Les fleurons de la cote se rapprochent du prix de la casse
Inutile de jouer un rebond à court terme. Cherchez plutôt de solides points d'entrée
Le rebond intervenu en fin de semaine est de bon augure, mais l'instabilité actuelle des marchés tourne au cauchemar pour les investisseurs qui se savent plus à quel saint se vouer. Depuis le début de l'année, tous les secteurs sont attaqués sans grande distinction.
Après les banques et les valeurs industrielles, la baisse s'est emparée des valeurs pétrolières et énergétiques, comme EDF, Suez ou Gaz de France jugées trop chères. Le secteur agroalimentaire peine à affirmer ses qualités défensives, l'immobilier fait peur et la pharmacie ne bénéficie plus d'un environnement suffisamment stable pour véritablement rassurer sur ses perspectives.
Chercher à se réfugier derrière une stratégie exclusivement défensive, c'est donc prendre le risque de subir une bonne partie de la baisse sans se donner les moyens de profiter pleinement des phases de rebond.
Opter dans le contexte actuel pour une stratégie totalement offensive revient, à l'opposé, à jouer son portefeuille à pile ou face. Comme souvent, en Bourse, la bonne stratégie se situe entre ces deux extrêmes. Pour sauver sa performance, il faut à la fois s'entourer de valeurs capables de stabiliser le portefeuille et savoir faire preuve de conviction en renforçant les positions sur des valeurs massacrées. L'objectif n'est pas de jouer un rebond à court terme, mais de profiter de l'instabilité des marchés pour trouver de solides points d'entrée sur les fleurons de la cote.
Privilégier la qualité
En partant du principe de bon sens que toute chose a un prix, il ne fait aucun doute que les chutes de cours auxquelles nous avons assisté ces derniers jours sur certaines très belles valeurs de la cote constituaient de fantastiques opportunités d'achat.
Ce fut le cas par exemple de Total, revenu jeudi 24 janvier en séance à 46,41 euros, son plus bas niveau depuis juin 2005. Tout ceci parce que le prix du baril de pétrole est retombé cette semaine à 87 euros, oubliant qu'en 2005 il se traitait à des niveaux deux fois moins élevés. Même si le dividende est aujourd'hui considéré comme quantité négligeable, celui qui a acheté à ce cours s'est assuré une confortable rémunération, proche de 5 %, qui devrait constituer un bon parachute à la baisse en cas de nouvelle crise.
Du côté des valeurs industrielles, tout retour de Schneider Electric au-dessous de 70 euros constituera aussi une opportunité à ne pas laisser passer. Même chose pour Saint-Gobain à moins de 47 euros, Vinci vers 40 euros ou Lafarge à 102 euros.
Dans le secteur financier, aujourd'hui situé dans l'oeil du cyclone, des valeurs comme Axa peuvent être mises en portefeuille autour de 20 euros, BNP Paribas à moins de 58 euros ou CNP Assurances vers 75 euros.
Profiter de la volatilité des cours pour passer des ordres en baisse à cours limités sur des valeurs de qualité n'a rien de spéculatif. Il s'agit au contraire d'un acte de bonne gestion sur un marché qui a décidé d'ignorer la solidité des fondamentaux de nos plus belles entreprises.
La Bourse connaîtra encore des moments difficiles, mais il n'y a pas grand risque à intervenir sur des cours proches du plancher, à condition d'être prêt à patienter le temps que la tendance se rétablisse.
Même en cas de récession aux Etats-Unis, la croissance mondiale devrait se maintenir cette année, selon les plus pessimistes, autour de 3 à 3,5 %, ce qui devrait être suffisant pour ne pas compromettre la capacité bénéficiaire des plus grands groupes européens.
Selon les experts de la société VP Finance, la baisse des cours est telle qu'elle anticipe déjà un recul de 36 % des bénéfices en Europe cette année. Du jamais-vu de mémoire de boursier, en dépit des nombreux krachs qui ont jalonné la tendance au cours de ces vingt dernières années.











