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Une embellie surprise dont il ne faut pourtant pas se réjouir trop vite. Les anticipations pour la fin de l'année restent inquiétantes.

Une embellie surprise dont il ne faut pourtant pas se réjouir trop vite. Les anticipations pour la fin de l'année restent inquiétantes.

Un rebond américain en trompe-l'oeil

Le second semestre devrait toutefois être marqué par un fort ralentissement
CLÉMENCE FUGAIN | JDF HEBDO | 06.09.2008 | Mise à jour : 19H47
C'est une bonne surprise. Le produit intérieur brut (PIB) américain, pour le deuxième trimestre, a été fortement révisé à la hausse. Le département américain du commerce a annoncé une croissance de 3,3 % en rythme annuel d'avril à juin, soit bien au-dessus de l'estimation intiale de 1,9 %.
A l'origine de ce rebond, l'évolution favorable de la balance commerciale. A elle seule, elle a contribué à hauteur de 3,1 points à la croissance du PIB. C'est la plus forte contribution du commerce extérieur depuis 1950. Le pays a pleinement profité de la faiblesse du dollar. « Sur la période, près de 90 % de la progression est imputable au commerce extérieur. Le contrecoup du ralentissement des autres économies ne s'étant pas encore fait ressentir dans la demande d'exportations américaines », précise Laurent Bilke, économiste chez Lehman Brothers. D'avril à juin, les exportations ont enregistré un bond de 13,2 %. Mais surtout, l'économie américaine a vu ses importations se replier de 7,6 %, pénalisées par la faiblesse de la demande intérieure. Il s'agit de la plus forte baisse trimestrielle depuis 2001.
La demande intérieure, qui représente les deux tiers du PIB américain, est restée atone sur la période. Elle n'a progressé que de 1,7 %. Un chiffre loin d'être robuste, compte tenu des crédits de remboursements d'impôts perçus par les ménages américains. Le paquet fiscal de 150 milliards de dollars voté par le Congrès au mois de mai s'est finalement révélé moins efficace qu'escompté.
Les chèques sont arrivés dans les foyers entre le 28 avril et la mi-juillet. Mais l'effet du plan de relance a été maximum au mois de mai. A partir de juin, le revenu disponible des ménages a enregistré un repli.
Le chômage repart à la hausse
Malgré cette embellie de la croissance américaine sur le deuxième trimestre, la prudence reste de mise. Avec la remontée récente du dollar, les exportations américaines devraient perdre un important stimulant. Mais elles devraient surtout pâtir du ralentissement économique mondial. Le moteur de croissance pourrait donc se gripper très prochainement. Enfin, la crise des marchés immobiliers et monétaires est loin d'être terminée. Le marché monétaire demeure encore particulièrement fragile et de nouveaux établissements bancaires montrent des signes de défaillance. Quant au marché de l'immobilier, même si les derniers indicateurs sont ressortis moins mauvais que précédemment, la baisse des prix n'est pas encore achevée. L'économie américaine devrait donc connaître un sérieux coup de frein au second semestre, comme le confirme les 33.000 suppressions d'emplois dans le secteur privé en août.
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