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Selon nos estimations, le PER moyen des sociétés du CAC 40 pour 2009 devrait s'établir à 8,5 fois. Un signal d'achat pour bon nombre d'actionnaires.

Selon nos estimations, le PER moyen des sociétés du CAC 40 pour 2009 devrait s'établir à 8,5 fois. Un signal d'achat pour bon nombre d'actionnaires.

Comment déterminer le vrai prix d'une action

La seule analyse financière ne suffit pas à établir le juste prix d'une société
YANNICK ROUDAUT | JDF HEBDO | 07.03.2009 | Mise à jour : 21H12

En période de crise, les grilles d'analyse et de valorisation classiques volent en éclats. La notion de valeur est soumise à rude épreuve et suscite des interrogations sur les ratios censés livrer un juste prix.

Depuis quelques mois, les modèles d'évaluation classiques sont incapables d'imposer leur vision au marché, poussant les investisseurs à s'interroger sur la notion de valeur. Les techniques d'évaluation sont pourtant nombreuses. La plus prudente consiste à valoriser une action en calculant le « prix à la casse » de l'entreprise. Le calcul est simple. Il suffit de retenir le montant des fonds propres, d'y ajouter la trésorerie et d'en déduire le montant des dettes. Le résultat de ce calcul correspond à la situation nette de l'entreprise, ce qu'il resterait aux actionnaires en cas de liquidation, sans tenir compte de la valeur des marques et autres actifs. C'est un calcul extrêmement réducteur qui livre le prix a minima d'une société.
De multiples méthodes d'évaluation
La valeur d'une action peut également être déterminée par la valorisation des cash-flows futurs, ou la détermination de supports graphiques et techniques... La méthode la plus simple pour un investisseur individuel est celle des PE ou PER (Price Earning Ratio). Ce calcul compare le montant du bénéfice net par action au dernier cours de Bourse (cours/ BNPA). Il permet de déterminer si la société est correctement valorisée par rapport à ses concurrents. Cette approche a cependant montré ses limites ces derniers mois. Malgré des PER inférieurs à 5 fois, de nombreuses valeurs poursuivent leur descente aux enfers alors que le PER moyen de l'indice CAC 40 est historiquement compris entre 12 et 14 fois les bénéfices attendus...
Un prix déterminé en fonction d'éléments extrafinanciers
La conclusion est évidente : la vraie valeur d'une action ne peut pas être exclusivement déterminée par la seule analyse financière. Tant que la peur domine le marché, tant qu'aucune garantie ne peut être apportée sur la capacité des entreprises à réaliser les bénéfices attendus sur les trois ou quatre prochaines années, les ratios d'analyse classique sont peu utiles. La question à se poser n'est donc pas quelle est la valeur d'une action en 2009, mais plutôt quelle sera la valeur de cette action dans trois ans, cinq ans, dix ans. Pour y répondre, il suffit d'appliquer les conclusions de John Maynard Keynes : le prix d'une action n'est pas déterminé par sa valeur mathématique mais plutôt par la perception qu'en ont les autres. La Bourse fonctionnerait comme un concours de beauté. Inutile donc d'acheter un titre que l'on estime sous-valorisé au regard de ses fondamentaux. Il faut miser sur les valeurs qui ont de fortes chances de plaire aux autres investisseurs. Et, à ce jeu-concours, il paraît aujourd'hui évident que les métier du green business, de l'eau, de l'énergie, des infrastructures collectives... regorgent de futures lauréates du concours de beauté.
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