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Le Crédit Agricole continue, avec raison, à miser sur la banque de détail

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La banque s'apprête à changer de direction. La stratégie du nouveau duo de tête sera dans la lignée de celle mise en place depuis dix-huit mois
ANNELOT HUIJGEN | JDF HEBDO | 14.11.2009 | Mise à jour : 20H44
Le remplacement du duo de tête de Crédit Agricole SA (Casa) - son président René Carron et son directeur général Georges Pauget - en début d'année prochaine ne sera pas réellement une révolution. Car cette révolution a déjà eu lieu, il y a dix-huit mois, lorsque la direction, sous la pression des caisses régionales, a décidé d'arrêter les acquisitions à l'étranger, de recentrer la banque de financement et d'investissement et de réduire les coûts. Une stratégie qui se révèle aujourd'hui payante (lire ci-dessus) et ne sera pas remise en cause.
Comment la banque a-t-elle évolué sous la direction de Georges Pauget ?
« J'ai accompli ma part du travail », a déclaré cette semaine Georges Pauget pour justifier son départ quelque peu prématuré. Il cédera, au premier mars 2010, sa place à Jean-Paul Chifflet, l'actuel secrétaire général de la Fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA). L'organe de représentation des caisses régionales est le premier actionnaire du groupe coté à travers la SAS Rue La Boétie (55,2 %). C'est la première fois depuis 1993 que ce type de transfert a lieu.
Georges Pauget est certes aussi un homme du réseau, depuis 1973, mais il n'est pas passé par la case FNCA : il était directeur général délégué chargé du pôle de la banque de détail en France au moment de sa nomination, en septembre 2005.
Cet artisan de l'intégration de LCL (dont il est directeur général depuis décembre 2003 et président depuis novembre 2005) s'est attelé à intégrer les différentes filiales du groupe, suivant tout particulièrement la banque de financement et d'investissement Calyon, qu'il préside depuis mai 2007.
Mais sa mission principale a été de mener à bien l'expansion à l'international de la banque, depuis longtemps déjà leader sur son marché domestique. Le Crédit Agricole s'implante en 2006 et 2007 dans de nombreux pays (voir illustration), avec des « succès réels comme la Pologne et l'Italie », estime Georges Pauget, jusqu'à ce qu'il mette fin aux acquisitions au printemps 2008.
Quelles seront les grandes lignes de la stratégie du nouveau directeur général ?
Jean-Paul Chifflet, vice-président du conseil d'administration de Casa depuis janvier 2007, était l'un de ceux qui avaient appuyé sur le frein. Avec le président de la FNCA, Jean-Marie Sander - qui remplacera René Carron en tant que président de Casa en mai prochain -, il a imposé à l'organe coté la vision des caisses régionales : un recentrage sur la banque de détail, où chaque centime gagné en est un et où le sens du long terme prévaut. Une vision clairement aux antipodes de l'univers des salles de marché de Calyon. Les dépréciations de produits toxiques dans cette filiale ont conduit le groupe à procéder en juin 2008 à une augmentation de capital de 5,9 milliards d'euros. La moitié du montant avait été apportée, à contrecoeur, par les caisses régionales. Pour ces dernières, le cas de la filiale grecque Emporiki constitue un autre grief : elle a enregistré une perte de 500 millions d'euros en 2008 et a perdu 843 millions d'euros depuis début 2009.
Mener à bien le plan de restructuration d'Emporiki ne sera que l'une des tâches de Jean-Paul Chifflet. L'actuel patron du Crédit Agricole Centre-Est continuera à peaufiner le nouveau modèle de la banque, fondé sur « une banque de proximité puissante développant tous les métiers de la banque et de l'assurance. Avec une banque de financement et d'investissement redimensionnée, ancrée dans l'économie réelle, au service du groupe et de ses clients », comme René Carron l'avait formulé fin août dernier.
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