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Les cimentiers luttent pour s'adapter dans un environnement dégradé
Toutes les valeurs du secteur sont pénalisées par le ralentissement du marché de la construction dans plusieurs pays développés
PAR FABIENNE BOULOC |
JDF HEBDO | 04.10.2008 | Mise à jour : 19H43
Dans une conjoncture plus difficile, les cimentiers doivent démontrer leur capacité de résistance. En Bourse, le rebond du secteur pourrait prendre du temps.
Le ton a été donné cet été. En lançant un avertissement sur leurs résultats, le suisse Holcim et le mexicain Cemex, numéros deux et trois mondiaux du secteur, ont confirmé les inquiétudes des investisseurs.
Après des années fastes entre 2004 et 2006, où les volumes totaux de vente progressaient de 9 à 10 % par an, la situation a changé. Le retournement de la construction est plus important que prévu dans plusieurs pays développés, notamment aux Etats-Unis, en Espagne et au Royaume-Uni. La crise financière et le durcissement des conditions d'accès au crédit conduisent aussi au report de certains projets.
Au premier semestre 2008, les volumes de ciment vendus par Lafarge aux Etats-Unis ont baissé de 10 %. Dans la plupart des cas, la capacité des cimentiers à élever leurs prix n'a pas compensé ce repli, dans un contexte de renchérissement du coût de l'énergie. Ciments Français a enregistré au premier semestre une hausse de 26,2 % de sa facture de combustibles et de 4,7 % pour l'électricité, à volumes comparables. Ces éléments constituent le tiers des coûts de production du ciment.
Des marges sous pression
Dans les pays émergents, qui représentent 80 % du marché mondial, la demande continuera à croître, mais à un rythme moins soutenu. « Le ralentissement économique mondial aura des conséquences sur notre industrie, qui est pleinement liée à l'activité économique », explique Yves-René Nanot, P-DG de Ciments Français. L'environnement est donc délicat. Mais les cimentiers ont des atouts pour y faire face. Le besoin mondial de ciment est durable et le marché présente de fortes barrières à l'entrée. Le ciment doit être fabriqué localement et cette industrie consomme beaucoup de capital. Construire une ligne de production coûte jusqu'à 160 millions d'euros. La préservation de l'outil industriel et des gisements de calcaire nécessite un investissement de 5 à 10 % des recettes par an.
Les trois acteurs français cotés du secteur sont sains. Leur structure financière est bonne, et leur stratégie d'expansion dans les pays émergents et d'intégration verticale (dans les bétons et granulats) est porteuse. « Le ralentissement du marché est cyclique et lié en grande partie à la fermeture du marché du crédit. Les besoins à long terme restent élevés. Cela ne remet pas en cause la solidité du business model des cimentiers », estime Rafic El Haddad, analyste chez Natixis Securities. Toutefois, avec l'augmentation des coûts, les marges seront sous pression en 2009. En France, selon Euler-Hermes, la marge opérationnelle baissera de 14 points en deux ans.
En Bourse, les titres des cimentiers s'échangent à des niveaux très faibles. « Il faudrait des baisses des résultats de 20 à 25 % pour justifier les valorisations actuelles, qui sont désormais au-dessous des prix de remplacement (Ndlr : prix à payer pour remplacer un actif existant par un actif similaire) », détaille Rafic El Haddad. L'idée favorisée est celle d'une récession mondiale, un scénario auquel nous ne croyons pas.
Cependant, le secteur manque de catalyseurs à court terme. Si la baisse du prix du pétrole est un élément positif, l'évolution de la construction inquiète encore les investisseurs. Il faut donc privilégier les groupes diversifiés géographiquement, bénéficiant des spécificités nationales.
Après des années fastes entre 2004 et 2006, où les volumes totaux de vente progressaient de 9 à 10 % par an, la situation a changé. Le retournement de la construction est plus important que prévu dans plusieurs pays développés, notamment aux Etats-Unis, en Espagne et au Royaume-Uni. La crise financière et le durcissement des conditions d'accès au crédit conduisent aussi au report de certains projets.
Au premier semestre 2008, les volumes de ciment vendus par Lafarge aux Etats-Unis ont baissé de 10 %. Dans la plupart des cas, la capacité des cimentiers à élever leurs prix n'a pas compensé ce repli, dans un contexte de renchérissement du coût de l'énergie. Ciments Français a enregistré au premier semestre une hausse de 26,2 % de sa facture de combustibles et de 4,7 % pour l'électricité, à volumes comparables. Ces éléments constituent le tiers des coûts de production du ciment.
Des marges sous pression
Dans les pays émergents, qui représentent 80 % du marché mondial, la demande continuera à croître, mais à un rythme moins soutenu. « Le ralentissement économique mondial aura des conséquences sur notre industrie, qui est pleinement liée à l'activité économique », explique Yves-René Nanot, P-DG de Ciments Français. L'environnement est donc délicat. Mais les cimentiers ont des atouts pour y faire face. Le besoin mondial de ciment est durable et le marché présente de fortes barrières à l'entrée. Le ciment doit être fabriqué localement et cette industrie consomme beaucoup de capital. Construire une ligne de production coûte jusqu'à 160 millions d'euros. La préservation de l'outil industriel et des gisements de calcaire nécessite un investissement de 5 à 10 % des recettes par an.
Les trois acteurs français cotés du secteur sont sains. Leur structure financière est bonne, et leur stratégie d'expansion dans les pays émergents et d'intégration verticale (dans les bétons et granulats) est porteuse. « Le ralentissement du marché est cyclique et lié en grande partie à la fermeture du marché du crédit. Les besoins à long terme restent élevés. Cela ne remet pas en cause la solidité du business model des cimentiers », estime Rafic El Haddad, analyste chez Natixis Securities. Toutefois, avec l'augmentation des coûts, les marges seront sous pression en 2009. En France, selon Euler-Hermes, la marge opérationnelle baissera de 14 points en deux ans.
En Bourse, les titres des cimentiers s'échangent à des niveaux très faibles. « Il faudrait des baisses des résultats de 20 à 25 % pour justifier les valorisations actuelles, qui sont désormais au-dessous des prix de remplacement (Ndlr : prix à payer pour remplacer un actif existant par un actif similaire) », détaille Rafic El Haddad. L'idée favorisée est celle d'une récession mondiale, un scénario auquel nous ne croyons pas.
Cependant, le secteur manque de catalyseurs à court terme. Si la baisse du prix du pétrole est un élément positif, l'évolution de la construction inquiète encore les investisseurs. Il faut donc privilégier les groupes diversifiés géographiquement, bénéficiant des spécificités nationales.
LE SECTEUR EN BREF
LES POINTS FORTS
LES POINTS FORTS
Fortes barrières à l'entrée, demande non élastique au prix, production locale.
LES POINTS FAIBLES
Industrie très consommatrice en énergie et en capitaux, activité cyclique dépendante de la conjoncture économique.
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