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La Fed mène depuis de nombreuses années une politique monétaire beaucoup plus réactive que la Banque centrale européenne.

La Fed mène depuis de nombreuses années une politique monétaire beaucoup plus réactive que la Banque centrale européenne.

Comment les banques centrales relancent la croissance

L'arme des taux leur permet de lutter contre l'inflation et de stimuler le crédit
YANNICK ROUDAUT | JDF HEBDO | 13.12.2008 | Mise à jour : 20H34
En décidant de baisser le niveau de son principal taux directeur de 75 points de base le 4 décembre dernier, la Banque centrale européenne (BCE) a créé la surprise. Pour autant, la réaction des investisseurs a été plutôt froide. L'indice CAC 40 a terminé sur une baisse de 0,17 % avant de chuter de plus de 5 % le lendemain. Cet épisode montre à quel point le pilotage de la politique monétaire est un exercice délicat.
Convaincre les marchés de la justesse de la décision n'est pas une mince affaire. Si la BCE avait décidé de baisser le niveau de son principal taux directeur de seulement 25 points de base, les investisseurs auraient été déçus par la faiblesse du geste. Les indices auraient sans doute baissé. Un geste de 50 points de base aurait pu être jugé normal. Quant à la décision d'opter pour une baisse historique de 75 points de base, elle n'a pas suscité la joie. Au contraire. Beaucoup ont interprété ce geste comme le signe d'une aggravation de la situation économique européenne.
Stimuler la croissance
Si la fonction première de la BCE est de lutter contre l'inflation et non de stimuler l'économie, en décidant d'assouplir sa politique monétaire, elle envoie un signal clair aux banques et aux investisseurs. Avec un taux de refinancement à 2,75 %, la BCE permet aux banques de la zone euro de se procurer des fonds à un taux moins élevé. Cet argent sera ensuite réinjecté dans le circuit des prêts aux entreprises et aux particuliers. C'est toute la chaîne du financement qui bénéficie de cet ajustement à la baisse. Un assouplissement important de la politique monétaire participe donc au soutien de l'économie et à la relance de l'investissement. A l'inverse, une hausse des taux d'intérêt rend l'accès au crédit plus cher pour les banques, et renchérit donc l'accès à l'emprunt pour tous les acteurs économiques.
Les banques centrales ont horreur de l'inflation car elle ronge le pouvoir d'achat. Et plus l'inflation est élevée dans un pays, plus les capitaux ont tendance à le fuir pour éviter de subir l'érosion monétaire. L'arme la plus efficace pour lui couper la tête est de restreindre la masse monétaire en circulation en agissant sur le crédit. Plus l'accès au crédit est difficile, moins les ménages, les entreprises s'endettent, pesant alors sur la consommation et par ricochet sur les prix de vente.
Pour lutter contre l'inflation, les banques centrales n'hésitent donc pas à relever le niveau de leurs taux directeurs. Et quand l'inflation disparaît, ce qui est le cas aujourd'hui avec le reflux des prix des matières premières, les banques centrales peuvent baisser la garde. En l'absence de pressions inflationnistes, certaines institutions comme la banque du Japon et peut-être bientôt la Banque fédérale américaine n'hésitent pas à ramener leurs taux d'intérêt à zéro pour relancer la croissance de leur pays. Elles stimulent l'emprunt et donc, au final, encouragent les opérations financières à effet de levier qui nous coûtent aujourd'hui si cher.
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