2008, l’année
de tous les superlatifs
Records boursiers, envolée puis krach du pétrole, faillites, scandales en série, 2008 restera dans l’histoire boursière et économique comme une année de rupture.
2008 restera gravée dans les annales boursières. Jamais en effet autant de records, puis de plus bas, n’auront été franchis sur tant de classes d’actifs en si peu de temps. La déflagration a été puissante. Immobilier, finance, matières premières : toutes les bulles ont crevé, quasiment simultanément.
Pourtant, les indices laissant présager d’une telle conclusion ne manquaient pas: l’immense bulle qui s’était créée autour des matières premières en était un exemple. Sur le pétrole, la barre des 100$ fut passée en tout début d’année puis a été bientôt suivie par d’autres aberrations spéculatives : les 120$, 140$ furent pulvérisés avant que le baril n’atteigne son zénith à 147$, un niveau jamais atteint, même en données corrigées de l’inflation.
Cette flambée des prix du brut avait entrainé dans son sillage les autres matières premières. Non seulement les métaux qui affichaient records sur records, mais également les matières premières dites «soft», à savoir les céréales, et l’ensemble des denrées agricoles. Le monde redécouvrait la crise alimentaire, et les limites des lois de l’offre et de la demande. L’or fût également de la partie. Après avoir passé courant janvier son plus haut historique, le métal précieux passait au dessus des 1000$, profitant à la fois des anticipations inflationnistes et des craintes sur le secteur financier américain, peu avant la faillite de Bear Stearns, le 14 mars. Comme tout augmentait, la BCE, qui s’inquiétait alors de cette montée des risques inflationnistes, décidait de monter ses taux jusqu’à 4.25%. C’était en juillet. L’euro touchait alors un nouveau plus haut, historique lui aussi, à 1,60 dollar.
Et alors que la planète finance croyait avoir tout vu avec l’affaire Kerviel en janvier et le sauvetage de Bear Stearns par JP Morgan et la Fed, le mois de septembre est venu rappeler à tous à quel point la Bourse sait parfois se montrer créatrice de sensations fortes. Début septembre, de nouveaux signes de craquements apparaissent. Premier coup dur, les deux plus gros organismes de refinancement hypothécaire américains, Freddie Mac et Fannie Mae, sont mis sous tutelle début septembre. Un sauvetage d’une ampleur inégalée pour deux sociétés jusqu’alors semi-privées. Mais c’est une semaine plus tard qu’allait intervenir l’évènement le plus marquant de l’année boursière. La banque d’investissement Lehman Brothers se place en effet, le 15 septembre, sous la loi de protection des faillites. Un acteur de cette taille qui peut faire faillite, c’était assurément le signe que n’importe quel établissement bancaire pouvait faire de même. Les bourses chutent. Du coup, le marché interbancaire se grippe, plus personne ne veut prêter à quiconque. A Paris, le CAC 40 enregistre le 6 octobre sa plus forte baisse historique (-9.04%).
Pour que la situation s’améliore, il faudra attendre mi-octobre et la mise place du plan Paulson et celle de la boîte à outils européenne. Le 13 octobre, consécutivement à l’annonce par l’Eurogroupe d’un plan européen visant notamment à garantir les dettes interbancaires, l’indice parisien exulte. Le CAC 40 prend 11.18%. C’est encore, à ce jour, la plus forte hausse de son histoire. Preuve que l’année aura aussi été marquée par une incroyable volatilité, l’indice Vix, qui mesure cette dernière, frôle courant octobre les 90 points en séance à Chicago. Un record historique…
Tout comme le montant des scandales financiers qui auront jalonné l’année :l’affaire Kerviel tout d’abord, qui porte sur une perte de trading de 5 milliards d’euros qu’aurait réalisée un seul trader, Jérôme Kerviel. Puis le scandale Bernard Madoff, du nom d’un des ex-patrons du Nasdaq ayant monté une vaste escroquerie dont le montant total pourrait atteindre 50 milliards de dollars. Pour sa part, la bourse de Paris terminera sur un record, lui aussi historique … de baisse. Une chose est sure: 2008 figurera dans les livres d’histoire comme une année noire.












