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Contraints d'offrir des conditions d'emprunt attrayantes, les gouvernements ont souvent dû rembourser beaucoup plus que ce qu'ils avaient emprunté.
Controverse autour du projet d'emprunt national
L'idée de Nicolas Sarkozy est politiquement bonne mais économiquement coûteuse
SOLENN POULLENNEC |
JDF HEBDO | 27.06.2009 | Mise à jour : 20H14
Le gouvernement précise prudemment son projet de grand emprunt. « L'idée, c'est de solliciter les Français, en tout cas pour une part », a expliqué François Fillon à la télévision mercredi 17 juin.
Lorsque Nicolas Sarkozy a annoncé le lancement d'un emprunt, lundi, il s'est contenté de dire qu'il servirait à financer les « secteurs stratégiques ». Son Premier ministre a spécifié qu'il s'agirait d'investir dans « les biotechnologies, l'énergie du futur, les voitures électriques », ainsi que dans « un certain nombre de secteurs dans le domaine alimentaire ou la santé, l'éducation en général, l'enseignement supérieur et la recherche ».
Le projet final ne devrait être rendu public qu'à l'automne, après consultation des partenaires sociaux. Mais, déjà, des économistes et des politiques - de droite comme de gauche - mettent en garde contre les risques d'un emprunt de grande ampleur.
Selon eux, il ne ferait qu'aggraver l'endettement public, qui atteint déjà des sommets (voir ci-dessous). Et la Cour des comptes craint que cet endettement ne pénalise lourdement l'économie nationale, avec une charge de la dette trop importante.
« Il faut avant tout s'employer à réduire les dépenses de fonctionnement de l'Etat et la pression fiscale », soutient Marc Touati, économiste chez Global Equities.
Pour limiter le coût de son emprunt, l'Etat pourrait passer par les marchés. Ce qu'il fait déjà régulièrement par le biais de l'Agence France Trésor.
Mais le gouvernement semble décidé à solliciter les Français. Son opération sera alors plus coûteuse, car il lui faudra proposer un taux d'intérêt attrayant ou des exonérations fiscales qui créeront un manque à gagner pour l'Etat.
A cet égard, le bilan des précédents emprunts est éloquent. Celui lancé par Valéry Giscard d'Estaing avait permis de recueillir 6,5 milliards de francs. Mais l'Etat avait dû rembourser 92 milliards car les prêts étaient indexés sur l'or, dont le cours était monté en flèche. Quant à l'emprunt « Balladur », il a entraîné des pertes fiscales de près de 2,2 milliards de francs en raison des exonérations d'impôts.
Reste qu'emprunter auprès des Français est une solution politiquement avantageuse. « Si on fait un grand emprunt, on a une plus grande implication des individus », analyse Xavier Timbeau, économiste à l'OFCE.
Mais, au-delà du mode de financement, ce sont les investissements prévus qui importent. « Ce serait une catastrophe de renoncer à des investissements rentables sous prétexte qu'il y a un déficit », prévient Xavier Timbeau. « Si l'argent est utilisé pour financer des projets structurants, il permettra de démarrer plus vite après la crise », affirme Jean-François Roubaud, secrétaire général de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises.
L'emprunt pourrait être l'occasion d'investir dans des secteurs porteurs de croissance de long terme ou des activités plus innovantes que celles privilégiées lors du premier plan de relance. De quoi combler un peu le déficit grâce aux fruits de cette nouvelle croissance.
Lorsque Nicolas Sarkozy a annoncé le lancement d'un emprunt, lundi, il s'est contenté de dire qu'il servirait à financer les « secteurs stratégiques ». Son Premier ministre a spécifié qu'il s'agirait d'investir dans « les biotechnologies, l'énergie du futur, les voitures électriques », ainsi que dans « un certain nombre de secteurs dans le domaine alimentaire ou la santé, l'éducation en général, l'enseignement supérieur et la recherche ».
Le projet final ne devrait être rendu public qu'à l'automne, après consultation des partenaires sociaux. Mais, déjà, des économistes et des politiques - de droite comme de gauche - mettent en garde contre les risques d'un emprunt de grande ampleur.
Selon eux, il ne ferait qu'aggraver l'endettement public, qui atteint déjà des sommets (voir ci-dessous). Et la Cour des comptes craint que cet endettement ne pénalise lourdement l'économie nationale, avec une charge de la dette trop importante.
« Il faut avant tout s'employer à réduire les dépenses de fonctionnement de l'Etat et la pression fiscale », soutient Marc Touati, économiste chez Global Equities.
Pour limiter le coût de son emprunt, l'Etat pourrait passer par les marchés. Ce qu'il fait déjà régulièrement par le biais de l'Agence France Trésor.
Mais le gouvernement semble décidé à solliciter les Français. Son opération sera alors plus coûteuse, car il lui faudra proposer un taux d'intérêt attrayant ou des exonérations fiscales qui créeront un manque à gagner pour l'Etat.
A cet égard, le bilan des précédents emprunts est éloquent. Celui lancé par Valéry Giscard d'Estaing avait permis de recueillir 6,5 milliards de francs. Mais l'Etat avait dû rembourser 92 milliards car les prêts étaient indexés sur l'or, dont le cours était monté en flèche. Quant à l'emprunt « Balladur », il a entraîné des pertes fiscales de près de 2,2 milliards de francs en raison des exonérations d'impôts.
Reste qu'emprunter auprès des Français est une solution politiquement avantageuse. « Si on fait un grand emprunt, on a une plus grande implication des individus », analyse Xavier Timbeau, économiste à l'OFCE.
Mais, au-delà du mode de financement, ce sont les investissements prévus qui importent. « Ce serait une catastrophe de renoncer à des investissements rentables sous prétexte qu'il y a un déficit », prévient Xavier Timbeau. « Si l'argent est utilisé pour financer des projets structurants, il permettra de démarrer plus vite après la crise », affirme Jean-François Roubaud, secrétaire général de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises.
L'emprunt pourrait être l'occasion d'investir dans des secteurs porteurs de croissance de long terme ou des activités plus innovantes que celles privilégiées lors du premier plan de relance. De quoi combler un peu le déficit grâce aux fruits de cette nouvelle croissance.
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