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La Lune et le fou
PAR YVES DE KERDREL |
JDF HEBDO | 14.06.2008 | Mise à jour : 19H49
Il existe un très joli proverbe chinois dont la teneur est celle-ci : « Quand le sage montre la Lune du doigt, le fou regarde l'index ». Cette belle phrase maintes fois serinée s'applique très directement à la Bourse et aux marchés financiers, et plus spécifiquement encore dans la conjoncture agitée de ces derniers jours.
La Lune, c'est, évidemment, tout le système financier mondial, qui connaît depuis un an une crise sans précédent et atypique. Une crise de confiance, une crise bancaire, une crise de liquidités, une crise immobilière et sans doute maintenant le début d'une crise industrielle. Tout ce mécanisme démoniaque qui frappe les marchés depuis un an maintenant, peu sont ceux qui le regardent de manière globale, comme le sage regarde la Lune dans la profondeur de la nuit.
Trop nombreux en revanche sont ceux qui regardent l'index. Ce mot dont vient justement le mot indice. Ce sont les indices boursiers, les indices de conjoncture, voire les indices de prix qui font bouger les marchés. Curieux renversement de situation : c'est le thermomètre qui crée la température du malade, alors qu'il n'a été inventé que pour l'indiquer.
Comment en est-on arrivé là ? Tout simplement par un monde de plus en plus financier qui a transformé les gestionnaires d'actifs en automates chargés de répliquer la performance des indices. Si bien qu'en France 70 % des actifs sont gérés de façon indicielle. Cela signifie que plus l'indice monte, plus les gérants achètent. Plus il baisse, plus eux-mêmes vendent. Et on a pu constater le résultat que cela donnait cette semaine en termes de volatilité et d'exubérance irrationnelle.
Il n'empêche que la place de Paris fête demain, 15 juin, le vingtième anniversaire du lancement officiel de l'indice CAC 40, lequel, au-delà d'essayer d'être un thermomètre fiable de la chaleur du marché, s'est surtout transformé en une très belle entreprise commerciale. Autour de lui, des milliers de Sicav ou de fonds indiciels ont été créés, sans compter les trackers, certificats et autres produits dérivés. Tant et si bien que pour bon nombre de Français ce fameux CAC 40 est devenu totalement impersonnel, et nul ne se soucie plus des perspectives de chacune de ses quarante composantes.
C'est pour célébrer cet anniversaire de place, et aussi pour éclairer nos lecteurs sur le fonction- nement de cet indice, que Le Journal des Finances publie cette semaine ce spécial CAC 40. Un numéro à lire, relire, et à conserver précieusement.
La Lune, c'est, évidemment, tout le système financier mondial, qui connaît depuis un an une crise sans précédent et atypique. Une crise de confiance, une crise bancaire, une crise de liquidités, une crise immobilière et sans doute maintenant le début d'une crise industrielle. Tout ce mécanisme démoniaque qui frappe les marchés depuis un an maintenant, peu sont ceux qui le regardent de manière globale, comme le sage regarde la Lune dans la profondeur de la nuit.
Trop nombreux en revanche sont ceux qui regardent l'index. Ce mot dont vient justement le mot indice. Ce sont les indices boursiers, les indices de conjoncture, voire les indices de prix qui font bouger les marchés. Curieux renversement de situation : c'est le thermomètre qui crée la température du malade, alors qu'il n'a été inventé que pour l'indiquer.
Comment en est-on arrivé là ? Tout simplement par un monde de plus en plus financier qui a transformé les gestionnaires d'actifs en automates chargés de répliquer la performance des indices. Si bien qu'en France 70 % des actifs sont gérés de façon indicielle. Cela signifie que plus l'indice monte, plus les gérants achètent. Plus il baisse, plus eux-mêmes vendent. Et on a pu constater le résultat que cela donnait cette semaine en termes de volatilité et d'exubérance irrationnelle.
Il n'empêche que la place de Paris fête demain, 15 juin, le vingtième anniversaire du lancement officiel de l'indice CAC 40, lequel, au-delà d'essayer d'être un thermomètre fiable de la chaleur du marché, s'est surtout transformé en une très belle entreprise commerciale. Autour de lui, des milliers de Sicav ou de fonds indiciels ont été créés, sans compter les trackers, certificats et autres produits dérivés. Tant et si bien que pour bon nombre de Français ce fameux CAC 40 est devenu totalement impersonnel, et nul ne se soucie plus des perspectives de chacune de ses quarante composantes.
C'est pour célébrer cet anniversaire de place, et aussi pour éclairer nos lecteurs sur le fonction- nement de cet indice, que Le Journal des Finances publie cette semaine ce spécial CAC 40. Un numéro à lire, relire, et à conserver précieusement.
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