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La Bourse de Paris devrait bénéficier de plusieurs facteurs de soutien en 2008

JDF HEBDO | 08.12.2007 | Mise à jour : 11H09

Valorisations raisonnables, rendements élevés, liquidités abondantes : le marché parisien réunit un grand nombre d'éléments favorables

Grâce à l'envolée des prix du pétrole et des matières premières, et à leurs exportations massives de produits manufacturés, les pays émergents disposent de liquidités gigantesques. Les fonds souverains devraient donc accroître leurs intervenants sur les marchés boursiers.

Le principal soutien des marchés boursiers pourrait venir l'an prochain des fonds souverains, ces structures financières publiques chargées de faire fructifier une partie des réserves de change de certains Etats (essentiellement des pays pétroliers), mais aussi des grands groupes industriels des pays émergents.

Depuis quelques mois, ils font en effet preuve d'un activisme croissant. La prise de participation du fonds souverain de l'émirat d'Abu Dhabi (Adia) dans le capital de la banque américaine Citigroup, le rachat de 20 % de la Bourse de Londres par la Qatar Investment Authority ou encore l'acquisition de 25 % du numéro trois de la distribution britannique Sainsbury par le qatari Delta Two en attestent. Et il ne s'agit là que d'exemples parmi d'autres.

Les opérations de ce type devraient se multiplier au cours des prochains mois. La force de frappe des fonds souverains est gigantesque, même si les estimations varient d'un institut de prévisions à un autre. Ainsi, selon l'OCDE, ces structures géreraient des actifs dont le montant oscillerait entre 1.500 et 2.500 milliards de dollars, tandis que la banque Morgan Stanley les estime de son côté à 2.830 milliards.

Et cette manne financière ne va pas cesser de gonfler, portée par la flambée des prix des matières premières et du pétrole, ainsi que par la croissance des excédents commerciaux de ces pays. Elle pourrait atteindre, toujours selon Morgan Stanley, 12.000 milliards de dollars en 2015.

Or, si ces fonds ont longtemps privilégié les emprunts d'Etat (bons du Trésor américain ou obligations des pays européens) pour placer leurs réserves, leur stratégie se porte désormais ouvertement sur les actions. Dans une étude récente, la société de Bourse Cheuvreux a établi une liste de valeurs européennes qui pourraient les intéresser. On retrouve parmi les cibles potentielles des sociétés comme France Télécom, Publicis, Sanofi ou encore Philips et Unilever.

L'arrivée de ces flux ne devrait pas constituer le seul moteur pour les marchés en 2008. Des grands groupes publics ou privés des pays émergents pourraient aussi jeter leur dévolu sur nos champions nationaux. Le cas de Gazprom est à ce titre assez emblématique. On prête régulièrement au géant gazier russe des vues sur Vallourec, E.ON ou encore Centrica. Dans la même veine, n'a-t-on pas évoqué cette semaine - avant que les principaux intéressés ne démentent - l'intention des sidérurgistes chinois (Baosteel en tête) de mettre sur la table 200 milliards de dollars pour prendre le contrôle de Rio Tinto ? A n'en pas douter, il est fort à parier que l'on entendra reparler des groupes chinois (et aussi indiens) très rapidement.

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