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Le nouveau groupe GDF-Suez prendra (enfin) son envol vers la mi-juillet
Après l'avis, certes négatif, du CCE du groupe gazier, plus aucun obstacle ne s'oppose au rapprochement entre Gaz de France et Suez
PAR CHRISTOPHE SOUBIRAN |
JDF HEBDO | 31.05.2008 | Mise à jour : 19H45
Le rapprochement entre Suez et Gaz de France semble enfin sur la bonne voie, même s'il reste encore des étapes à franchir. Le nouvel ensemble devrait voir officiellement le jour vers la mi-juillet, soit près de vingt-neuf mois après l'annonce du mariage. La Bourse, de son côté, l'a déjà célébré depuis longtemps.
Quelle est l'étape franchie cette semaine laissant présager que la fusion est sur la bonne voie ?
Après bien des atermoiements, le comité central d'entreprise (CCE) de Gaz de France a enfin rendu son avis sur le projet de fusion entre les deux groupes. Il était attendu depuis des mois, et il marque la fin de la période de consultation des instances représentatives du personnel.
Opposants farouches au rapprochement, les syndicats du groupe gazier ont mené une politique d'obstruction systématique pour repousser l'échéance. Ils ont même tenté un dernier baroud d'honneur la semaine dernière en assignant en référé le groupe gazier afin de reporter la tenue de la réunion du CCE. En vain. La justice leur a finalement donné tort.
Le CCE s'est donc réuni le lundi 26 mai, et, sans surprise, a rendu un avis négatif sur le rapprochement. Cette position n'aura aucune incidence sur la suite de l'opération, dans la mesure où cet avis, bien qu'obligatoire, n'a qu'une valeur consultative.
Quelle est l'étape suivante ?
Les conseils d'administration des deux futurs partenaires doivent désormais avaliser le traité de fusion (gouvernance du nouveau groupe, organisation...). Ils se réuniront le 4 juin. Le document sera ensuite transmis à l'AMF pour approbation. Ce qui ne constituera qu'une formalité.
Quand seront réunies les assemblées générales extraordinaires des deux groupes ?
Aucune date n'a encore été communiquée, mais les assemblées générales extraordinaires des deux protagonistes devraient être convoquées toutes les deux le même jour, vers la mi-juillet. Les actionnaires seront alors amenés à se prononcer sur le projet de rapprochement. Le suspense est faible quant à l'issue des votes, mais, si l'on en juge par les réactions des actionnaires de Suez lors de l'assemblée générale annuelle du groupe, des voix discordantes devraient néanmoins se faire entendre dans la salle. Les principaux reproches portent sur la scission de Suez Environnement et sur la future ingérence de l'Etat français dans la stratégie du nouvel ensemble. Mais si tout se déroule sans anicroche, comme c'est probable, le nouveau groupe verra enfin le jour.
Comment ont réagi les marchés à cette nouvelle ?
Depuis des mois, les investisseurs anticipent que la fusion aura bel et bien lieu. L'attestent les cours de Bourse des deux protagonistes de l'affaire, qui se traitent à leurs plus hauts niveaux historiques.
D'aucuns font remarquer que les programmes de rachat d'actions mis en place par les deux groupes ont permis de soutenir de manière artificielle les titres. Plus sûrement, la constitution d'un géant de l'énergie, dans un marché en panne d'idées et en proie à une forte volatilité, constituait une des rares opportunités d'investissement du moment.
Quoi qu'il en soit, les groupes se portent bien sur le plan tant opérationnel que financier. Les résultats enregistrés l'an dernier sont là pour en témoigner. Et tous deux, durant cette longue période d'in-certitude, ont fait preuve d'un beau dynamisme en matière de développement. Enfin, la fusion a du sens sur le plan industriel. Elle constitue une excellente réponse aux grands enjeux du secteur de l'énergie.
L'enquête de la Commission européenne au sujet de Gaz de France peut-elle avoir un impact sur la fusion ?
Peu probable. Bruxelles a décidé la semaine dernière d'ouvrir une enquête à l'encontre du groupe gazier sous le motif d'abus de position dominante. Une décision surprenante, dans la mesure où aucune plainte n'a été déposée.
La plupart des experts l'interprètent comme un moyen pour la Commission d'affaiblir la position du groupe gazier alors même que des discussions ont lieu concernant la séparation patrimoniale entre les activités de transport et celles de production de gaz et d'électricité des grands groupes énergétiques intégrés.
Un démantèlement au-quel Gaz de France et le gouvernement français sont fermement opposés, à l'instar de l'Allemagne et de six autres Etats membres.
Ce projet de directive, qui doit être discuté en Conseil des ministres le 6 juin, a de fait peu de chances d'aboutir en l'état.
Où en sont les cessions exigées par Bruxelles ?
Elles sont presque conclues. Suez va vendre au groupe pétrolier ENI sa participation de 57,25 % dans le capital de Distrigaz, le pendant belge de Gaz de France, pour un montant de 2,7 milliards d'euros.
En échange, le groupe transalpin lui cède la concession du réseau de distribution de gaz naturel de la ville de Rome (Romana Gas), des contrats d'approvisionnement en gaz en Italie et en Allemagne, des capacités de production d'électricité en Italie (1.100 MW pendant vingt ans) et des intérêts dans des champs gaziers en mer du Nord britannique, dans le golfe du Mexique, en Egypte et en Indonésie.
De son côté, après la vente de ses réseaux de chaleur (Cofathec Coriance), Gaz de France discuterait avec EDF pour lui céder sa participation de 25,5 % dans SPE, le deuxième électricien belge.
Après bien des atermoiements, le comité central d'entreprise (CCE) de Gaz de France a enfin rendu son avis sur le projet de fusion entre les deux groupes. Il était attendu depuis des mois, et il marque la fin de la période de consultation des instances représentatives du personnel.
Opposants farouches au rapprochement, les syndicats du groupe gazier ont mené une politique d'obstruction systématique pour repousser l'échéance. Ils ont même tenté un dernier baroud d'honneur la semaine dernière en assignant en référé le groupe gazier afin de reporter la tenue de la réunion du CCE. En vain. La justice leur a finalement donné tort.
Le CCE s'est donc réuni le lundi 26 mai, et, sans surprise, a rendu un avis négatif sur le rapprochement. Cette position n'aura aucune incidence sur la suite de l'opération, dans la mesure où cet avis, bien qu'obligatoire, n'a qu'une valeur consultative.
Quelle est l'étape suivante ?
Les conseils d'administration des deux futurs partenaires doivent désormais avaliser le traité de fusion (gouvernance du nouveau groupe, organisation...). Ils se réuniront le 4 juin. Le document sera ensuite transmis à l'AMF pour approbation. Ce qui ne constituera qu'une formalité.
Quand seront réunies les assemblées générales extraordinaires des deux groupes ?
Aucune date n'a encore été communiquée, mais les assemblées générales extraordinaires des deux protagonistes devraient être convoquées toutes les deux le même jour, vers la mi-juillet. Les actionnaires seront alors amenés à se prononcer sur le projet de rapprochement. Le suspense est faible quant à l'issue des votes, mais, si l'on en juge par les réactions des actionnaires de Suez lors de l'assemblée générale annuelle du groupe, des voix discordantes devraient néanmoins se faire entendre dans la salle. Les principaux reproches portent sur la scission de Suez Environnement et sur la future ingérence de l'Etat français dans la stratégie du nouvel ensemble. Mais si tout se déroule sans anicroche, comme c'est probable, le nouveau groupe verra enfin le jour.
Comment ont réagi les marchés à cette nouvelle ?
Depuis des mois, les investisseurs anticipent que la fusion aura bel et bien lieu. L'attestent les cours de Bourse des deux protagonistes de l'affaire, qui se traitent à leurs plus hauts niveaux historiques.
D'aucuns font remarquer que les programmes de rachat d'actions mis en place par les deux groupes ont permis de soutenir de manière artificielle les titres. Plus sûrement, la constitution d'un géant de l'énergie, dans un marché en panne d'idées et en proie à une forte volatilité, constituait une des rares opportunités d'investissement du moment.
Quoi qu'il en soit, les groupes se portent bien sur le plan tant opérationnel que financier. Les résultats enregistrés l'an dernier sont là pour en témoigner. Et tous deux, durant cette longue période d'in-certitude, ont fait preuve d'un beau dynamisme en matière de développement. Enfin, la fusion a du sens sur le plan industriel. Elle constitue une excellente réponse aux grands enjeux du secteur de l'énergie.
L'enquête de la Commission européenne au sujet de Gaz de France peut-elle avoir un impact sur la fusion ?
Peu probable. Bruxelles a décidé la semaine dernière d'ouvrir une enquête à l'encontre du groupe gazier sous le motif d'abus de position dominante. Une décision surprenante, dans la mesure où aucune plainte n'a été déposée.
La plupart des experts l'interprètent comme un moyen pour la Commission d'affaiblir la position du groupe gazier alors même que des discussions ont lieu concernant la séparation patrimoniale entre les activités de transport et celles de production de gaz et d'électricité des grands groupes énergétiques intégrés.
Un démantèlement au-quel Gaz de France et le gouvernement français sont fermement opposés, à l'instar de l'Allemagne et de six autres Etats membres.
Ce projet de directive, qui doit être discuté en Conseil des ministres le 6 juin, a de fait peu de chances d'aboutir en l'état.
Où en sont les cessions exigées par Bruxelles ?
Elles sont presque conclues. Suez va vendre au groupe pétrolier ENI sa participation de 57,25 % dans le capital de Distrigaz, le pendant belge de Gaz de France, pour un montant de 2,7 milliards d'euros.
En échange, le groupe transalpin lui cède la concession du réseau de distribution de gaz naturel de la ville de Rome (Romana Gas), des contrats d'approvisionnement en gaz en Italie et en Allemagne, des capacités de production d'électricité en Italie (1.100 MW pendant vingt ans) et des intérêts dans des champs gaziers en mer du Nord britannique, dans le golfe du Mexique, en Egypte et en Indonésie.
De son côté, après la vente de ses réseaux de chaleur (Cofathec Coriance), Gaz de France discuterait avec EDF pour lui céder sa participation de 25,5 % dans SPE, le deuxième électricien belge.
NOTRE CONSEIL
Les cours de Bourse des deux groupes intègrent déjà en grande partie les perspectives attendues de la fusion. Nous recommandons, dans ce contexte, de prendre partiel- lement des bénéfices sur Suez (code : SZE, Comp. A, SRD) vers 48 euros, et sur Gaz de France (GAZ, Comp. A, SRD) au-dessus de 44 euros.
Les cours de Bourse des deux groupes intègrent déjà en grande partie les perspectives attendues de la fusion. Nous recommandons, dans ce contexte, de prendre partiel- lement des bénéfices sur Suez (code : SZE, Comp. A, SRD) vers 48 euros, et sur Gaz de France (GAZ, Comp. A, SRD) au-dessus de 44 euros.
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