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Les trois indicateurs symbolisant la puissance chinoise sont baissiers. Faut-il y voir une belle résistance à un contexte difficile ou un début d'essoufflement ? En réalilté, l'économie chinoise marque une pause, mais reste très vigoureuse.

Les trois indicateurs symbolisant la puissance chinoise sont baissiers. Faut-il y voir une belle résistance à un contexte difficile ou un début d'essoufflement ? En réalilté, l'économie chinoise marque une pause, mais reste très vigoureuse.

La Chine cherche toujours à éviter la surchauffe

L'empire du Milieu est rattrapé par les tensions qui minent le marché mondial, mais il souhaite garder la main
FLORENT LACAS | JDF HEBDO | 19.07.2008 | Mise à jour : 15H27
La Chine vient d'annoncer un taux de croissance semestriel, à hauteur de 10,5 % en rythme annuel, en recul par rapport à 2007 (11,9 %). Son économie montrerait- elle des premiers signes d'essoufflement ? C'est possible, et d'autres chiffres décevants semblent bien confirmer cette hypothèse.
Au premier rang de ceux-ci, celui de l'inflation des prix des matières premières, qui a grandement participé à l'augmentation du coût des importations de 30,6 % sur le semestre, alors que le revenu des exportations est monté de « seulement » 21,9 %. Ce retournement a conduit à un ralentissement de 12 % de l'accroissement de l'excédent commercial en glissement annuel. Cette perte s'est logiquement traduite par un recul des réserves de change (40 milliards de dollars pour juin 2007, 11,9 milliards pour juin 2008).
Il est donc possible que d'ici à 2009 l'excédent commercial diminue, une première depuis 2001. Mais, selon Claude Tiramani, gérant de fonds chez BNP Paribas, cela n'est pas si inquiétant. Il pense en effet que la croissance sera au rendez-vous grâce aux subventions d'Etat. « Pékin peut se permettre de pousser son déficit public jusqu'à 3 % du PIB, juge-t-il, quitte à stopper les subventions accordées à l'énergie quand l'inflation sera revenue à un niveau acceptable. » La croissance sera également soutenue par la hausse des revenus dans les campagnes et par celle du salaire minimum.
Contrôle des flux de capitaux
En revanche, Claude Tiramani se montre plus préoccupé par l'inflation importée. Celle-ci reste importante alors même que la masse monétaire a montré un léger repli en juin, en augmentant de seulement 17,4 % (18,1 % en mai). L'indice des prix a atteint 7,1 % en juin, un chiffre relativement faible par rapport au pic de février (8,7 %), mais loin devant l'objectif annuel de 4,8 %. Le gouvernement chinois s'inquiète également de l'afflux de capitaux étrangers, estimés à 148 milliards de dollars en 2008, qui pourrait devenir problématique. Les investisseurs sont naturellement intéressés par les perspectives que leur offre la Chine et par le renforcement du yuan, alors que les économies occidentales donnent peu d'alternative enthousiasmante.
Pour contrôler cette profusion de capitaux, le gouvernement chinois souhaite améliorer la traçabilité des flux financiers, le but étant de supprimer son image de marché opportuniste et volatil. Ce faisant, Pékin ne change pas vraiment de cap et suit toujours sa même logique d'exportation de capitaux vers l'étranger afin d'éviter d'alimenter la surchauffe du marché intérieur. Cette stratégie lui permet aussi d'étendre son influence à l'extérieur via les fonds souverains et des opérations de fusion-acquisition.
Selon certains analystes, le gouvernement ne luttera vigoureusement contre l'inflation qu'après les Jeux olympiques. Il faudra alors s'attendre à une augmentation des taux de réserves obligatoires des banques et à une poursuite de la réévaluation du yuan.
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