USA : un plan pour relancer le crédit à la consommation
Focus-Après l’immobilier, les Etats-Unis viennent en aide au marché du crédit à la consommation.
L’activisme des autorités américaines ne se dément pas. Après l’annonce faite hier par Barack Obama de la mise en place d’un plan visant à relancer l’économie américaine, c’est aujourd’hui à la Fed d’annoncer des mesures afin de relancer le crédit à la consommation, un secteur en berne aux Etats-Unis.
Il faut dire que la consommation fait partie intégrante de la culture américaine, encouragée par les établissements émetteurs de cartes de crédit. Les Américains sont des habitués des « cards », empruntant énormément d’argent via une ou plusieurs cartes de crédit. Les politiques des banques étaient très accommodantes concernant l’octroi des cartes et les prêts qui en découlaient. Les Américains ne remboursaient ainsi qu’une petite part chaque mois. Or la crise est passée par là, et a réduit la possibilité de remboursement des ménages, et rend ainsi frileux les préteurs. Avec les crises immobilières, financières et le ralentissement économique, ce sont désormais des millions d’Américains qui se retrouvent lourdement endettés, alors que les banques ont, de leur côté, augmenté leurs taux.
Pour faire face à cette timidité des banques à accorder des crédits, la Fed a donc annoncé de nouvelles mesures, qui s’inscriront en complément du plan Paulson. La Réserve Fédérale de New York va donc prêter jusqu’à 200 milliards de dollars aux détenteurs d’obligations adossées à des actifs tels que crédits automobiles, encours de cartes de crédits, prêts étudiants et crédits consentis aux PME. Le Trésor va puiser dans les 700 milliards de dollars du plan de sauvetage du système financier, pour assurer ce mécanisme, à hauteur de 20 milliards.
Des ménages américains encore très endettés
Les émissions pour ce type de dette, qui permet aux émetteurs de crédits à la consommation de se refinancer, avaient chuté en septembre et étaient à l’arrêt en octobre. La Fed va ainsi prêter aux détenteurs de ces titres un montant égal à leur portefeuille, moins une commission, et son prêt sera garanti par la valeur du portefeuille. Le gouvernement espère qu’avec ce programme, les banques prêteront plus facilement de l’argent aux consommateurs moyens.
L’enjeu est de taille : l’encours total sur les cartes de crédit aux Etats-Unis s’élève à 900 milliards de dollars (environ 700 milliards d’euros). Une somme détenue pour 425 milliards par les seules JP Morgan Chase, Bank of America et Citigroup. Or les pertes afférentes au crédit à la consommation pourraient être d’ampleur: le cabinet Innovest Strategic Value Advisors estime que les émetteurs de cartes devraient afficher environ 37 milliards de dollars (29 milliards d’euros) de pertes en 2008 et 88 (69 milliards) en 2009.
Or la consommation est le moteur de la croissance américaine, avec un PIB qui dépend à plus de 73% de la consommation des ménages. Une consommation qui reposait en partie sur la dette. D’après les chiffres de l’OCDE, la dette des ménages américains représentait 136% de leur revenu disponible brut en 2006 (59% en France en 2005). Dans le même temps, le taux de l’épargne réel est tombé sous 1% dans le pays de l’Oncle Sam, contre 13,9% dans la zone euro au deuxième trimestre 2008, selon la Banque centrale européenne. En France, le taux est de 15,8% en 2007, selon l’Insee (chiffre provisoire).
Si l’administration actuelle, ainsi que celle à venir ne parvenait pas à résoudre rapidement le problème de surendettement des ménages américains, beaucoup pourraient se retrouver en faillite personnelle. Après les «subprime», les titres de dettes des consommateurs américains deviendraient alors les nouveaux actifs toxiques des banques.









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