Prix des produits agricoles : l’avenir sera sombre
Selon un rapport de l’OCDE et de la FAO, les prix des produits agricoles, sur les dix prochaines années, devraient se maintenir au-dessus de ceux pratiqués actuellement.
Dans les dix ans à venir, les prix des produits alimentaires vont dépasser “en moyenne les niveaux qui ont prévalu pendant les dix années écoulées», avec «en toile de fond des prix sans précédent pour la quasi totalité des prix agricoles». C’est ce qui ressort d’une étude intitulée «Perspectives agricoles», réalisée conjointement par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation des Nations-Unies pour l’agriculture (FAO). Ce rapport, qui s’inscrit, «dans un contexte marqué par des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire», dresse un bilan peu réjouissant pour les années à venir. Ainsi, les prix élevés actuels frapperont «plus durement les populations pauvres et qui souffrent de la faim, surtout les acheteurs nets de denrées alimentaires», et en particulier dans les zones urbaines des pays à faible revenu. Par rapport à la moyenne observée entre 1998 et 2007, «les projections de prix pour la période 2008-2017 indiquent une augmentation de 20% environ pour la viande bovine et porcine, de quelque 30% pour le sucre brut et le sucre blanc, de 40% à 60% pour le blé, le maïs et le lait écrémé en poudre», poursuit le texte. Le changement climatique pourrait aussi «entraîner des baisses de rendement, et l’amenuisement de l’approvisionnement en eau conduit à prévoir que des régions entières seront abandonnées».
Libérer la capacité productive
Face à cette augmentation des prix, «la solution n’est pas le protectionnisme mais l’ouverture des marchés agricoles et la libération de la capacité productive des agriculteurs qui ont su, à plusieurs reprises déjà, répondre aux incitations du marché» a souligné le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, lors de la présentation de Perspectives agricoles à Paris. Il estime ainsi que les gouvernements peuvent faire d’avantage pour stimuler la croissance et le développement dans les pays pauvres afin d’améliorer le pouvoir d’achat des acheteurs les plus vulnérables aux produits alimentaires.
De son côté, Jacques Diouf, le directeur général de la FAO, a estimé que 862 millions de personnes environ souffrent de la faim et de malnutrition aujourd’hui, ce qui souligne la nécessité de réinvestir dans l’agriculture. «Il ne devrait plus faire de doute à présent que l’agriculture doit à nouveau faire partie du Programme d’action en faveur du développement» a-t-il poursuivi.













