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Après une année 2007 exceptionnelle, les opérations de fusion-acquisition ont chuté de 31 % l'an dernier. Les craintes sur l'économie et le difficile accès au crédit empêcheront une reprise significative des transactions sur 2009.
Les grandes manoeuvres font leur retour, mais le phénomène reste limité
La Bourse est de nouveau le théâtre de larges opérations de fusion-acquisition, mais le nombre de transactions reste encore faible
JÉRÔME MARMET |
JDF HEBDO | 09.05.2009 | Mise à jour : 16H51
Fiat-Chrysler, Pfizer-Wyeth ou encore EDF-Constellation Energy Group... Les rapprochements entre entreprises qui se multiplient ces derniers temps augurent-ils le retour des fusions-acquisitions ?
« Ce sont surtout quelques méga-deals (opérations d'un montant supérieur à 10 milliards de dollars) qui ont animé le marché des fusions-acquisitions sur les trois premiers mois, confie Noël Albertus, président de PricewaterHouse Coopers Corporate Finance. On ne peut pas parler de véritable reprise car le nombre de transactions reste encore très limité. »
Des opportunités à saisir sur la base d'actifs dépréciés
Si, en 2008, onze grosses opérations ont représenté plus de 250 milliards de dollars, les apparences sont trompeuses. Le montant des fusions-acquisitions dans le monde a diminué, et il reste sur les trois premiers mois (444 milliards de dollars) inférieur de 33 % à celui engrangé au cours du premier trimestre 2008. Et, compte tenu des incertitudes sur l'économie mondiale, des turbulences boursières et la quasi-paralysie des marchés du crédit, le marché des fusions-acquisitions ne repartira véritablement au mieux qu'en fin d'année. D'ici là, le point bas pourrait être touché au deuxième trimestre, selon le cabinet d'étude KPMG.
Le recul des fusions-acquisitions remonte au début de la crise des subprimes à l'été 2007. Au fil des mois, les rachats d'entreprise avec effet de levier (LBO), qui s'étaient généralisés entre 2005 et 2007, ont totalement disparu. Ils risquent d'être durablement affectés en raison d'un accès au crédit plus difficile, les banques ne s'engageant que sur des montages financiers peu risqués. L'an dernier, plus de 1.200 transactions ont ainsi été repoussés : un record.
L'aspect positif est qu'avec la crise les niveaux de valorisation n'ont jamais été aussi attrayants. Fin 2008, la valorisation moyenne des transactions est tombée à son plus bas niveau depuis 2004 : 8,7 fois l'excédent brut d'exploitation, contre un multiple de 13 fois en 2006. D'où des opportunités à saisir pour les groupes ayant un bilan sain. Quelques grandes entreprises se sont endettées pour réaliser des acquisitions d'envergure qui présentaient un intérêt stratégique, comme Lafarge avec Orascom.
« Crise ou pas crise, les tendances lourdes qui structurent la dynamique des opérations de fusion- acquisition perdurent dans des secteurs comme la pharmacie ou les technologies de l'information », note Mohamed Gouali, ancien banquier et auteur du livre intitulé Fusions-acquisitions, les trois règles du succès. Parmi les facteurs propices aux fusions figurent la course à la taille dans des secteurs très capitalistiques et relativement épargnés par la crise (santé, énergie...) mais aussi les restructurations dans les domaines d'activité en difficulté (automobile, banques), et qui devraient se traduire par des cessions d'actifs. Selon les professionnels, ces dernières opérations seront de taille limitée, comprises entre 500 millions et 1 milliard d'euros.
« Il va y avoir un flux d'affaires à saisir, prédit Noël Albertus. Les opérations de désendettement et de restructuration vont amener certaines entreprises et fonds d'investissement en quête de liquidités à vendre des actifs. »
Côté prédateur, outre les opérations entre industriels, les fonds souverains des pays émergents qui ont d'importantes réserves de liquidités devraient jouer un rôle accru.
« Ce sont surtout quelques méga-deals (opérations d'un montant supérieur à 10 milliards de dollars) qui ont animé le marché des fusions-acquisitions sur les trois premiers mois, confie Noël Albertus, président de PricewaterHouse Coopers Corporate Finance. On ne peut pas parler de véritable reprise car le nombre de transactions reste encore très limité. »
Des opportunités à saisir sur la base d'actifs dépréciés
Si, en 2008, onze grosses opérations ont représenté plus de 250 milliards de dollars, les apparences sont trompeuses. Le montant des fusions-acquisitions dans le monde a diminué, et il reste sur les trois premiers mois (444 milliards de dollars) inférieur de 33 % à celui engrangé au cours du premier trimestre 2008. Et, compte tenu des incertitudes sur l'économie mondiale, des turbulences boursières et la quasi-paralysie des marchés du crédit, le marché des fusions-acquisitions ne repartira véritablement au mieux qu'en fin d'année. D'ici là, le point bas pourrait être touché au deuxième trimestre, selon le cabinet d'étude KPMG.
Le recul des fusions-acquisitions remonte au début de la crise des subprimes à l'été 2007. Au fil des mois, les rachats d'entreprise avec effet de levier (LBO), qui s'étaient généralisés entre 2005 et 2007, ont totalement disparu. Ils risquent d'être durablement affectés en raison d'un accès au crédit plus difficile, les banques ne s'engageant que sur des montages financiers peu risqués. L'an dernier, plus de 1.200 transactions ont ainsi été repoussés : un record.
L'aspect positif est qu'avec la crise les niveaux de valorisation n'ont jamais été aussi attrayants. Fin 2008, la valorisation moyenne des transactions est tombée à son plus bas niveau depuis 2004 : 8,7 fois l'excédent brut d'exploitation, contre un multiple de 13 fois en 2006. D'où des opportunités à saisir pour les groupes ayant un bilan sain. Quelques grandes entreprises se sont endettées pour réaliser des acquisitions d'envergure qui présentaient un intérêt stratégique, comme Lafarge avec Orascom.
« Crise ou pas crise, les tendances lourdes qui structurent la dynamique des opérations de fusion- acquisition perdurent dans des secteurs comme la pharmacie ou les technologies de l'information », note Mohamed Gouali, ancien banquier et auteur du livre intitulé Fusions-acquisitions, les trois règles du succès. Parmi les facteurs propices aux fusions figurent la course à la taille dans des secteurs très capitalistiques et relativement épargnés par la crise (santé, énergie...) mais aussi les restructurations dans les domaines d'activité en difficulté (automobile, banques), et qui devraient se traduire par des cessions d'actifs. Selon les professionnels, ces dernières opérations seront de taille limitée, comprises entre 500 millions et 1 milliard d'euros.
« Il va y avoir un flux d'affaires à saisir, prédit Noël Albertus. Les opérations de désendettement et de restructuration vont amener certaines entreprises et fonds d'investissement en quête de liquidités à vendre des actifs. »
Côté prédateur, outre les opérations entre industriels, les fonds souverains des pays émergents qui ont d'importantes réserves de liquidités devraient jouer un rôle accru.
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