Les actions restent un excellent placement à moyen terme
La pierre et les obligations rapportent peu. Leurs perspectives de gains sont limitées
Face au climat d'inquiétude qui règne actuellement sur les marchés, de nombreux lecteurs se demandent où il est aujourd'hui possible de placer son argent dans les meilleures conditions ? La question est abrupte, mais elle a l'avantage d'être claire. S'il s'agit d'un placement à court terme, il ne fait aucun doute que les Sicav monétaires, qui offrent un rendement proche de 4 %, et le Livret A, dont le taux pourraît être porté à 3,5 ou 3,75 %, sont de loin les solutions les plus adaptées. Pour les placements à plus long terme, nous avons la conviction que les actions sont un excellent placement, notamment par rapport à l'immobilier ou les obligations.
Si l'immobilier constitue non sans raison la pierre angulaire de la constitution d'un patrimoine diversifié, il n'est pas du tout certain que ce soit le meilleur moment de s'y intéresser aujourd'hui. Nous sortons de sept années de hausse ininterrompue des prix (+ 90 % en France pour les logements anciens), alors que dans le même temps les loyers ont progressé de seulement 30 %. Résultat : les rendements locatifs ne cessent de se dégrader. Est-il en effet raisonnable de se contenter de rendements annuels limités à 3,2 % en région parisienne dans le cadre d'un programme Robien par exemple, lorsque les emprunts d'Etat rapportent autour de 4 % sur dix ans ?
Mais ce n'est pas parce que les obligations rapportent un peu plus que l'immobilier qu'il faut y consacrer un part trop importante de ses placements. 15 % suffisent amplement à diversifier un portefeuille. Notre principale réserve tient à la faible rémunération qu'offrent les obligations d'Etat par rapport au taux d'inflation qui atteint aujourd'hui 3 % dans la zone euro.
Les spécialistes obligataires refusent de prendre au sérieux la menace inflationniste sous prétexte qu'elle est alimentée par la hausse des prix des matières premières et non par l'engrenage classique à la hausse des salaires. Si d'aventure un tel phénomène se mettait en marche, nul doute que nous assisterions à une forte hausse des rendements obligataires et à une dévalorisation rapide de la totalité des emprunts d'Etat en circulation.
A la différence de 2000, il n'y a pas de bulle sur les actions
Reste les actions, qui cristallisent aujourd'hui toutes les inquiétudes. Celles-ci sont liées aux risques de récession aux Etats-Unis, au niveau jugé trop élevé des marges des entreprises et aux craintes inflationnistes qui, si elles se concrétisaient, causeraient des dégâts considérables sur la cote.
Autant de sujets de préoccupations qui expliquent l'extrême volatilité des cours. En dépit de ces risques, nous pensons qu'une proportion d'actions représentant au moins 55 % de vos placements constitue une répartition optimale dans les conditions actuelles de marché.
Premier élément en faveur des actions : leur faible niveau de valorisation. A la différence du début des années 2000, il n'existe en effet aucun bulle sur les actions, ni du côté de la valorisation de leurs actifs ni du côté des multiples de capitalisation qui se situent autour de 13 fois les profits attendus en 2008 pour les valeurs du CAC 40. A ce niveau, la cote est tout à fait capable de résister à une révision en baisse des perspectives bénéficiaires en 2008 et en 2009 qui paraît d'ailleurs déjà largement anticipée par le marché.
Deuxième élément à prendre en compte : une entrée en récession des Etats-Unis n'est pas le scénario le plus probable. Si celui-ci devait se concrétiser l'an prochain, les niveaux de valorisation actuels devraient, là aussi, permettre au marché de traverser sans grands dommages, un ou deux trimestres de croissance négative.
Enfin, si l'inflation devait réellement pointer son nez, il est évident que la cote en souffrirait. L'expérience montre toutefois qu'une stratégie de gestion de portefeuille très sélective, axée sur des valeurs défensives, et les producteurs de matières premières offrant de bons rendements, résisterait mieux qu'un portefeuille obligataire totalement exposé à l'érosion du coup de la vie.
La capacité de résistance d'un tel portefeuille se trouverait en outre renforcée en consacrant au moins 15 % de l'actif à l'or et aux valeurs aurifères.











