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Après ce tour de vis, Jean-Claude Trichet, président de la BCE, a envisagé une période de statu quo monétaire, rassurant ainsi les marchés.
Polémique autour du relèvement des taux de la BCE
Pour endiguer la flambée des prix, l'institution resserre sa politique monétaire
CLÉMENCE FUGAIN |
JDF HEBDO | 05.07.2008 | Mise à jour : 19H50
C'est sans surprise que Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, a annoncé le relèvement du principal taux directeur de l'institution de 25 points de base, à 4,25 %. Il s'agit de son plus haut niveau depuis sept ans. La BCE avait ajourné en septembre 2007 le durcissement de sa politique mo-nétaire en raison de la dégradation du climat économique. L'institution espère ainsi restaurer la confiance des investisseurs dans sa capacité à maintenir l'inflation au-dessous de 2 % sur le moyen terme. Alors que l'inflation dans la zone euro atteint des records (4 % en juin en rythme annuel), la Banque centrale a estimé qu'elle n'avait d'autre choix que de relever ses taux malgré les critiques.
Des inquiétudes sur la croissance européenne
Si l'institution reconnaît son impuissance face à l'inflation, essentiellement importée, elle cherche surtout à calmer les anticipations inflationnistes, pour éloigner le spectre d'une spirale prix-salaire. Néanmoins, Jean-Claude Trichet n'a pas laissé entendre d'autres tours de vis dans un avenir proche, comme l'anticipait le marché. Il a cependant rappelé que la BCE ne s'en-gageait jamais à l'avance afin de laisser toutes les portes ouvertes en cas de nouvelles surprises.
Rarement une décision de politique monétaire en Europe aura été aussi controversée. Les chefs d'Etat et de gouvernement ont vivement signalé leur désaccord, ainsi que de nombreux économistes. Nicolas Sarkozy a estimé lundi, à la veille de la présidence française de l'Union européenne, que « la BCE devrait se poser la question de la croissance économique et pas simplement de l'inflation ». Même en Allemagne, où l'indépendance de l'institution monétaire est particulièrement respectée, le ministre des Finances, Peer Steinbrück, a recommandé à la BCE de prendre en compte les conséquences d'un relèvement des taux.
Cette hausse risque d'affaiblir encore davantage la croissance économique. En effet, cette décision touche aussi bien les particuliers que les entreprises, puisque le taux de refinancement détermine le coût du crédit en zone euro. L'indice PMI zone euro publié le jeudi 3 juillet montre déjà les premiers signes de ralentissement dans les secteurs manufacturiers et des services.
La monnaie européenne de-vrait également se trouver renchérie par ce relèvement de taux, pénalisant davantage les exportateurs de la zone euro. Sont également affectées les nombreuses entreprises ayant des coûts de production libellés en euros alors qu'une grande partie de leur produits sont vendus en dollars. Les industriels de l'aéronautique et de la défense sont d'ailleurs en train d'organiser une rencontre avec la BCE sur la question.
La hausse aura aussi un effet immédiat sur les finances publiques des Etats en alourdissant la charge de leur dette.
Ce tour de vis monétaire pourrait aussi mettre à mal les pays qui ont connu ces dernières années un fort dynamisme économique fondé sur un boom de l'immobilier porté par des taux historiquement bas, comme l'Es-pagne, l'Irlande, la Belgique ou le Danemark. Pour l'Irlande et l'Espagne, les prêts étaient en plus à taux variable. Résultat, toute hausse des taux pénalise les ménages endettés.
Jean-Claude Trichet a reconnu lors de sa conférence de presse du jeudi 3 juillet que les perspectives sur la croissance se sont assombries. Mais il estime qu'un resserrement du loyer de l'argent d'un quart de point ne menace pas la croissance européenne.
Des inquiétudes sur la croissance européenne
Si l'institution reconnaît son impuissance face à l'inflation, essentiellement importée, elle cherche surtout à calmer les anticipations inflationnistes, pour éloigner le spectre d'une spirale prix-salaire. Néanmoins, Jean-Claude Trichet n'a pas laissé entendre d'autres tours de vis dans un avenir proche, comme l'anticipait le marché. Il a cependant rappelé que la BCE ne s'en-gageait jamais à l'avance afin de laisser toutes les portes ouvertes en cas de nouvelles surprises.
Rarement une décision de politique monétaire en Europe aura été aussi controversée. Les chefs d'Etat et de gouvernement ont vivement signalé leur désaccord, ainsi que de nombreux économistes. Nicolas Sarkozy a estimé lundi, à la veille de la présidence française de l'Union européenne, que « la BCE devrait se poser la question de la croissance économique et pas simplement de l'inflation ». Même en Allemagne, où l'indépendance de l'institution monétaire est particulièrement respectée, le ministre des Finances, Peer Steinbrück, a recommandé à la BCE de prendre en compte les conséquences d'un relèvement des taux.
Cette hausse risque d'affaiblir encore davantage la croissance économique. En effet, cette décision touche aussi bien les particuliers que les entreprises, puisque le taux de refinancement détermine le coût du crédit en zone euro. L'indice PMI zone euro publié le jeudi 3 juillet montre déjà les premiers signes de ralentissement dans les secteurs manufacturiers et des services.
La monnaie européenne de-vrait également se trouver renchérie par ce relèvement de taux, pénalisant davantage les exportateurs de la zone euro. Sont également affectées les nombreuses entreprises ayant des coûts de production libellés en euros alors qu'une grande partie de leur produits sont vendus en dollars. Les industriels de l'aéronautique et de la défense sont d'ailleurs en train d'organiser une rencontre avec la BCE sur la question.
La hausse aura aussi un effet immédiat sur les finances publiques des Etats en alourdissant la charge de leur dette.
Ce tour de vis monétaire pourrait aussi mettre à mal les pays qui ont connu ces dernières années un fort dynamisme économique fondé sur un boom de l'immobilier porté par des taux historiquement bas, comme l'Es-pagne, l'Irlande, la Belgique ou le Danemark. Pour l'Irlande et l'Espagne, les prêts étaient en plus à taux variable. Résultat, toute hausse des taux pénalise les ménages endettés.
Jean-Claude Trichet a reconnu lors de sa conférence de presse du jeudi 3 juillet que les perspectives sur la croissance se sont assombries. Mais il estime qu'un resserrement du loyer de l'argent d'un quart de point ne menace pas la croissance européenne.
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