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La crise aura un effet limité sur les bénéfices du CAC en 2008

JDF HEBDO | 23.02.2008 | Mise à jour : 20H25

Malgré la crise financière qui se propage actuellement à l'économie réelle outre-Atlantique, les entreprises du CAC 40 semblent épargnées. Les publications de résultats 2007 des grandes entreprises confirment la tendance affichée ces dernières années. En fin de semaine dernière, les bénéfices annoncés par 17 des 40 entreprises du CAC, atteignent près de 61 milliards d'euros.
Tous les observateurs s'accordent donc à dire que les profits de 2007 devraient dépasser le record de 95,8 milliards d'euros engrangés en 2006. Selon nos estimations, les bénéfices devraient atteindre 96,6 milliards. Toutefois, les déboires de la Société Générale ont lourdement pesé sur les performances du CAC 40.
Ni la hausse de l'euro ni celle des matières premières ne semblent avoir affecté leurs coûts. Les grands groupes français sont de plus en plus internationalisés et sont allés chercher la croissance là où elle se trouve, dans les pays émergents. En effet, les champions du CAC 40 réalisent désormais en moyenne les deux tiers de leur activité hors de l'Hexagone.
Sur l'ensemble de l'exercice, leur productivité a progressé à un rythme soutenu, grâce notamment à des opérations de croissance externe. « Les sociétés non financières sont très saines. Les bilans sont particulièrement solides », note Antoine Beaugendre, stratégiste actions à la Société Générale.
Mais il n'est pas sûr pour autant que ces performances se poursuivent sur 2008. Les profits en masse pour le CAC sont estimés aux alentours de 110 milliards. Un chiffre qui apparaît irréaliste pour certains observateurs. « Nous sommes face à une crise systémique lourde, donc nous anticipons une révision à la baisse de l'ordre de 20 %, qui devrait atteindre les 30 % pour les valeurs financières », explique Eric Galiegue, président-fondateur de Valquant. « Pour le moment, les entreprises font preuve d'optimisme pour l'année en cours. Les indicateurs macroéconomiques se dégradent mais ils ne le ressentent pas encore dans leur carnet de commandes », insiste Antoine Beaugendre.
Ralentissement en 2008
Une première vague de dépréciation des anticipations bénéficiaires a déjà touché les valeurs financières, plus exposées. « En raison d'une crise profonde du crédit, les banques vont voir leur rentabilité limitée après avoir atteint des niveaux excessifs ces dernières années », note Eric Galiegue.
Ce mouvement devrait se généraliser dans les mois à venir et toucher tous les secteurs d'activité, même les plus défensifs. « On n'a jamais vu l'économie bien se porter avec des banques malades ! Aujourd'hui, les profits des entreprises apparaissent donc comme des indicateurs retardés. Avec la crise de confiance, les bénéfices des grands groupes vont forcément ralentir », conclut Eric Galiegue. Un scénario qui semble toutefois assez pessimiste comparé aux anticipations actuelles du marché.
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