Le rebond des banques n'est pas fini
.
JDF HEBDO | 21.11.2009 | Mise à jour : 20H04
La méfiance envers les banques, et leurs titres cotés, n'a jamais été aussi forte qu'en fin d'année dernière. Les clients et les investisseurs ont alors craint une faillite en chaîne des établissements bancaires, après la chute inattendue de Lehman Brothers.
Malgré l'aide des gouvernements ou parfois, au contraire, en raison de cette ingérence d'Etat censée brider les perspectives de développement, les financières ont été abandonnées massivement : BNP Paribas a touché un plus bas de 21 euros (son niveau de 1998, soit avant la fusion de BNP et Paribas), Crédit Agricole a dégringolé jusqu'à 6 euros (un niveau jamais atteint auparavant) et la Société Générale a touché les 18 euros, niveau qu'elle n'avait pas connu depuis 1996 ! Quant à Dexia et Natixis, grandes victimes de la crise financière, elles ont eu le statut de penny stock.
Depuis mars, lorsque le CAC 40 a atteint son plus bas, les valeurs financières ont fortement rebondi et tiré les Bourses mondiales vers le haut. Ce rebond, d'abord mécanique, a été soutenu par des résultats annuels certes catastrophiques, mais accompagnés de plans d'action à grande échelle. Les banques ont promis de ne plus se laisser séduire pas les produits risqués, mais aussi les plus rémunérateurs à court terme. Une affirmation qui concerne avant tout les métiers les plus touchés par la pertubation des marchés financiers, à savoir la gestion d'actifs et la banque de financement et d'investissement.
La restructuration (à la marge) effectuée par BNP Paribas dans cette dernière branche a visiblement porté ses fruits, car, après une perte au quatrième trimestre, le groupe peut compter sur ce métier pour soutenir ses résultats. Ceux de la banque d'investissement de la Société Générale ont également rebondi. Une grande partie des bénéfices du groupe est toutefois effacée par des dépréciations d'actifs, dont il n'a sans doute pas encore vu la fin.
Le Crédit Agricole a également été pénalisé par des pertes dans sa banque d'investissement Calyon, dont l'organisation a été profondément revue. Le groupe s'est refocalisé sur son métier phare, la banque de détail sur son marché domestique, avec des résultats bien supérieurs à ceux de ses concurrents au troisième trimestre.
Natixis doit encore convaincre le marché de la pertinence de son nouveau modèle, présenté en août dernier. La filiale des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires a fait un premier pas, en redevenant bénéficaire au troisième trimestre.
Bénéficiaire, Dexia l'est déjà depuis trois trimestres, mais son sort reste suspendu à une décision de la Commission européenne sur sa réorganisation.
Chose certaine, les banques ne retrouveront pas de sitôt leurs plus hauts historiques, atteints fin 2006 ou en 2007 et motivés par des bénéfices considérables. Elles évoluent dans un environnement réglementaire différent et doivent, de plus, affronter la récession économique. La rentabilité moyenne des fonds propres, par exemple, sera plus proche de 10 % pour les banques, au lieu de 20 % dans le passé. A.H.
Malgré l'aide des gouvernements ou parfois, au contraire, en raison de cette ingérence d'Etat censée brider les perspectives de développement, les financières ont été abandonnées massivement : BNP Paribas a touché un plus bas de 21 euros (son niveau de 1998, soit avant la fusion de BNP et Paribas), Crédit Agricole a dégringolé jusqu'à 6 euros (un niveau jamais atteint auparavant) et la Société Générale a touché les 18 euros, niveau qu'elle n'avait pas connu depuis 1996 ! Quant à Dexia et Natixis, grandes victimes de la crise financière, elles ont eu le statut de penny stock.
Depuis mars, lorsque le CAC 40 a atteint son plus bas, les valeurs financières ont fortement rebondi et tiré les Bourses mondiales vers le haut. Ce rebond, d'abord mécanique, a été soutenu par des résultats annuels certes catastrophiques, mais accompagnés de plans d'action à grande échelle. Les banques ont promis de ne plus se laisser séduire pas les produits risqués, mais aussi les plus rémunérateurs à court terme. Une affirmation qui concerne avant tout les métiers les plus touchés par la pertubation des marchés financiers, à savoir la gestion d'actifs et la banque de financement et d'investissement.
La restructuration (à la marge) effectuée par BNP Paribas dans cette dernière branche a visiblement porté ses fruits, car, après une perte au quatrième trimestre, le groupe peut compter sur ce métier pour soutenir ses résultats. Ceux de la banque d'investissement de la Société Générale ont également rebondi. Une grande partie des bénéfices du groupe est toutefois effacée par des dépréciations d'actifs, dont il n'a sans doute pas encore vu la fin.
Le Crédit Agricole a également été pénalisé par des pertes dans sa banque d'investissement Calyon, dont l'organisation a été profondément revue. Le groupe s'est refocalisé sur son métier phare, la banque de détail sur son marché domestique, avec des résultats bien supérieurs à ceux de ses concurrents au troisième trimestre.
Natixis doit encore convaincre le marché de la pertinence de son nouveau modèle, présenté en août dernier. La filiale des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires a fait un premier pas, en redevenant bénéficaire au troisième trimestre.
Bénéficiaire, Dexia l'est déjà depuis trois trimestres, mais son sort reste suspendu à une décision de la Commission européenne sur sa réorganisation.
Chose certaine, les banques ne retrouveront pas de sitôt leurs plus hauts historiques, atteints fin 2006 ou en 2007 et motivés par des bénéfices considérables. Elles évoluent dans un environnement réglementaire différent et doivent, de plus, affronter la récession économique. La rentabilité moyenne des fonds propres, par exemple, sera plus proche de 10 % pour les banques, au lieu de 20 % dans le passé. A.H.
.










