Que se passerait-il si l’on était en 1930 ?
Comme lors de la grande dépression le Dow Jones a mis environ 16 mois pour chuter de 50%. Et après ?

Note : Le graphique en bleu montre l'évolution du Dow Jones à partir du moment où la crise de 1929 a éclaté. En rouge, nous avons transposé les cours du Dow Jones actuel depuis les plus hauts d'octobre 2007, en les ajustant aux cours de 1929.
A de nombreux égards, la crise actuelle rappelle celle de 1929. Il y a seize mois, en octobre 2007, le Dow Jones culminait à 14170 points. Depuis, il a reculé de 52%, pour établir un plus bas à 6760 points lundi. La crise de 1929, elle, a débuté en bourse en août. Le Dow Jones culminait alors à 381 points. Etrangement, comme dans la crise actuelle, il a mis seize mois pour reculer de 50% et s’établir à 190 points à la fin de l’année 1931.
La suite fait froid dans le dos. Pendant les dix-huit mois qui ont suivi, l’indice a chuté encore de 75% pour établir un plus bas à la fin du premier semestre de 1932 à 41 points. Au total depuis ses sommets de 1929, l’indice a vu sa valeur fondre de 90% en seulement trois ans. Si le Dow Jones devait suivre le même chemin aujourd’hui, on le retrouverait dans un an et demi en-dessous de 1700 points.
Mais à partir du milieu de 1932, le marché a repris le chemin de la hausse et ce pendant cinq ans, au cours desquels, le marché aura rebondi de 370%. A l’issue de ces cinq années, le Dow Jones avait retrouvé le niveau des 190 points, qu’il avait abandonné à la fin de 1931, après une chute de 50%. Si le Dow Jones, devait subir le même sort aujourd’hui, il baisserait encore pendant un an et demi, jusqu’à la fin 2010. Il faudrait ensuite attendre 2015 pour qu’il retrouve le niveau actuel.
Mais certains objecteront que cette analyse est purement théorique et que pour calculer le véritable rendement d’un investissement, il faut tenir compte de l’inflation et du versement éventuel de dividendes. C’est ce qu’à fait Jeremy Siegel. Un professeur de finance américain, auteur du livre «Stocks for the Long Run» (les actions sur le long terme). Les conclusions qu’il tire permettent de sortir de la sinistrose.
Une fois le gros de la crise passé, les marchés ont été très généreux
Comme dans la crise actuelle, Jeremy Siegel situe le moment où le marché a perdu 50% pendant la grande dépression, si l’on tient compte de l’inflation et du versement des dividendes, à la fin des années 30, soit 16 mois, après le sommet d’août 1929. Après cela, le marché a encore chuté de 60% pendant six mois. Si le marché boursier devait subir aujourd’hui une baisse de la même ampleur, le Dow Jones se négocierait sous les 3000 points à la fin du mois de juillet. Mais la bonne nouvelle, c’est que, selon Jeremy Siegel, les marchés se sont très vite remis du plongeon de 60% du début de l’année 1931. Cela a pris deux ans. En juin 1933, le marché avait retrouvé ses niveaux de la fin des années 20.
En outre, en dépit de la baisse de 60% subie dans les cinq premiers mois de 1931, le marché a grimpé de 7% en moyenne (ajusté du versement des dividendes et de l’inflation), et ce pendant cinq ans. En définitive, percevoir un retour sur investissement annuel de 7% va à l’encontre de l’idée largement répandue que la grande dépression a été une période mauvaise pour l’investissement. Si l’analogie avec la crise de 1929 tient, c’est ce qui va se passer entre aujourd’hui et février 2014. Malheureusement, pour Jeremy Siegel, il n’y a aucun moyen de savoir si nous sommes dans le même schéma. Et même si nous subissions une baisse de 60% dans les cinq prochains mois, rien ne garantit que le marché récupère sa mise aussi vite qu’il l’a fait à la suite de la première moitié de 1931.












