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Pour les banques, il y a un avant et un après Lehman Brothers

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Depuis l'intervention des banques centrales la situation s'est détendue

Depuis l'intervention des banques centrales la situation s'est détendue

A.H. | JDF HEBDO | 12.09.2009 | Mise à jour : 19H52
« Funeste décision » que de laisser tomber Lehman Brothers... Dominique Ferrero, alors encore directeur général de Natixis, avait laissé échapper cette phrase lors de la présentation des résultats annuels 2008. Tous les banquiers ont sans doute pensé la même chose tant la faillite de cet établissement américain a bousculé le monde bancaire.
Depuis quelques mois déjà, bien avant le 15 septembre, la confiance dans les banques et entre les banques avait pris un sérieux coup. Quelques opérations de sauvetage emblématiques - celle du spécialiste du financement immobilier Northern Rock en Grande-Bretagne et celle de la banque d'investissement Bear Stearns aux Etats-Unis - avaient eu lieu. Les craintes se focalisent alors sur ces portefeuilles de produits titrisés dont la composition est inconnue car elle n'est pas publiée au bilan.
Avec la disparition de Lehman, le risque de contrepartie refait subitement surface. Les banques affinent leurs stress tests et provisionnent des montants considérables pour couvrir la hausse du coût du risque. BNP Paribas signalait « une hausse sévère » dans ses résultats annuels : au quatrième trimestre 2008, le coût du risque a augmenté de 1,8 milliard d'euros par rapport à la même période en 2007.
Cette hausse n'est pas uniquement une conséquence directe de la chute de la banque américaine ; les mauvaises nouvelles se sont accumulées pendant l'été et l'automne 2008. La fraude Madoff et la mauvaise santé des assureurs monolines (assurant des titres de dettes) ont également pesé sur les comptes des banques françaises.
Etant le plus lié aux marchés financiers, le métier le plus touché est évidemment celui de la banque de financement et d'investissement. Les résultats du quatrième trimestre 2008 de cette branche sont écrits en rouge chez toutes les grandes banques mondiales - même BNP Paribas et Goldman Sachs, qui avaient jusqu'alors réussi à rester dans le vert. Les performances sont toutefois extrêmement « contrastées » dans la banque d'investissement de la Société Générale comme ailleurs. Certaines branches d'activité sont plus sensibles que d'autres à l'extrême volatilité des marchés.
Les banques françaises décident toutes d'adapter leur banque d'investissement pour se focaliser sur des produits plus simples et moins risqués. Natixis et Crédit Agricole sont parmi les premières à décider d'une réorganisation, alors que BNP Paribas et Société Générale s'adaptent en fin d'année. Des mesures qui, aujourd'hui, comment à porter leurs fruits.
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