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Conserver une répartition prudente de vos actifs financiers.

Conserver une répartition prudente de vos actifs financiers.

Du cash, de l'or et 50 % en actions pour rester actif

L'instabilité actuelle incite à la recherche des valeurs solides et non à la spéculation
ROLAND LASKINE | JDF HEBDO | 27.09.2008 | Mise à jour : 19H32
Les discussions sur la validation par le Congrès américain du plan Paulson de sauvetage des banques continuent de tenir le marché en haleine. La spirale infernale des ventes panique semble cependant stoppée et le risque systémique s'éloigne. Les investisseurs ne demandent qu'à être soulagés, mais, au-delà de la crise financière, les interrogations se portent de plus en plus sur l'état de l'économie réelle et sur la question de savoir si les moteurs de la croissance ne sont pas durablement endommagés.
Il ne fait aucun doute que nous allons vers un fort ralentissement de l'activité dans le monde, avec en ligne de mire un risque de grave récession en Europe et aux Etats-Unis. Nous allons aussi vers un monde dans lequel les liquidités se feront de plus en plus rares. Cela à cause de la réduction de l'offre de crédit de la part des banques et de la diminution des opérations à effets de levier, qui avaient permis de multiplier artificiellement la quantité de monnaie en circulation sur les marchés financiers.
Le métal jaune conserve son statut de placement refuge
A partir de ce constat, quelle stratégie d'investissement adopter ? Lorsque l'activité ralentit et que l'argent se fait rare, « cash is king », disent les Anglo-Saxons. Il importe de conserver des liquidités pour protéger son capital de la baisse du prix des actifs et surtout disposer de munitions pour commencer à racheter des actions dans les creux du marché.
Premier pilier de votre stratégie pour les mois à venir : un matelas de 30 % de liquidités bien placées. La crise financière n'ayant pas épargné les placements monétaires, il convient toutefois de faire preuve d'une grande sélectivité à leur égard, car ceux-ci se révèlent aujourd'hui beaucoup moins sûrs qu'auparavant. Certains fonds monétaires peuvent même donner lieu à des moins-values en raison de la sophistication de plus en plus grande des produits servant de support aux placements à court terme (lire notre article page 40).
Deuxième pilier : l'or. Le métal jaune est traditionnellement sensible à la hausse de l'inflation et à la baisse du dollar. Mais les risques actuels de récession et de perte de confiance à l'égard de l'Etat américain, qui est le plus gros émetteur d'obligations au monde, portent aussi les germes d'un retour en force de l'or. En s'apprêtant à mettre 1.000 milliards de dollars sur la table pour sauver les banques, les Etats-Unis accumulent des déficits qui ne peuvent que peser sur le dollar et conduire à une reprise de l'inflation qui est, à terme, le seul moyen d'alléger le poids de la dette. Le métal jaune conserve donc son statut de placement refuge et mérite de figurer à hauteur d'au moins 10 % en portefeuille.
Reste les actions. Contrairement à une idée très répandue, les périodes de forte volatilité ne sont pas toujours propices aux opérations spéculatives. En effet, celles-ci ne sont jamais aussi efficaces que lorsqu'elles accompagnent un mouvement de hausse ou de baisse clairement établi. Lorsque la volatilité est excessive, la meilleure technique d'intervention consiste à laisser courir des ordres d'achat à des prix inférieurs aux niveaux de cours du moment sur une liste de titres triés sur le volet.
C'est la stratégie que nous avons adoptée pour nos portefeuilles en nous plaçant à l'achat sur certaines valeurs financières, comme Axa, BNP Paribas ou Société Générale, acquises dans des conditions très avantageuses.
Rendements supérieurs à 4 %
Dans les mois à venir, les marchés devront affronter la poursuite des révisions en baisse des bénéfices des entreprises dues au ralentissement de l'activité économique de part et d'autre de l'Atlantique.
Si de mauvaises surprises ne sont pas à exclure sur certaines sociétés, les niveaux de valorisation des grands indices européens, qui font apparaître des rendements 2008 estimés supérieurs à 4 % et des multiples de capitalisation de 10 fois en moyenne les attentes bénéficiaires dans le zone euro pour 2008, permettent de penser que le marché a déjà intégré la perspective de nouvelles révisions en baisse des profits.
Parmi les grandes valeurs de la cote, certains titres industriels comme Lafarge, Saint-Gobain ou Schneider nous paraissent revenus à des niveaux attrayants dans une optique de moyen terme. Même chose pour des sociétés traditionnellement mieux valorisées, comme LVMH, Air Liquide, Pernod Ricard ou Essilor, qui disposent de positions suffisamment fortes pour défendre leurs marges. Avec la perspective d'un rendement supérieur à 6 %, France Télécom offre une bonne capacité de résistance et mérite un objectif de cours de 25 euros à dix-huit mois.
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