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La Bourse reprend espoir, mais la prudence reste de mise
Les semestriels permettront aux investisseurs de séparer le bon grain de l'ivraie
ROLAND LASKINE |
JDF HEBDO | 19.07.2008 | Mise à jour : 19H48
Le marché a trouvé avec les résultats semestriels un point d'appui sur lequel il est désormais possible de bâtir une stratégie d'investissement cohérente. Toutes les sociétés ne présentent pas la même capacité de résistance à la crise, mais les investisseurs peuvent au moins séparer le bon grain de l'ivraie en toute connaissance de cause. Ce retour à plus de discernement devrait profiter à nos portefeuilles qui ont souffert ces derniers temps d'un repli généralisé de la cote dans tous les secteurs d'activité, quelle que soit la qualité des fondamentaux des sociétés.
L'impulsion dont ont profité les marchés est une fois de plus venue de Wall Street, avec des publications de résultats dans l'ensemble plutôt satisfaisants. Les banques américaines plient mais de rompent pas et des sociétés aussi emblématique que Coca-Cola, le conglomérat General Electric et United Technologies ont annoncé des résultats certes en baisse, mais dans l'ensemble conformes aux attentes des analystes.
Sujets de préoccupation
En Europe, les investisseurs ne demandent eux aussi qu'à juger sur pièce. Essilor International, qui a publié un chiffre d'affaires légèrement inférieur aux attentes des analystes, a été violemment sanctionné. De son côté, le finlandais Nokia qui a agréablement surpris a été plébiscité, alors qu'Accor qui « reste dans les clous » n'a suscité aucune réaction particulière de la part des marchés.
Ce retour à une certaine logique dans le comportement des opérateurs ne veut pas dire que nous soyons sortis de l'ornière. Les très gros volumes qui se sont traités ce jeudi sur les actions françaises (7,8 milliards d'euros) montrent qu'une bonne partie du rebond provient des rachats massifs de ventes à découvert qui ont pesé sur la cote durant tout le mois de juin. Les actions étaient survendues, il est normal qu'elles bénéficient d'un rebond technique.
Sur le fond, les principaux sujets de préoccupation des marchés restent entiers. Le prix du pétrole s'est éloigné des 150 dollars le baril, mais à plus de 130 dollars il continue de peser sur les marges des entreprises et le pouvoir d'achat des ménages. A 5 % aux Etats-Unis et 4 % en Europe en rythme annuel à fin juin, l'inflation ne désarme pas, bien au contraire. De nombreux économistes craignent désormais un effet de second tour alimenté par la hausse des salaires d'ici à la fin de l'année.
Aux Etats-Unis, l'activité industrielle est désormais clairement orientée à la baisse, les demandes d'allocations chômage sont toujours en hausse et le marché immobilier ne laisse apparaître aucun signe tangible d'embellie. Le scénario de « stagflation » que tout le monde redoutait est bel et bien installé. L'Europe semble mieux résister, mais tous les indicateurs font également état d'une faiblesse de l'activité économique.
Pas de rebond magistral
De la même manière que la Bourse n'a pas attendu que le ralentissement se traduise dans les statistiques pour prendre le chemin de la baisse, il n'y a aucune raison de miser aujourd'hui sur un rebond magistral de la cote. Le juge suprême des marchés sera une fois de plus l'existence d'une bonne adéquation entre les résultats des entreprises et les attentes des marchés. Or dans de nombreux secteurs, comme l'automobile, les biens de consommation, l'assurance, l'agroalimentaire ou la construction, nous ne sommes pas sûrs que toutes les baisses de résultats soient intégrées dans les cours. Les analystes se rendent aujourd'hui compte que 2007 avait été un exercice totalement hors norme au niveau des bénéfices que nous ne reverrons plus avant plusieurs années.
La faiblesse des multiples de capitalisation par rapport aux estimations de profits pour 2008 et 2009 traduit sans doute encore un excès d'optimisme de la part des analystes sur les perspectives de bénéfices de nombreuses sociétés de la cote. La santé, les télécoms, l'énergie et les services aux collectivités ainsi que l'ensemble des industries liées aux biens d'équipement restent, en revanche, de bons refuges autour desquels nous concentrons nos recommandations d'achat.
L'impulsion dont ont profité les marchés est une fois de plus venue de Wall Street, avec des publications de résultats dans l'ensemble plutôt satisfaisants. Les banques américaines plient mais de rompent pas et des sociétés aussi emblématique que Coca-Cola, le conglomérat General Electric et United Technologies ont annoncé des résultats certes en baisse, mais dans l'ensemble conformes aux attentes des analystes.
Sujets de préoccupation
En Europe, les investisseurs ne demandent eux aussi qu'à juger sur pièce. Essilor International, qui a publié un chiffre d'affaires légèrement inférieur aux attentes des analystes, a été violemment sanctionné. De son côté, le finlandais Nokia qui a agréablement surpris a été plébiscité, alors qu'Accor qui « reste dans les clous » n'a suscité aucune réaction particulière de la part des marchés.
Ce retour à une certaine logique dans le comportement des opérateurs ne veut pas dire que nous soyons sortis de l'ornière. Les très gros volumes qui se sont traités ce jeudi sur les actions françaises (7,8 milliards d'euros) montrent qu'une bonne partie du rebond provient des rachats massifs de ventes à découvert qui ont pesé sur la cote durant tout le mois de juin. Les actions étaient survendues, il est normal qu'elles bénéficient d'un rebond technique.
Sur le fond, les principaux sujets de préoccupation des marchés restent entiers. Le prix du pétrole s'est éloigné des 150 dollars le baril, mais à plus de 130 dollars il continue de peser sur les marges des entreprises et le pouvoir d'achat des ménages. A 5 % aux Etats-Unis et 4 % en Europe en rythme annuel à fin juin, l'inflation ne désarme pas, bien au contraire. De nombreux économistes craignent désormais un effet de second tour alimenté par la hausse des salaires d'ici à la fin de l'année.
Aux Etats-Unis, l'activité industrielle est désormais clairement orientée à la baisse, les demandes d'allocations chômage sont toujours en hausse et le marché immobilier ne laisse apparaître aucun signe tangible d'embellie. Le scénario de « stagflation » que tout le monde redoutait est bel et bien installé. L'Europe semble mieux résister, mais tous les indicateurs font également état d'une faiblesse de l'activité économique.
Pas de rebond magistral
De la même manière que la Bourse n'a pas attendu que le ralentissement se traduise dans les statistiques pour prendre le chemin de la baisse, il n'y a aucune raison de miser aujourd'hui sur un rebond magistral de la cote. Le juge suprême des marchés sera une fois de plus l'existence d'une bonne adéquation entre les résultats des entreprises et les attentes des marchés. Or dans de nombreux secteurs, comme l'automobile, les biens de consommation, l'assurance, l'agroalimentaire ou la construction, nous ne sommes pas sûrs que toutes les baisses de résultats soient intégrées dans les cours. Les analystes se rendent aujourd'hui compte que 2007 avait été un exercice totalement hors norme au niveau des bénéfices que nous ne reverrons plus avant plusieurs années.
La faiblesse des multiples de capitalisation par rapport aux estimations de profits pour 2008 et 2009 traduit sans doute encore un excès d'optimisme de la part des analystes sur les perspectives de bénéfices de nombreuses sociétés de la cote. La santé, les télécoms, l'énergie et les services aux collectivités ainsi que l'ensemble des industries liées aux biens d'équipement restent, en revanche, de bons refuges autour desquels nous concentrons nos recommandations d'achat.
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