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Il y a encore un an, l'économie britannique affichait un solide bilan. Mais l'effondrement de l'immobilier a changé la donne.

Il y a encore un an, l'économie britannique affichait un solide bilan. Mais l'effondrement de l'immobilier a changé la donne.

Le spectre de la récession hante la Grande-Bretagne

La croissance est en berne au premier semestre, tandis que l'inflation explose
CLÉMENCE FUGAIN | JDF HEBDO | 19.07.2008 | Mise à jour : 19H48
Après avoir été un modèle de croissance en Europe ces dernières années, l'économie britannique s'avère finalement plus durement touchée par la crise. Depuis l'été 2007, l'ambiance dans le pays s'est assombrie, notamment après la quasi-faillite en septembre de la banque Northern Rock, victime de la crise des subprimes.
La déprime semblait toutefois confinée aux marchés financiers mais l'explosion de la bulle immobilière est en train de tirer l'activité à la baisse et contamine tous les secteurs de l'économie. La crise touche désormais l'ensemble du pays. Alors que l'an dernier la hausse du PIB britannique avait atteint 3,1 %, elle pourrait se limiter à 1 % ou à 1,5 %, dans le meilleur des cas, cette année.
Effondrement du pouvoir d'achat
En parallèle, l'inflation a bondi à 3,3 % en mai, soit un point au-dessus du plafond fixé par la Banque d'Angleterre (BoE). Cette dernière n'exclut d'ailleurs pas qu'elle atteigne 4 % en cours d'année. Il s'agit de son plus haut niveau depuis onze ans. Plusieurs indicateurs révèlent en effet que la situation du Royaume-Uni pourrait être particulièrement alarmante. D'une part, l'inflation sous-jacente, qui pour l'instant est confinée au-dessous des 2 %, semble être orientée à la hausse. D'autre part, les anticipations des ménages en matière d'inflation sont passées en juin à 4,3 % pour l'année à venir, en nette hausse par rapport au chiffre de 3,3 % du trimestre précédent.
L'impact de la crise du crédit se fait déjà durement sentir sur les particuliers. Si la consommation en mai s'est avérée particulièrement soutenue, avec une augmentation des ventes de détail de 3,5 %, ce n'est que l'arbre qui cache la forêt des mauvaises nouvelles. Avec la hausse des prix de l'énergie et de l'alimentation, la consommation ne devrait pas tarder à plonger, comme l'a dénoncé Marks & Spencer dernièrement. La fin du crédit facile remet en cause le principal moteur de la croissance britannique : la consommation des ménages. En effet jusque-là, les particuliers renégociaient leurs conditions d'emprunt pour obtenir d'importants crédits à la consommation hypothéqués sur la valeur de leur logement.
Quoique encore bas, le chômage a progressé pour le cinquième mois d'affilée en juin, selon l'Office national de la statistique. Le nombre de chômeurs a augmenté de 15.000 le mois dernier, après une hausse de 14.300 en mai. Il s'agit de la plus forte progression depuis celle de 71.000 enregistrée en décembre 1992. Le taux de chômage est toutefois resté stable, à 2,6 % de la population active, sans comparaison avec les presque 10 % du début des années 1990, quand le pays était tombé en récession.
Quant à la production industrielle, elle a fortement chuté le mois dernier, à la grande surprise des économistes. Ils attendaient 0,1 % de baisse alors que les chiffres sont de - 0,8 % sur le seul mois de mai. Et cela malgré une dépréciation de la livre sterling par rapport à l'euro qui aurait dû favoriser les exportations vers l'Europe. Résultat, la confiance des entreprises est également minée. Mais le pire pourrait bien concerner les banques, déjà ébranlées par la crise des subprimes. Ces dernières sont en effet fortement exposées à la montée des créances douteuses hypothécaires.
Prise en tenaille entre les problèmes de croissance et d'inflation, la BoE a maintenu son taux de base à 5 %, impuissante face à la situation.
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