Ces chiffres qui font remonter la Bourse
Plusieurs indices montrent une amélioration de la situation dans certains secteurs, ce qui s’est récemment traduit par une hausse des marchés financiers.
Les indices boursiers n’auraient pas perdu près de 60% de leur valeur en deux ans, on pourrait presque parler d’euphorie. Cela fait pratiquement un mois que les ces derniers ont touché leur point bas. Depuis le 9 mars dernier, la tendance sur les marchés s’est nettement inversée, ce qui a permis aux indices de netamment rebondir.
Jeudi encore, les bourses mondiales étaient à la hausse : le Nikkei 225 terminait à +4,40%. Même chose pour le CAC 40, qui gagnait plus de 5% en clôture. Hier, Wall Street avait aussi cédé à l’euphorie, prenant plus de 2% à la cloche finale.
Cette tendance positive est due à un certain nombre de déclarations et données positives publiées depuis début mars. Outre les propos des banques américaines sur leur bon début d’année, plusieurs secteurs essentiels de l’économie américaine, qui avaient été durement touchés par la crise, ont présenté ces dernières semaines des signes encourageants.
Le déclencheur du rebond: le secteur bancaire
Retour début mars. Le 9 très exactement. Ce jour-là, le CAC 40 touche un plus bas à 2465 points. Il faut dire que les opérateurs n’ont pas le moral : les perspectives de croissance sont en berne, et les marchés boursiers semblent résignés à se morfondre en plein marasme. Et pourtant ce jour-là est un tournant : Le président de Citigroup indique que les deux premiers mois de 2009 ont été profitables pour la banque : une surprise telle que les marchés, pris à revers, surgissent : Les indices CAC, Dow Jones et Euro Stoxx progressent à toute vitesse pour finalement reprendre près de 20% en quelques jours. Les propos tenus par Bank of America, qui est elle aussi bénéficiaire sur les deux premiers mois de 2009, rassurent un peu plus les marchés. Et si le secteur bancaire, l’un de ceux au centre de la crise financière, repartait ?
Immobilier : la stabilisation
Le compartiment bancaire n’est d’ailleurs pas le seul à voir des signes encourageants. La National Association of Realtors a récemment publié son indice des promesses de ventes de logements aux Etats-Unis (ou PHS Index) pour le mois de février. L’évolution des derniers mois révèle un changement de tendance qui, s’il n’est pas révolutionnaire, a grandement contribué à remonter le moral des investisseurs.
Mercredi, les opérateurs ont été rassurés par la parution de l’indice des promesses de ventes aux Etats-Unis. Depuis la fin du mois d’août et le début de la crise économique, l’indice n’avait cessé de chuter pour atteindre en janvier à 80,4 points, soit une contraction de 12 points en 5 mois. La parution mercredi d’une hausse de 2,1% de cet indice au mois de février par rapport au mois précédent, à 82,1 points, témoigne d’une première amélioration de la conjoncture. Il s’agit de la première augmentation depuis le début de la crise. Ces 82,1 points ne témoignent pour autant pas d’une bonne santé de la demande en logements: en 2006 l’indice des promesses de ventes s’affichait à 111,9 points.
Mais cette hausse d’un mois sur l’autre de l’indice reste importante. Elle a d’autant plus redonné confiance aux investisseurs que les ventes de logements neufs et anciens parus pour le même mois ont elles aussi progressé. Les experts du secteur avaient souligné l’importance d’une stabilisation du secteur pour espérer une sortie de crise.
Le marché immobilier américain n’est d’ailleurs pas le seul à percevoir des lueurs d’espoir : les choses s’arrangent aussi au Royaume-Uni. Les prix de l’immobilier y ont en effet augmenté de 0,9% durant le mois de mars, leur première hausse depuis octobre 2007, d’après les données de Nationwide. Même si comme aux Etats-Unis, les analystes estiment cependant que, bien que la hausse des prix en mars soit la bienvenue, il est encore trop tôt pour considérer ces données comme une preuve que le marché ait abordé un nouveau tournant. Mais l’espoir renaît, et pour les investisseurs, cela fait toute la différence.
Le secteur automobile se reprend
Même le secteur automobile montre quelques signes encourageants. Certes, en rythme annuel, les ventes de voitures aux Etats-Unis ont plongé de 37% en mars. Cependant, comparé au mois de février elles affichent en hausse de 24%. Une bonne surprise pour le secteur, la pluparts des économistes tablant jusqu’à présent sur une baisse de 41% en rythme annuel. Chrysler, dans une situation financière difficile, a enregistré une baisse de 39% de ses ventes par rapport à l’an passé, contre une chute de 46% attendue par les spécialistes du secteur. Le consensus Bloomberg prévoyait pour sa part un total de 8,8 millions d’unités vendues aux Etats-Unis, soit le plus bas niveau enregistré depuis 1981. Avec 9,86 millions d’unités vendues, il y a de quoi expliquer en grande partie l’optimisme du marché. Le marché américain n’est pas le seul à connaître une embellie: le marché français de l’automobile a progressé de 8.1% en mars.
Industrie : les chiffres baissent moins vite
Le marché doit également son optimisme au secteur industriel. Là encore : pas la moindre trace d’euphorie. Mais tout de même. Si l’activité économique de ce secteur se contracte pour le quatorzième mois consécutif aux Etats-Unis, on peut toutefois déceler quelques signes d’espoir. L’indice ISM, qui évalue la santé du secteur manufacturier, est à la hausse par rapport au mois de février, de 0,5 point. Une faible augmentation qui le ramène à 36,3 points, bien en dessous du seuil de 50 points à partir duquel l’activité est en expansion. Le rapport de l’Institut Supply Management (ISM) souligne néanmoins que, bien que l’activité industrielle se contracte toujours, cette contraction est en net ralentissement.
Ce qui a encouragé les investisseurs, c’est en outre la composante « nouvelles commandes » de cet indice. Par rapport au mois de février, celles-ci sont en hausse de 8,1 points, passant de 33,1% à 41,2%. L’importance de cette hausse ne doit pas faire oublier qu’il s’agit du seizième mois de contraction consécutif pour l’indice de nouvelles commandes. En d’autres termes, par rapport au mois précédent la baisse des nouvelles commandes a été moins forte de 8,1 points en rythme annuel. Dans son rapport, l’ISM qualifie ce redressement de «bon encouragement». Enfin, jeudi, le département du Commerce à Washington dévoilait que les commandes industrielles aux Etats-Unis ont rebondi en février, après six mois de baisse, augmentant de 1,8% par rapport à janvier. De plus, les stocks des entreprises industrielles ont baissé de 1,2% en février, confirmant un mouvement entamé le mois précédent après seize mois consécutifs de hausse.
Un élément recoupé d’ailleurs par la bonne tenue de l’activité industrielle en Chine. Alors qu’elle se contractait depuis août, la production manufacturière est repartie de l’avant en mars dans ce pays. L’indice des directeurs d’achats (PMI) officiel chinois publié par l’agence Chine Nouvelle fait était d’un indice à 52,4 pour ce mois, en hausse de 3,4 points par rapport à février.
Le G20 fait naître des espoirs
Dernier chiffre ayant insufflé une réelle bouffée d’optimisme sur les marchés, les 1000 milliards débloqués par les dirigeants du G20 pour les institutions financières internationales, dont le FMI, a donné aux marchés d’importants espoirs de reprise.
Parmi les autres principales mesures du communiqué final, on note la publication d’une liste des paradis fiscaux et la stimulation du commerce via le déblocage de 250 milliards de dollars en deux ans pour soutenir le commerce mondial.
Autre mesure mise en place: le forum de stabilité financière, créé en 1999 pour répondre à la crise de LTCM, fera place au Conseil de stabilité financière. Il rassemblera toutes les autorités nationales (banque centrale et autorités des marchés) afin de superviser toutes les institutions financières et les produits et les marchés ayant une importance systémique, y compris les Hedge Funds. Une réforme importante pour la confiance dans le système. La réforme de la valorisation des actifs en mark to market pour les banques a également permis aux titres du secteur de regagner un peu de terrain dans la foulée du sommet.
Les statistiques de l’économie mondiale montrent donc une certaine amélioration. Si cela suffit à redonner espoir aux marchés, il ne s’agit pourtant pas d’y voir un signe d’amélioration durable de la santé économique des Etats-Unis. D’autres chiffres moins avancés de la conjoncture restent inquiétants. Le nombre de chômeurs recensés par le cabinet ADP a ainsi grossi de 742 000 personnes durant le mois de mars. Autant de raisons qui laissent à penser qu’il faut rester prudent. Et ne pas trop vite enterrer la crise.
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