont vu en juillet leur activité se contracter à un rythme sans précédent depuis cinq ans. De leur côté, les ménages européens restent méfiants après les fortes augmentations des prix de l'énergie et de l'alimentation de ces derniers mois.
Par ailleurs, plusieurs pays européens font face actuellement à d'importantes difficultés sur leur marché immobilier. C'est le cas notamment de l'Espagne, où le BTP constituait jusqu'à présent le principal soutien de l'économie. Mais, depuis un an, le secteur connaît un fort ralentissement. Quant à la Grande-Bretagne, déjà touchée sur son marché de l'immobilier, elle subit actuellement le contrecoup des difficultés de son secteur financier.
Au final, la crise risque d'être plus forte en Europe qu'aux Etats-Unis, qui ont réussi à éviter la récession. Le Japon, jusque-là épargné par la situation américaine, vient de trébucher. Le deuxième trimestre marque la fin de sa résistance économique. Le PIB a accusé un repli de 0,6 % d'un trimestre sur l'autre, selon les données publiées le 13 août par le gouvernement nippon. Certes, ce mauvais chiffre suit un premier trimestre remarquable (+ 0,8 %), mais il marque le début d'une détérioration de l'économie et non un trou d'air passager.
La crise financière partie des Etats-Unis a asséché l'offre de crédit et laminé les bénéfices de la finance mondiale.
» Infographie - Les effets de la crise se ressentent dans les principales économies
Effondrement du système financier outre-Atlantique
La découverte du pot aux roses a déclenché l'été dernier une hausse considérable des besoins bancaires, pour rembourser les obligations émises en contrepartie de ces prêts. Afin d'éviter un assèchement du marché interbancaire, la BCE et la Fed ont procédé à plusieurs injections massives de liquidités. La Réserve fédérale a également baissé ses taux directeurs à plusieurs reprises, pendant que l'institution européenne mettait un frein à ses relèvements de taux. Mais cela s'est avéré insuffisant pour restaurer la confiance entre les banques, ces dernières faisant régulièrement face à de nouvelles réévaluations des pertes. Les plus grandes banques, comme Citigroup, ont été obligées de recourir à des recapitalisations massives. Autre exemple qui a marqué les esprits : le rachat de Bear Stearn en un week-end par JPMorgan. Les banques américaines ont été les premières touchées mais, très rapidement, la contagion s'est étendue aux banques européennes. En Grande-Bretagne, la banque Northern Rock a ainsi été nationalisée.Résultat, alors qu'on les croyait apaisés, les taux du marché interbancaire ont flambé en début d'année, portant un nouveau coup dur à la fluidité des capitaux entre les banques. Ménages et entreprises peinent de plus en plus à emprunter en raison des resserrements drastiques des conditions de crédit.
Mais, au-delà de la sphère financière, la crise s'est propagée à l'ensemble de l'économie mondiale. Au cours de ces douze derniers mois, le FMI et l'OCDE n'ont cessé de revoir à la baisse leur prévision de croissance.
La crise contamine l'économie réelle
Dans un premier temps, les économistes estimaient que seuls les Etats-Unis paieraient un lourd tribut en termes de croissance. Mais l'évolution des indicateurs économiques depuis la fin du premier trimestre montre que toutes les grandes zones économiques internationales seront touchées. Dans son dernier rapport, le FMI prévoit désormais une croissance mondiale de 3,9 % pour cette année, contre 4,1 % précédemment. Le Fonds a maintenu sa prévision de croissance pour les Etats-Unis à 1,3 % cette année. Mais il a revu celle de 2009 de 0,8 % à 0,7 %. Pour la zone euro, la prévision est révisée à la baisse pour les deux années. Elle passe de 1,7 % à 1,4 % pour 2008 et de 1,2 % à 0,9 % pour 2009.
Pendant longtemps, tous les espoirs ont reposé sur les pays émergents et sur leur capacité à soutenir la croissance mondiale. Mais au cours de ces derniers mois la théorie du découplage, selon laquelle le reste du monde pourrait être épargné par le ralentissement de la croissance américaine grâce à l'arrivée de nouvelles locomotives, la Chine et l'Inde en tête, a été mise à mal.
Dans la zone euro, des signaux de décélération sont perceptibles depuis plusieurs mois. Les craintes d'une récession se précisent dans la zone euro. Après une croissance inespérée de 1,7 % au premier trimestre, le PIB a dégringolé. L'économie des Quinze s'est contractée, au deuxième trimestre, pour la première fois de son histoire. Le PIB s'est replié de 0,2 % d'un trimestre sur l'autre. Sur un an, la croissance atteint désormais le faible niveau de 1,5 %.
Flambée des prix des matières premières, renchérissement du coût du crédit, ralentissement du commerce mondial... Les Européens ne sont définitivement pas à la fête. L'inflation ne cesse de crever les plafonds, stimulée par l'augmentation des prix de l'énergie et des matières premières. Elle a atteint 4 % au mois de juillet, soit le double de l'objectif de la BCE.
Le spectre de la récession plane sur la zone euro
Plusieurs poids lourds européens sont touchés. Le repli a été particulièrement marqué en Allemagne (- 0,5 %), en Italie (- 0,3%) et en France (- 0,3 %). En Allemagne, la croissance a connu sa plus mauvaise performance depuis plus de cinq ans, même si le ralentissement est moins marqué que prévu. L'Espagne, quatrième puissance de la zone, a réussi à dégager une faible croissance de 0,1 %, alors que les économistes anticipaient une stagnation. Cela reste toutefois son plus mauvais trimestre depuis la récession de 1993.
Les projections pour le troisième trimestre ne sont guère plus encourageantes. Les indicateurs économiques se sont fortement dégradés ces dernières semaines, avec notamment une chute des ventes au détail et de la confiance dans le secteur des services. Ces derniers, qui représentent les deux tiers de l'économie de la zone, ont vu en juillet leur activité se contracter à un rythme sans précédent depuis cinq ans. De leur côté, les ménages européens restent méfiants après les fortes augmentations des prix de l'énergie et de l'alimentation de ces derniers mois.
Par ailleurs, plusieurs pays européens font face actuellement à d'importantes difficultés sur leur marché immobilier. C'est le cas notamment de l'Espagne, où le BTP constituait jusqu'à présent le principal soutien de l'économie. Mais, depuis un an, le secteur connaît un fort ralentissement. Quant à la Grande-Bretagne, déjà touchée sur son marché de l'immobilier, elle subit actuellement le contrecoup des difficultés de son secteur financier.
Au final, la crise risque d'être plus forte en Europe qu'aux Etats-Unis, qui ont réussi à éviter la récession. Le Japon, jusque-là épargné par la situation américaine, vient de trébucher. Le deuxième trimestre marque la fin de sa résistance économique. Le PIB a accusé un repli de 0,6 % d'un trimestre sur l'autre, selon les données publiées le 13 août par le gouvernement nippon. Certes, ce mauvais chiffre suit un premier trimestre remarquable (+ 0,8 %), mais il marque le début d'une détérioration de l'économie et non un trou d'air passager.
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