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Le prix des produits agricoles ont moins augmenté que le pétrole ou les minerais. Leur marché est pourtant confronté à d'importants déséquilibres structurels.

Le prix des produits agricoles ont moins augmenté que le pétrole ou les minerais. Leur marché est pourtant confronté à d'importants déséquilibres structurels.

Investissez dans l'« agrobusiness », de la culture aux biotechnologies

La filière agricole offre des opportunités d'investissement dans une optique de long terme, loin de la spéculation sur les denrées alimentaires
ROLAND LASKINE | JDF HEBDO | 19.07.2008 | Mise à jour : 19H48
Après s'être longtemps désintéressés du secteur agricole, les investisseurs y reviennent en force et découvrent qu'il présente de belles perspectives de développement pour les années à venir. Le Crédit Agricole vient ainsi de de lancer le fonds CAAM Funds Global Agriculture, dédié à ces activités.
L'objectif n'est pas de spéculer sur les matières premières agricoles, mais de s'intéresser à l'ensemble de la filière, en investissant sur des sociétés intervenant dans des domaines aussi variés que la culture, l'élevage, les semences, les engrais, les équipements, l'irrigation ainsi que le transport et la biotechnologie.
Un fonds de ce type ayant déjà été lancé par Deutsche Bank et par BNP Paribas, le Crédit Agricole ne pouvait se permettre de rester à l'écart du mouvement. La dynamique du fonds repose sur des questions aussi essentielles que l'existence d'un profond déséquilibre entre l'offre et la demande de produits alimentaires à l'échelle planétaire.
Côté demande, il ne fait aucun doute que la croissance démographique constitue un défi majeur puisqu'il faudra trouver de quoi nourrir plus de 9 milliards d'individus d'ici à 2010. Un défi auquel s'ajoute une progression constante de l'espérance de vie dans tous les pays du monde, qui contribue elle aussi à alourdir la demande. Le changement de régime alimentaire des pays émergents accroît également les déséquilibres. Initialement constitué de céréales, il s'oriente vers des produits à base de protéines comme la viande, conduisant à une explosion des besoins en alimentation animalière.
Même chose pour les biocarburants, qui concurrencent désormais directement les cultures, jusqu'à présent réservées à l'alimentation.
Pas de spéculation sur les denrées alimentaires
Côté offre, la diminution des terres arables du fait de l'urbanisation constitue un problème majeur. Les experts de la FAO estiment que d'ici à 2030 60 % de la population mondiale vivra dans des zones urbaines, car l'exode rural se poursuit dans de nombreux pays, comme en Inde ou en Chine.
La baisse de fertilité des sols du fait de la pollution et de l'utilisation intensive d'engrais, contribue aussi à la réduction de l'offre, sans parler de l'impact du réchauffement climatique.
L'objectif n'est pas de tirer profit d'un quelconque sentiment d'insécurité, mais de montrer que la filière agricole est entrée dans un cycle structurellement haussier. « Nous nous intéressons à des sociétés innovantes visant à améliorer la productivité de la filière agricole sur le long terme, souligne Nicolas Frageau, gérant du fonds. Plutôt que de parier sur l'évolution des prix à court terme, nous cherchons à bénéficier du potentiel de croissance des valeurs que nous identifions. »
L'univers d'investissement est très large, puisque les gérants du Crédit Agricole ont identifié 1.500 valeurs cotées de par le monde auxquelles ils sont susceptibles de s'intéresser.
Le fonds est très internationalisé : 41 % des valeurs sont situées en Asie, 34 % en Amérique du Nord, 14 % en Europe, 9 % en Amérique du Sud et 2 % en Afrique. L'indice de référence est le MCSI World, ce qui signifie que l'objectif est de faire mieux que la moyenne des grands marchés mondiaux sur une durée d'investissement recommandée de cinq ans au minimum.
NOTRE CONSEIL
Le fonds CAAM Global Agriculture constitue un bon véhicule de diversification de portefeuille dans une optique moyen-long terme. Il s'agit d'un compartiment dédié à l'agriculture au sein de la Sicav CAAM Funds, de droit luxembourgeois. Les frais d'entrée nous paraissent élevés puisqu'ils peuvent aller jusqu'à 4,5 % du montant investi.
Les frais de gestion annuels sont fixés à 1,60 %.
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