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Le coût de la crise financière oscillera entre 1.000 et 2.000 milliards de dollars
Malgré le soutien actif des autorités réglementaires et des banques centrales, les établissements financiers s'enfoncent dans la crise
PAR ANNE DE GUIGNÉ |
JDF HEBDO | 30.08.2008 | Mise à jour : 09H24
Selon l'économiste de la New York University Nouriel Roubini, la facture de la crise financière s'élèvera à 2.000 milliards de dollars pour l'ensemble des établissements financiers : banques, assureurs, fonds... Le FMI table sur un montant deux fois moins élevé. Dans le monde, les banques ont déjà déprécié pour plus de 500 milliards de dollars d'actifs. Et le bilan devrait encore s'alourdir.
La crise financière entre dans une deuxième phase. Le brutal dégonflement de la bulle spéculative a mis à nu les faiblesses du secteur. Le consensus des analystes table sur un rebond tardif, début 2010. D'ici là, tous les grands acteurs ne survivront pas. Les banquiers centraux réunis à Jackson Hole, aux Etats-Unis, le week-end du 23-24 août ont dû constater la prolongation de la crise.
Deuxième crise de crédit pour les banques américaines
Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine, a dévoilé son plan de réforme de la supervision du système financier. Mais, pour qu'ils soient efficaces, les efforts de restructuration doivent venir des établissements eux-mêmes. Et il leur faudra du temps pour trouver des réponses à la hauteur des risques de crédit et de liquidité qui continuent de les menacer. Face à la conjoncture macroéconomique difficile, seuls les établissements les plus clairvoyants pourront préserver leur rentabilité.
Les « subprimes », ces prêts hypothécaires risqués, appartiennent déjà au passé. Les banques ont toutes largement provisionné leur exposition à ce risque. Aujourd'hui, ce sont les crédits immobiliers réputés sûrs, les « primes », les encours des cartes de crédit et les prêts automobiles qui pèsent sur les bilans des banques. Le nouveau feuilleton des obligations à enchères, les « ARS », a renforcé les sentiments d'incertitude des investisseurs.
« Jamais le marché immobilier américain n'a été soumis à une telle pression depuis les années 1930 », affirme Rodrigo Quintanilla, analyste en chef pour les banques nord-américaines de Standard & Poor's (S&P). Battus en brèche par la crise qu'ils traversent, les acteurs de l'immobilier peinent à se projeter dans l'avenir. D'autant plus que le cadre réglementaire du secteur devrait être profondément modifié dans les prochains mois. Malgré les plans du Trésor américain, le sort des deux agences de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac reste incertain. Les agences font ainsi peser une très grave menace sur l'ensemble de la sphère financière.
Pour l'instant, les banques européennes sont moins pénalisées en Bourse que leurs homologues américaines, leur exposition aux actifs à risques restant plus mesurée.
En revanche, la crise de liquidité n'épargne personne. Le marché interbancaire ne fonctionne plus depuis un an. En Europe, la décorrélation entre les taux Eonia (taux au jour le jour du marché monétaire européen) et Euribor (moyenne des taux offerts sur le marché bancaire européen) en est un bon indicateur. « Il s'agit plus d'un problème d'affectation de la liquidité que d'un problème de quantité de la liquidité », note toutefois Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel.
Selon les analystes de S&P, le secteur financier affichera des pertes annuelles de 265 milliards de dollars jusqu'en 2010, contre 30 milliards en période régulière. Quelques acteurs concentreront l'essentiel de ces pertes.
Deuxième crise de crédit pour les banques américaines
Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine, a dévoilé son plan de réforme de la supervision du système financier. Mais, pour qu'ils soient efficaces, les efforts de restructuration doivent venir des établissements eux-mêmes. Et il leur faudra du temps pour trouver des réponses à la hauteur des risques de crédit et de liquidité qui continuent de les menacer. Face à la conjoncture macroéconomique difficile, seuls les établissements les plus clairvoyants pourront préserver leur rentabilité.
Les « subprimes », ces prêts hypothécaires risqués, appartiennent déjà au passé. Les banques ont toutes largement provisionné leur exposition à ce risque. Aujourd'hui, ce sont les crédits immobiliers réputés sûrs, les « primes », les encours des cartes de crédit et les prêts automobiles qui pèsent sur les bilans des banques. Le nouveau feuilleton des obligations à enchères, les « ARS », a renforcé les sentiments d'incertitude des investisseurs.
« Jamais le marché immobilier américain n'a été soumis à une telle pression depuis les années 1930 », affirme Rodrigo Quintanilla, analyste en chef pour les banques nord-américaines de Standard & Poor's (S&P). Battus en brèche par la crise qu'ils traversent, les acteurs de l'immobilier peinent à se projeter dans l'avenir. D'autant plus que le cadre réglementaire du secteur devrait être profondément modifié dans les prochains mois. Malgré les plans du Trésor américain, le sort des deux agences de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac reste incertain. Les agences font ainsi peser une très grave menace sur l'ensemble de la sphère financière.
Pour l'instant, les banques européennes sont moins pénalisées en Bourse que leurs homologues américaines, leur exposition aux actifs à risques restant plus mesurée.
En revanche, la crise de liquidité n'épargne personne. Le marché interbancaire ne fonctionne plus depuis un an. En Europe, la décorrélation entre les taux Eonia (taux au jour le jour du marché monétaire européen) et Euribor (moyenne des taux offerts sur le marché bancaire européen) en est un bon indicateur. « Il s'agit plus d'un problème d'affectation de la liquidité que d'un problème de quantité de la liquidité », note toutefois Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel.
Selon les analystes de S&P, le secteur financier affichera des pertes annuelles de 265 milliards de dollars jusqu'en 2010, contre 30 milliards en période régulière. Quelques acteurs concentreront l'essentiel de ces pertes.
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