Les économistes dépriment
| JDF | 30.01.2009 | Mise à jour : 21H19
Roubini, Soros, Shiller : tous prévoient une crise longue, éprouvante, et ravageuse en termes d’emplois.
L’heure n’est pas à la franche rigolade chez les économistes. Et désormais les ex-oiseaux de mauvais augure font référence. Parmi eux, Nouriel Roubini fait figure d’oracle. Les prédictions de l’un des rares économistes à avoir prévu la crise jusque dans ses récents développements sont par conséquent plus que jamais analysés et décryptés. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne se caractérise pas par son optimisme.
Récemment interrogé par Bloomberg, l’homme prévoit tout simplement une chute supplémentaire de 20% des marchés d’actions, 6 millions de chômeurs supplémentaires en 2009, un « hard landing » en Chine, et un taux de chômage de 9% aux Etats-Unis en 2010. Pour lui, le système bancaire ne pourra rebondir que d’une seule façon : il faut nationaliser les banques, les purger de leurs actifs toxiques puis les redonner au secteur privé après avoir les avoir purgé. Et pour tout cela, le plan TARP (le nom technique du plan Paulson) ne suffira pas, il faudra sans doute un TARP 2, 3 ou même 4. Autrement dit, il faudra bien plus que les 700 milliards déjà mis en œuvre dans ce cadre.
Georges Soros pas plus optimiste
Présent à Davos, les prédictions de Georges Soros n’ont rien de plus rassurant. Pour lui, c’est clair : la crise actuelle pourrait être bien pire que celle connue dans les années 30. Le seul moyen d’en sortir serait selon lui la création d’une « bonne banque » qui regrouperait tous les bons actifs, et qui recevrait alors tous les capitaux publics. Côté prévisions cataclysmiques, le financier pense que l’euro ne passera pas la crise si aucun plan global concernant les actifs toxiques n’est trouvé. Il diverge en cela de son ancien associé du Quantum Fund, Jim Rogers, qui préfère lui tirer à boulet rouge sur la livre sterling. Selon lui, la devise d’Albion pourrait bien ne pas survivre à la crise, du fait de la fragilité de l’économie britannique. Pour lui, « la livre est finie » et il ne faut pas investir un seul penny au Royaume-Uni.
Le moins pessimiste de ces anciens Cassandre pourrait bien être Robert Shiller, professeur d’économie à l’université de Yale, et co-inventeur du Case-Shiller, l’indice immobilier de référence aux Etats-Unis. Ce dernier pense qu’une stabilisation des prix des logements pourrait intervenir en 2010. Il n’en est pas pour autant optimiste : selon lui, ce retournement ne se traduira pas par une reprise de l’activité, bien au contraire. Selon lui, il pourrait se passer des années avant que l’économie ne se reprenne globalement.














