Les JO profitent-ils à la bourse ?
Alors que l'évènement constitue une formidable vitrine, les années de Jeux Olympiques n’ont pas toutes été positives pour l'indice du pays hôte.
En 1996, aux Etats-Unis, l’indice Dow Jones a grimpé de plus de 26%. Cette année là, la première puissance mondiale qui accueillait alors les jeux s'inscrivait en pleine formation de la bulle technologique, profitant notamment aux valeurs liées à l’informatique et aux télécommunications. En 1998, c’est en pleine crise asiatique que le Japon accueille les Jeux Olympiques d’hiver de Nagano. L’évènement ne pouvait cependant pas provoquer le retournement des marchés. Initiée par la chute de la devise thaïlandaise, le baht, une crise monétaire s’était très vite propagée en Asie, à partir de juillet 1997. En 1998, le Nikkei perdait ainsi 9,3%.
En 2000, l’indice phare de la bourse australienne, l’ASX 20, s’est quant à lui révélé stable. Aux prémices de l’éclatement de la bulle «Internet», l’indice n’a progressé que de 3,08% sur un an. Deux années plus tard, lors des JO d’hiver de Salt Lake City aux Etats-Unis, la dégringolade battait son plein sur le Dow Jones, en perte de 16,77% sur l’année 2002.
A Athènes, en 2004, le climat économique mondial était davantage prospère. Un an après la fin de la crise, marquée par le début de la guerre en Irak qui a fait disparaître les incertitudes, les valeurs bancaires et immobilières ont entre autres bénéficié d’une euphorie. Sur l’année, l’indice grec gagnait plus de 23%. Depuis 2003, le pays a d’ailleurs bénéficié d’une croissance annuelle de plus de 4%. Toujours en Europe, les JO de Turin de 2006 ont continué sur cette tendance. L’indice italien MIB 30 grimpait de 17,52%.
En Chine, la bourse de Shanghai a dévissé de 50,48% depuis le 1er janvier 2008, après avoir subi un trop fort engouement en 2007, créant de fait une bulle fragile . La hausse du pétrole a principalement pesé sur les marges des entreprises, dont les coûts de production ont grimpé depuis le début de l’année. De plus, le contrôle des prix du gouvernement chinois a pesé sur les compagnies pétrolières, qui n’ont pas pu répercuter la hausse des cours du brut sur le consommateur chinois.
Pour les pays organisateurs, l’attente de retours économiques est très importante, avec un évènement d’une telle ampleur. 26 milliards de dollars ont d’ailleurs été investis par la Chine. Néanmoins, après avoir réalisé des investissements qui se comptent en milliards de dollars, le retour se montre parfois décevant : la rentabilité des JO tiendrait essentiellement à l’utilisation future des infrastructures géantes créées à l’occasion de cet évènement éphémère.













