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Crédits Photo: Paul Delort / Le Figaro

Crédits Photo: Paul Delort / Le Figaro

La France peine à exporter
son blé

JDF | 11.02.2008 | Mise à jour : 11H15

Les coopératives n’ont vendu qu’un tiers de leur stock.

Un comble. Les stocks de blé dans le monde sont au plus bas, et pourtant la France a toutes les peines du monde à vendre son blé. «Notre retard à l’export est deux fois plus important que l’année dernière à la même époque», confie Hervé Le Stum, directeur de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB). Même son de cloche du côté d’Hélène Morin, de la société de conseil Agritel : alors que la campagne d’export se termine en mai, la France «n’a vendu à ce jour que 35 à 40 % de ses stocks», confirme.

Fin janvier, notre pays ratait ainsi une très grosse commande égyptienne raflée par les États-Unis et la Russie. Les raisons de cette contre-performance inhabituelle sont multiples. Comme tous les produits vendus à l’export, le blé européen souffre de la faiblesse du dollar. Ensuite, la récolte française en 2007 a été moins productive et moins qualitative en raison d’une trop forte pluviométrie. La dernière moisson s’élève à 30,8 millions de tonnes contre 33,3 millions l’année précédente, soit 10 % de moins. «Notre blé n’est pas assez compétitif. Il est encore trop cher par rapport aux Américains, même si la récente flambée des cours aux États-Unis peut permettre de rattraper notre retard», souligne Hervé le Stum.

Relance du troc

La fin de la campagne devrait permettre néanmoins à l’agriculture française de rattraper son retard car les disponibilités de blé sur les marchés internationaux sont, de toute évidence, quasi nulle. Mais le niveau de prix actuel pose le problème de la solvabilité de certains pays acheteurs. «Le Maroc et l’Égypte, nos clients traditionnels, souffrent d’une balance commerciale extrêmement déficitaire», indique Hervé le Stum.

Jamais le blé n’a été aussi cher qu’aujourd’hui. À Rouen, la tonne se négocie autour de 250 euros contre à peine 100 au 1er janvier 2006 ! Une situation inédite depuis au moins trente ans. Les prix européens sont dopés par les marchés américains, à commencer par la Bourse de Minneapolis, qui cote le blé de qualité. Ces neuf derniers jours, la cotation a atteint sept fois son maximum (30 cents le boisseau) dès l’ouverture et a donc été suspendue. En cause, la demande mondiale toujours aussi soutenue qui affaiblit les stocks et la spéculation des fonds d’investissement. À la Bourse de Chicago, la situation est tout aussi tendue, la céréale a déjà augmenté de 17 % depuis le début janvier.

Face à cette flambée, certains pays s’organisent. L’Égypte va troquer 102 000 tonnes de riz contre 176 000 tonnes de blé syrien.

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