Les actionnaires individuels gardent leur sang froid
Alors que les traders ont perdu des sommes colossales, les particuliers, eux, résistent aux sirènes de l'argent facile.
4,9 milliards d’euros en mars pour le compte de la Société générale, 751 millions d’euros pour le trader de la caisse d’épargne, c’est le montant colossal des pertes qu’auraient fait subir à leur banque, Jérôme Kerviel et le trader de Natixis, dont le nom n’a pas été révélé. Au moment où les marchés atteignaient des pics de volatilité historiques, ce dernier n’aurait pas hésité à prendre des positions à effet de levier au mépris des règles prudentielles élémentaires. Les particuliers eux, n’ont pas cédé à l’appât du gain. Un sondage réalisé à l’occasion du salon Actionnaria par l'organisateur auprès des visiteurs potentiels révèle que 83% d’entre eux ont une position d’attente. Ils ne sont que 9% à intervenir régulièrement afin de saisir des opportunités qui se présentent. Pour autant, ils n’ont pas déserté la bourse. Seulement 8% d’entre eux déclarent s’être fortement désengagés.

Une attitude qui est conforme à leur perspective sur la bourse. Si pour la majorité d’entre eux, la crise est durable, il ne s’agit que d’une dérive du système financier et ils se montrent optimistes pour l’évolution boursière des prochains mois. En effet, 89% d’entre eux considèrent que les cours actuels de bourse des sociétés ne correspondent pas à la réalité des valeurs des entreprises cotées. Une fois qu’ils auront le sentiment que les marchés se seront stabilisés, ils réinvestiront dans ces entreprises. Ils restent toutefois prudents concernant la fin de l’année, tablant en moyenne sur un Cac 40 à 3541 points. Seulement 21% d’entre eux pensent que le Cac 40 finira l’année en dessous de 3200 points.
Concernant les causes de la crise, dans leur immense majorité (57%) les particuliers sondés considèrent que ce sont les banques américaines qui sont à l’origine de la débâcle actuelle. Les autorités de régulation sont également pointées du doigt par 47% d’entre eux, car elles auraient failli dans leur rôle de contrôle. En toute logique, parmi les premières mesures à mettre en œuvre pour résoudre la crise, ils préconisent de renforcer les contrôles dans les établissements bancaires et de réformer complètement le système financier international.
















