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Notre philosophie est d'offrir un dividende attrayant

PROPOS RECUEILLIS PAR CATHERINE REKIK ET YVES DE KERDREL | JDF HEBDO | 30.05.2009 | Mise à jour : 21H27

Quelques jours après la tenue de sa première assemblée générale, le patron de Suez Environnement Jean-Louis Chaussade nous accueille au siège du groupe, dans le VIIIe arrondissement, dans un immeuble qui a abrité en son temps la Compagnie du Canal de Suez.

Vous avez évoqué, au cours de l'assemblée générale, le projet de recourir à un emprunt qui serait accessible aux particuliers. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Un actionnaire individuel a demandé si nous envisagions de proposer aux particuliers de souscrire à ce type d'emprunt. J'ai répondu oui parce que nous avons imaginé le faire à travers une banque qui le mettrait dans un fonds et le proposerait à ses clients. Mais, dans les faits, il s'agit d'un placement privé que la banque a choisi de conserver dans son bilan et qui sera effectué à travers son réseau bancaire et d'assurances.
Quel en était le but ?
Nous avons fait cette émission obligataire d'une durée de huit ans, à un coût très compétitif, dans le but d'allonger la maturité de notre dette. Lors de notre introduction en Bourse, en juillet dernier, nous avions deux objectifs : diversifier nos sources de financement et allonger la maturité de la dette. C'est dans ce sens que nous avons réalisé récemment une émission obligataire de 2,1 milliards. Nous avions un coût moyen de la dette de 5,2 % fin 2008. Nous avons finalement réussi à en allonger la maturité tout en abaissant le coût moyen.
Quels sont vos objectifs en matière d'endettement ?
Nous souhaitons maintenir notre ratio dette nette sur excédent brut d'exploitation au-dessous de 3. Et cela pour plusieurs raisons : la qualité du bilan bien sûr, mais aussi parce que cela nous laisse une certaine latitude et représente une force commerciale importante auprès de nos clients que nous pouvons ainsi accompagner dans leurs projets d'investissements. Il y a un an, certains nous incitaient à avoir une stratégie plus offensive. Dans le contexte actuel, notre politique est plutôt vertueuse.
Vous pouvez aussi envisager des acquisitions...
Il pourrait y avoir en effet des opportunités. Mais, pour 2009, nous avons décidé d'être prudents dans nos investissements. Nous n'avons pas de projets spécifiques d'acquisitions en vue. D'autant que nous n'avons pas observé une baisse du prix de nos éventuelles cibles en Europe.
Pourtant, les valorisations se sont dégonflées depuis un an...
Pas sur les sociétés qui nous intéressent et qui sont détenues par des fonds d'investissement ou ne sont pas cotées. Nous sommes convaincus que, tôt ou tard, il y aura des ventes forcées. La crise aura un impact sur la rentabilité, ce qui fera baisser les prix. Nous sommes encore loin des niveaux de valorisation que nous avons connus en 2002 ou 2003, même si les ratios semblent plus raisonnables. Nous avons étudié des dossiers auxquels nous avons renoncé. Une opération qui se réalise sur la base d'un multiple de 13 à 14 fois l'Ebitda est impossible à rentabiliser.
N'êtes-vous pas tentés de réduire votre exposition aux déchets ?
Non. Environ 30 % de notre chiffre d'affaires est cyclique, ce qui signifie que 70 % de l'activité ne l'est pas ! L'équilibre dans l'eau et les déchets de notre business model est adapté pour nous permettre de rebondir rapidement après la crise et d'entrer de plain-pied dans l'économie du développement durable.
Les hypothèses macroéconomiques sur lesquelles vous avez établi vos prévisions sont-elles toujours d'actualité ?
Nos prévisions ont été faites à partir des hypothèses macroéconomiques de janvier, à savoir une contraction de deux points du PIB dans les pays matures. La réalité n'est plus tout à fait la même. Ces objectifs restent par conséquent très ambitieux, et nous mettons tout en oeuvre pour les atteindre. A ce stade de l'exercice, nous ne pouvons rien dire de plus. D'autant que dans l'eau tout se joue à la fin du deuxième trimestre et durant l'été. Nous avons pris les mesures qui s'imposaient. Nos investissements ont été réduits de 25 %, passant de 1,7 à 1,3 milliard d'euros. Nous avons accéléré la mise en oeuvre de notre plan de réduction de coûts Compass, les économies attendues passant de 80 à 120 millions d'euros.
Les prévisions communiquées en mars dernier sont donc toujours valables...
Oui, à ce stade, nous attendons une légère croissance de l'activité, de l'excédent brut d'exploitation et du free cash flow.
A quoi servira votre free cash flow ?
Après nos investissements de maintenance, il servira à payer le dividende versé cette année et à financer notre développement industriel. Nous allons continuer aussi à investir, même si nous le faisons à un rythme plus faible.
Les actionnaires n'ont donc pas de crainte à avoir sur les futurs dividendes ?
Je n'ai pas dit ça ! Notre philosophie est de verser un dividende attrayant, mais je protège avant tout mon free cash flow et je veux avoir une idée claire du bilan de l'entreprise. Il faudra attendre la fin de l'exercice pour aborder cette question.
Le débat sur le partage de la valeur se pose-t-il chez Suez Environnement ?
Chez Suez Environnement, la masse salariale représente 3,1 milliards d'euros, les investissements 1,7 milliard, nous réalisons un bénéfice de 533 millions d'euros et le montant des dividendes versés s'élève à 320 millions d'euros. Nous consacrons donc une part importante aux salaires et aux investissements. Nous procédons également à la distribution d'actions gratuites aux 65.000 salariés du groupe. Un salarié doit être associé au succès de l'entreprise, mais nous devons aussi rester compétitifs.
Vous avez annoncé deux contrats, au Mexique et à Abu Dhabi. La dynamique commerciale reste-t-elle forte à l'international ?
Nous sentons quelques tensions financières dans les pays du Golfe, mais il n'y a aucune inquiétude majeure. Les questions portent plutôt sur les modes de financement. Dans le Golfe, où le système des partenariats public-privé est important, nous avons vu qu'il était plus difficile de monter certains projets, mais nous ne percevons pas de ralentissement des investissements dans nos métiers. Par ailleurs, je pense qu'il y a des régions où tout va s'accélérer, en Chine ou aux Etats-Unis par exemple.
Quel est votre potentiel aux Etats-Unis ?
Il y a deux phénomènes importants outre-Atlantique. D'abord, la population urbaine augmente fortement. Ensuite, les Etats-Unis seront les premiers touchés par le dérèglement climatique. Les besoins en eau y sont considérables, et la consolidation de ce marché, en forte croissance, me semble inévitable. Quatre ou cinq acteurs devraient émerger, et nous serons parmi eux.
NOTRE CONSEIL
Acheter avec un objectif de cours de 15 euros (Code : SEV, Comp. A, SRD).
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