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Deux départs et un retour
JDF HEBDO | 02.08.2008 | Mise à jour : 19H49
Treize ans... Les actionnaires les plus superstitieux ne s'étonneront guère qu'une telle période ait été nécessaire pour qu'enfin s'achève le règne de Serge Tchuruk à la tête d'Alcatel, qui a vu le périmètre de l'ancien conglomérat se réduire comme peau de chagrin. Les autres se contenteront de pleurer tout un pan de leur patrimoine parti en fumée.
Treize ans de malheur ? Certes pas tout à fait... Grâce à la bulle Internet de la fin des années 1990, Alcatel avait tout de même connu son heure de gloire. Malheureusement, son ascension vers les sommets devait alors beaucoup moins au talent de Serge Tchuruk qu'aux circonstances un peu folles de l'époque, un peu comme lorsque Total, sous sa présidence, bénéficiait de l'envolée du pétrole consécutive à la guerre du Golfe. Ce qui achève de classer le futur ex-dirigeant d'Alcatel dans la catégorie particulièrement peuplée des gloires usurpées - et d'ailleurs, aujourd'hui déchues.
Pour le reste, ces treize années ne furent pratiquement qu'une longue série de décisions malheureuses, la dernière en date, la fusion avec Lucent, n'étant pas la moindre. Serge Tchuruk ne s'est d'ailleurs pas contenté de pénaliser son propre groupe : d'aucuns se souviennent du siphonnage en règle des fonds propres d'Alsthom (qui s'écrivait alors avec un h ) ayant précédé son introduction en Bourse, fonds propres qui ont fait cruellement défaut par la suite à l'ex-filiale d'Alcatel, jusqu'à la précipiter au bord du dépôt de bilan lors de la fameuse affaire des turbines à gaz défectueuses.
Le moins surprenant dans cette histoire n'est pas que Serge Tchuruk ait pu se maintenir aussi longtemps à la tête d'Alcatel, sans jamais d'autre sanction que celle de la Bourse, dont les actionnaires du groupe ont d'ailleurs bien davantage pâti que lui.
Le sort s'acharne ?
Quant à elle, Patricia Russo, future ex-directrice générale du groupe, ne bénéficiera pas d'une telle chance (!), puisqu'elle n'aura mis que deux ans à prendre le chemin de la porte. On comprend son empressement à se faire voter un parachute doré de 6 millions d'euros lors de la dernière assemblée générale...
Et puisque nous avons ouvert le chapitre des gloires usurpées, ne le refermons pas tout de suite, afin de saluer le retour de Thierry Breton dans le paysage français des affaires. L'ineffable ancien ministre de l'Economie vient en effet d'entrer au conseil d'administration de Carrefour, sous les huées toutefois de quelques actionnaires individuels. Des esprits chagrins qui, sans doute, ne seront pas parvenus à oublier son bilan mitigé à la tête de Thomson puis de France Télécom...
En tout cas, José Luis Duran, l'actuel dirigeant du groupe de distribution, semble avoir gagné quelque sursis - une rumeur le voyait immédiatement remplacé par Thierry Breton. Du coup, ce sont les actionnaires d'Alcatel qui n'ont pas fini de trembler, puisqu'une autre rumeur le désigne comme le successeur de Serge Tchuruk. Mais se peut-il concevoir que le sort s'acharne ainsi sur l'ancien fleuron de l'industrie française ?
Treize ans de malheur ? Certes pas tout à fait... Grâce à la bulle Internet de la fin des années 1990, Alcatel avait tout de même connu son heure de gloire. Malheureusement, son ascension vers les sommets devait alors beaucoup moins au talent de Serge Tchuruk qu'aux circonstances un peu folles de l'époque, un peu comme lorsque Total, sous sa présidence, bénéficiait de l'envolée du pétrole consécutive à la guerre du Golfe. Ce qui achève de classer le futur ex-dirigeant d'Alcatel dans la catégorie particulièrement peuplée des gloires usurpées - et d'ailleurs, aujourd'hui déchues.
Pour le reste, ces treize années ne furent pratiquement qu'une longue série de décisions malheureuses, la dernière en date, la fusion avec Lucent, n'étant pas la moindre. Serge Tchuruk ne s'est d'ailleurs pas contenté de pénaliser son propre groupe : d'aucuns se souviennent du siphonnage en règle des fonds propres d'Alsthom (qui s'écrivait alors avec un h ) ayant précédé son introduction en Bourse, fonds propres qui ont fait cruellement défaut par la suite à l'ex-filiale d'Alcatel, jusqu'à la précipiter au bord du dépôt de bilan lors de la fameuse affaire des turbines à gaz défectueuses.
Le moins surprenant dans cette histoire n'est pas que Serge Tchuruk ait pu se maintenir aussi longtemps à la tête d'Alcatel, sans jamais d'autre sanction que celle de la Bourse, dont les actionnaires du groupe ont d'ailleurs bien davantage pâti que lui.
Le sort s'acharne ?
Quant à elle, Patricia Russo, future ex-directrice générale du groupe, ne bénéficiera pas d'une telle chance (!), puisqu'elle n'aura mis que deux ans à prendre le chemin de la porte. On comprend son empressement à se faire voter un parachute doré de 6 millions d'euros lors de la dernière assemblée générale...
Et puisque nous avons ouvert le chapitre des gloires usurpées, ne le refermons pas tout de suite, afin de saluer le retour de Thierry Breton dans le paysage français des affaires. L'ineffable ancien ministre de l'Economie vient en effet d'entrer au conseil d'administration de Carrefour, sous les huées toutefois de quelques actionnaires individuels. Des esprits chagrins qui, sans doute, ne seront pas parvenus à oublier son bilan mitigé à la tête de Thomson puis de France Télécom...
En tout cas, José Luis Duran, l'actuel dirigeant du groupe de distribution, semble avoir gagné quelque sursis - une rumeur le voyait immédiatement remplacé par Thierry Breton. Du coup, ce sont les actionnaires d'Alcatel qui n'ont pas fini de trembler, puisqu'une autre rumeur le désigne comme le successeur de Serge Tchuruk. Mais se peut-il concevoir que le sort s'acharne ainsi sur l'ancien fleuron de l'industrie française ?
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