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Les décisions sur le dividende suivent un processus défini à l'avance. Chaque étape est balisée. Les actionnaires doivent faire attention au calendrier des sociétés.

Les décisions sur le dividende suivent un processus défini à l'avance. Chaque étape est balisée. Les actionnaires doivent faire attention au calendrier des sociétés.

Le dividende rémunère la prise de risque des actionnaires

Seule l'assemblée générale a le pouvoir de décider la distribution du bénéfice
YANNICK ROUDAUT | JDF HEBDO | 21.02.2009 | Mise à jour : 12H40
L'un des fondements de l'investissement en Bourse est la prise de risque. Un actionnaire investit dans une société en sachant parfaitement qu'il peut perdre tout ou partie de sa mise. En échange, il attend une rémunération de son investissement, qui se matérialise chaque année par le versement d'un dividende, lorsque la situation financière de la société le permet.
Le versement du dividende n'est en rien obligatoire. Chaque année, les actionnaires, réunis en assemblée générale ordinaire, doivent approuver la ventilation du résultat net réalisé au cours de l'exercice clôturé. Quand le résultat se solde par un bénéfice et non par une perte, les actionnaires doivent se prononcer sur la part du bénéfice qui leur revient. En effet, la totalité du bénéfice net n'est pas distribuée aux actionnaires. Conformément aux règles comptables, une partie de celui-ci est mise en réserve.
Le bénéfice distribuable correspond au bénéfice net annuel, après imputation des pertes passées et mises en réserve. Il est rarement rendu en totalité aux actionnaires. En France, les sociétés cotées versent en moyenne un tiers de leur bénéfice distribuable aux actionnaires. Ce ratio est appelé pay out. Une partie de ce bénéfice est souvent reportée sur l'exercice suivant pour éventuellement pouvoir continuer à verser un dividende, même si le résultat est moins élevé. Cette quote-part est appelée report à nouveau.
Le pouvoir à l'assemblée générale des actionnaires
C'est le conseil d'administration qui propose aux actionnaires de se prononcer sur la répartition du bénéfice distribuable. Une enveloppe globale est soumise au vote, laquelle est ensuite divisée par le nombre d'actions existantes pour déterminer le dividende net par titre. Toutes les actions permettent de prétendre au dividende, sauf celles qui sont détenues en direct par la société. Une entreprise peut en effet détenir jusqu'à 10 % de ses propres actions (c'est l'autocontrôle), sous réserve que ces dernières ne soient pas rémunérées.
Le vote des actionnaires en faveur du dividende est généralement unanime, sauf quand l'entreprise est dans une situation délicate. En 2007, les actionnaires d'EADS se sont difficilement départagés sur l'attribution ou non d'un dividende alors que l'entreprise s'engageait dans un vaste plan de restructuration. La distribution d'un dividende a alors été votée avec un peu plus de 50 % des voix exprimées, une partie de l'assemblée générale s'opposant à la distribution. Ce sont bien les actionnaires qui ont tout le pouvoir de décision en la matière, car ils sont les plus à même de juger de la solidité de leur entreprise et d'en assumer les risques.
En pleine crise économique, la question des dividendes suscite la polémique. Pourtant, alors que l'aversion au risque n'a jamais été aussi élevée, et que les entreprises vont avoir besoin de tous les soutiens pour traverser la tempête, la politique de distribution permet de fidéliser les actionnaires, de récompenser leur fidélité et d'envoyer aussi un signal de confiance aux investisseurs.
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